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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2400302

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400302

mardi 16 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400302
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantROUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 février 2024 et un mémoire enregistré le 21 mars 2024, M. B A, représenté par Me Roux, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 février 2024 par lequel le préfet de la Corrèze a fixé le pays de destination vers lequel il sera éloigné.

Il soutient que cet arrêté est insuffisamment motivé.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 février 2024, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête comme non fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code pénal ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Martha, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant albanais né en 1992, demande l'annulation de l'arrêté du 16 février 2024 par lequel le préfet de la Corrèze a fixé le pays de renvoi vers lequel il sera éloigné à la suite d'une interdiction temporaire du territoire français de 5 ans prononcée par le tribunal judicaire de Montauban le 2 avril 2021.

2. Aux termes de l'article L. 641-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La peine d'interdiction du territoire français susceptible d'être prononcée contre un étranger coupable d'un crime ou d'un délit est régie par les dispositions des articles 131-30 et 131-30-2 du code pénal ". Aux termes de l'article 131-30 du code pénal. " La peine d'interdiction du territoire français peut être prononcée, à titre définitif ou pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable d'un crime, d'un délit puni d'une peine d'emprisonnement d'une durée supérieure ou égale à trois ans ou d'un délit pour lequel la peine d'interdiction du territoire français est prévue par la loi. Sans préjudice de l'article 131-30-2, la juridiction tient compte de la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français ainsi que de la nature, de l'ancienneté et de l'intensité de ses liens avec la France pour décider de prononcer l'interdiction du territoire français. L'interdiction du territoire entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou de réclusion. ".

3. Aussi longtemps que la personne condamnée n'a pas obtenu de la juridiction qui a prononcé la condamnation pénale le relèvement de la peine d'interdiction du territoire, l'autorité administrative est tenue de pourvoir à son exécution, sous réserve que la décision fixant le pays de renvoi n'expose pas l'intéressé à être éloigné à destination d'un pays dans lequel sa vie ou sa liberté seraient menacées, ou dans lequel il serait exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. Il ressort des pièces du dossier que, par un jugement du 2 avril 2021, le tribunal judiciaire de Montauban a condamné M. A à une peine d'emprisonnement de 24 mois, peine qui a été assortie d'une interdiction du territoire français pour une durée de 5 ans. Dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que cette interdiction judiciaire aurait été contestée par voie d'appel ni qu'elle aurait été relevée à la date de sa décision du 24 février 2024, le préfet de la Corrèze, qui se trouvait en situation de compétence liée, était tenu de pourvoir à l'exécution de cette mesure et d'éloigner l'intéressé vers le pays dont il a la nationalité, à savoir l'Albanie. Par suite, et alors qu'en tout état de cause la décision se réfère à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le moyen tenant à l'insuffisance de motivation de cette décision ne peut qu'être écarté comme inopérant.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Corrèze.

Délibéré après l'audience du 2 avril 2024 où siégeaient :

- M. Artus, président,

- M. Crosnier, premier conseiller,

- M. Martha, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.

Le rapporteur,

F. MARTHA

Le président,

D. ARTUS

La greffière en chef,

A. BLANCHON

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La greffière en chef,

A. BLANCHON

mf

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