lundi 15 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400521 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ROUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 mars et 12 avril 2024, M. B C, représenté par Me Roux, demande au juge des référés du tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 11 mars 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a mis fin à son accompagnement dans le cadre du dispositif " contrat jeune majeur " à compter du 2 avril 2024 ;
2°) d'enjoindre au département de la Haute-Vienne de lui faire bénéficier d'une prise en charge jeune majeur dans l'attente de la décision à intervenir au fond, avec la conclusion d'un " contrat jeune majeur " adapté à ses besoins, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de la Haute-Vienne une somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie ; par une décision n° 421323 du 21 décembre 2018, le Conseil d'Etat a jugé que l'urgence était présumée dans le cas où un jeune majeur se voit opposer un refus de prolongation de sa prise en charge par le département ; les circonstances qu'il est gravement malade avec nécessité d'un suivi pluridisciplinaire, qu'il est en attente d'une régularisation de sa situation administrative, qu'il n'a aucune soutien amical ou familial, que le contrat d'hébergement dont il bénéficie dans le cadre du dispositif Declic relevant de l'Afpa prendra fin le 2 mai 2024 sans aucun relais, qu'il ne peut prétendre à un logement social dans la mesure où il ne dispose pas d'un titre de séjour mais seulement d'un récépissé de demande de titre de séjour, qu'il perçoit une somme modeste de 528 euros par mois au titre de son contrat engagement jeune qui prendra fin le 29 mai 2024, que ses droits à l'AAH sont en cours d'instruction à la Caf et que la " fiche de révision des accompagnants jeunes majeurs " établie le 21 février 2024 produite en défense se prononce pour une reconduction de la prise en charge dans le cadre du dispositif " contrat jeune majeur ", confortent par ailleurs l'existence d'une situation d'urgence.
Sur l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision du 11 mars 2024 :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de cette décision ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- cette décision méconnaît l'article L. 221-1 et le 5° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- cette décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 avril 2024, le département de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- aucun des moyens soulevés par M. C n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 11 mars 2024.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 avril 2024.
Vu :
- la requête au fond présentée par M. C sous le n° 2400522 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Limoges a désigné M. Boschet, premier conseiller, pour exercer les fonctions de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E Boschet,
- les observations de Me Roux, pour M. C ; s'agissant des ressources, Me Roux confirme que le contrat d'engagement jeune signé par son client prévoit un terme au 29 mai 2024 et qu'à ce jour, il n'a pas l'assurance que ce contrat sera reconduit, éventuellement jusqu'à la date à laquelle il est susceptible de commencer à percevoir l'AAH ; s'agissant des liens familiaux, Me Roux fait valoir que M. C n'est pas marié religieusement, ce que ce dernier confirme en indiquant à l'audience que ce mariage n'est actuellement qu'un projet ; si Me Roux reconnaît que son client a, pour le moment, " un toit sur la tête ", elle insiste sur le fait que l'hébergement accordé dans le cadre du dispositif Declic, qui comporte en outre des conditions de confort sommaires non adaptées à son état de santé, est un hébergement temporaire en urgence, qui prendra fin le 2 mai 2024 sans relais de prévu à ce jour ; Me Roux rappelle que son client a un état de santé très fragile et qu'il n'est pas autonome ;
- les observations de Mme D et de M. A, pour le département de la Haute-Vienne ; s'agissant des ressources, Mme D fait valoir que si le département de la Haute-Vienne ne dispose pas d'une preuve de ce qu'une reconduction du contrat d'engagement jeune de M. C après le 29 mai 2024 aurait d'ores-et-déjà été proposée voire convenue, le requérant pourra vraisemblablement, eu égard aux conditions de conclusion de tels contrats, obtenir une reconduction jusqu'à la date de perception effective de l'AAH ; M. A relève que la circonstance que M. C ne perçoive pas encore l'AAH n'est pas imputable au département de la Haute-Vienne mais résulte des délais d'instruction des dossiers par la Caf ; s'agissant du mariage religieux de M. C, Mme D relève que les mentions qui ont été portées sur la fiche de révision du 21 février 2024 résultent des propres déclarations de l'intéressé et qu'il n'aurait certainement pas fait état de ce mariage si ce dernier n'avait pas déjà été célébré et si l'intéressé ne désirait pas déménager effectivement à Paris avec son épouse ; M. A souligne enfin que, même en l'absence de prise en charge dans le cadre du dispositif " contrat jeune majeur ", M. C ne serait pas livré à lui-même et pourrait bénéficier d'un accompagnement efficace dans le cadre des dispositifs de droit commun.
Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant bangladais né le 12 novembre 2004, M. C a été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance du département de la Haute-Vienne à compter de la fin d'année 2020, conformément à une ordonnance de placement provisoire du 15 décembre 2020 du procureur de la République et à un jugement en assistance éducative du 28 décembre 2020 du juge des enfants du tribunal judiciaire de Limoges. Le 27 juillet 2021, le juge des tutelles des mineurs de ce tribunal a décidé de l'ouverture d'une tutelle d'Etat à l'égard de M. C et a confié cette tutelle au service de l'aide sociale à l'enfance du département de la Haute-Vienne. A sa majorité, M. C a bénéficié d'une prise en charge dans le cadre du dispositif " contrat jeune majeur " du 13 novembre 2022 au 12 novembre 2023. Cette prise en charge a été renouvelée à compter du 13 novembre 2023, avec révision de la situation tous les trois mois. Par une décision du 11 mars 2024, le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a mis fin à cette prise en charge dans le cadre du dispositif " contrat jeune majeur " à compter du 2 avril 2024 et a indiqué à M. C que son accompagnement serait réalisé par la maison du département à compter de cette date. Par cette requête, M. C, qui en vertu de l'article L. 134-2 du code de l'action sociale et des familles a formé un recours administratif préalable obligatoire sur lequel il n'a pas encore été statué à la date de cette ordonnance, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 11 mars 2024 et d'enjoindre au département de la Haute-Vienne de lui faire bénéficier d'une prise en charge jeune majeur dans l'attente de la décision à intervenir au fond, avec la conclusion d'un " contrat jeune majeur " adapté à ses besoins.
Sur la demande de suspension de l'exécution de la décision du 11 mars 2024 :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Eu égard aux effets particuliers d'une décision refusant de poursuivre la prise en charge, au titre de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, d'un jeune jusque-là confié à l'aide sociale à l'enfance, la condition d'urgence doit en principe être constatée lorsqu'il demande la suspension de l'exécution d'une telle décision de refus. Il peut toutefois en aller autrement dans les cas où l'administration justifie de circonstances particulières, qu'il appartient au juge des référés de prendre en considération en procédant à une appréciation globale des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
4. Dès lors que la décision du 11 mars 2024 du président du conseil départemental de la Haute-Vienne refuse à M. C la poursuite de la prise en charge dont il bénéficiait en qualité de jeune majeur en application de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, il peut se prévaloir, comme il est indiqué au point 3, d'une présomption d'urgence. Pour contester néanmoins l'existence d'une situation d'urgence, le département de la Haute-Vienne soutient que, dans le cadre du contrat d'engagement jeune qu'il a conclu avec la mission locale de Limoges, M. C perçoit une somme mensuelle de 528 euros, qu'il a pu " réaliser des économies " pendant le temps où il a bénéficié d'une prise en charge comme jeune majeur, qu'il est hébergé depuis le 2 avril 2024 dans le cadre du dispositif Declic relevant de l'Afpa et qu'il ressort de la dernière " fiche de révision des accompagnants jeunes majeurs " établie le 21 février 2024 qu'il a indiqué s'être marié religieusement et aurait comme projet de déménager à Paris avec sa compagne et qu'il a su faire preuve d'initiatives. Toutefois, s'agissant des ressources perçues par M. C dans le cadre de son contrat d'engagement jeune, elles sont modestes et il résulte de l'instruction que ce contrat prendra fin le 29 mai 2024, sans assurance quant à une reconduction éventuelle après cette date, notamment jusqu'à la perception effective par l'intéressé de l'AAH. S'agissant de l'hébergement depuis le 2 avril 2024 dans le cadre du dispositif " Declic ", il ne résulte pas de l'instruction que cet hébergement d'urgence, qui est d'ailleurs accordé au titre d'un dispositif axé sur l'insertion professionnelle qui n'est pas adapté aux besoins spécifiques d'accompagnement d'un jeune majeur, présenterait un caractère pérenne. Par ailleurs, s'il ressort de la fiche de révision du 21 février 2024 que M. C a évoqué s'être marié religieusement, ainsi qu'un désir à terme de vivre à Paris, il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date de la présente ordonnance, ce projet de déménagement serait suffisamment réel, sérieux et concret, et qu'il pourrait en tout état de cause, à la suite de ce déménagement, disposer de conditions décentes d'existence. A cet égard, il ne résulte pas de l'instruction que la personne avec laquelle il se serait marié religieusement serait en situation régulière, la fiche de révision du 21 février 2024 faisant uniquement mention de ce qu'elle aurait déménagé de Limoges à Paris en janvier 2024 à la suite du rejet de sa demande d'asile par l'Ofpra. Dans ces conditions, et alors par ailleurs que les auteurs de la fiche de révision du 21 février 2024 se sont prononcés pour une reconduction de la prise en charge dans le cadre du dispositif " contrat jeune majeur " au vu des diverses difficultés rencontrées par M. C et de la fragilité de son état de santé, le département de la Haute-Vienne ne justifie pas de circonstances particulières faisant obstacle à ce que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative soit constatée eu égard aux effets de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige :
5. Aux termes de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () / 5° Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans et les mineurs émancipés qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, y compris lorsqu'ils ne bénéficient plus d'aucune prise en charge par l'aide sociale à l'enfance au moment de la décision mentionnée au premier alinéa du présent article et à l'exclusion de ceux faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. / Peuvent être également pris en charge à titre temporaire, par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance, les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants ".
6. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles que, depuis l'entrée en vigueur du I de l'article 10 de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, qui a modifié cet article sur ce point, les jeunes majeurs de moins de 21 ans ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un département avant leur majorité bénéficient d'un droit à une nouvelle prise en charge par ce service, lorsqu'ils ne disposent pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants. Les dispositions du 5° de de l'article L. 222-5 dans leur rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, précisent qu'il en est ainsi à l'exclusion toutefois de ceux qui font l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Le projet d'accès à l'autonomie mentionné à l'article L. 222-5-1 du même code est complété, si nécessaire, en fonction des besoins particuliers du jeune majeur en application de l'article R. 222-6 de ce code, pour les jeunes majeurs de moins de 21 ans mentionnés au 5° de l'article L. 222-5, qui continuent de relever d'une prise en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance. Cette prise en charge prend la forme du document dénommé " contrat jeune majeur " qui a pour objet de formaliser les relations entre le service de l'aide sociale à l'enfance et le jeune majeur, dans un but de responsabilisation de ce dernier.
8. Enfin, le droit que l'intéressé tire du 5° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, donne au président du conseil départemental un large choix dans les mesures, rappelées à l'article R. 222-6 du code de l'action sociale et des familles, qu'il décide de faire figurer dans le contrat de jeune majeur dans un but de responsabilisation de ce dernier, en fonction de la situation et des besoins de celui-ci, dont par exemple un accès à un logement ou hébergement, aux soins, aux démarches administratives et un accompagnement socio-éducatif, sans préjudice de la possibilité pour le président du conseil départemental de modifier ou d'interrompre la prise en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance en fonction de toute évolution de la situation de l'intéressé.
9. En l'espèce, le moyen tiré de ce que la décision du 11 mars 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a mis fin à l'accompagnement de M. C dans le cadre du dispositif " contrat jeune majeur " à compter du 2 avril 2024 méconnait les dispositions du 5° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. Dans l'attente du jugement de l'affaire au fond, il y a lieu d'enjoindre au département de la Haute-Vienne de proposer à M. C un " contrat jeune majeur " adapté à ses besoins en matière d'hébergement et d'accompagnement administratif, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de cette ordonnance. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application de ces dispositions, il y a lieu de mettre à la charge du département de la Haute-Vienne une somme de 1 000 euros à verser à Me Roux au titre des honoraires et frais que le requérant aurait exposés s'il n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er: L'exécution de la décision du 11 mars 2024 du président du conseil départemental de la Haute-Vienne est suspendue.
Article 2 :Dans l'attente du jugement de l'affaire au fond, il est enjoint au département de la Haute-Vienne de proposer à M. C un " contrat jeune majeur " adapté à ses besoins en matière d'hébergement et d'accompagnement administratif, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de cette ordonnance.
Article 3 :Le département de la Haute-Vienne versera une somme de 1 000 (mille) euros à Me Roux en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, laquelle renonce à percevoir la somme payée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 5 :Cette ordonnance sera notifiée à M. B C, à Me Roux et au département de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2024.
Le juge des référés
J.B. BOSCHET
Le greffier en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
A. BLANCHON
5
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026