mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400596 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 avril et 19 juin 2024, M. B A, représenté par Me Marty, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 1er février 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Ofii a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait ;
2°) d'enjoindre à l'Ofii de le rétablir dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Ofii une somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision du 1er février 2024 du directeur territorial de l'Ofii méconnaît le 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car il n'est pas en fuite ; il s'est présenté à des convocations les 17 avril 2023, 6 juin 2023, 10 juillet 2023 et 17 août 2023 et n'a pas honoré les convocations suivantes des 16 octobre 2023, 13 novembre 2023, 5 décembre 2023 et 2 janvier 2024 car son état de santé mentale s'est sérieusement dégradé ;
- eu égard à son état de vulnérabilité, cette décision est entachée d'un défaut d'examen particulier et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2024, l'Ofii conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer dès lors que, pour assurer l'exécution de l'ordonnance en référé n° 2400597 du 6 mai 2024, les conditions matérielles d'accueil de M. A ont été rétroactivement rétablies, si le non-lieu n'était pas retenu, au rejet de la requête comme non-fondée.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Boschet a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant nigérian né en 2002, M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français en mars 2023. Le 13 mars 2023, il a déposé une demande d'asile et s'est vu remettre une attestation de demandeur d'asile en procédure " Dublin ". Par une décision du 1er février 2024, le directeur territorial de l'Ofii a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. Par un courrier du 4 mars 2024, reçu le 8 mars 2024, M. A a formé un recours hiérarchique devant le directeur général de l'Ofii à l'encontre de cette décision, lequel recours, contrairement à ce qu'indique l'intéressé, ne constituait pas un recours administratif préalable obligatoire puisque les dispositions de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'appliquent aux seules décisions de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil prises sur le fondement de l'article L. 551-15 de ce code et pas aux décisions mettant fin à leur bénéfice sur le fondement de l'article L. 551-16 du même code. Par cette requête, M. A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision du 1er février 2024 du directeur territorial de l'Ofii. Il doit également être regardé comme demandant l'annulation de la décision, née le 8 mai 2024, par laquelle le directeur général de l'Ofii a implicitement rejeté le recours hiérarchique qu'il a formé à l'encontre de la décision du 1er février 2024.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision du 1er février 2024 du directeur territorial de l'Ofii aurait été retirée. D'autre part, la circonstance que, pour assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2400597 rendue le 6 mai 2024 par le juge des référés du tribunal, dont l'injonction présentait nécessairement un caractère provisoire dans l'attente du jugement au fond, l'Ofii a rétabli les conditions matérielles d'accueil de M. A en juin 2024, n'a pas pour effet de faire perdre son objet à la présente instance. Dans ces conditions, l'exception de non-lieu à statuer opposée par l'Ofii doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A ne s'est pas présenté aux convocations du 16 octobre 2023, du 13 novembre 2023, du 5 décembre 2023 et du 2 janvier 2024. Toutefois, il ressort aussi des pièces du dossier, et notamment d'une note sociale du comité d'accueil creusois en date du 22 février 2024, d'un bulletin de situation médicale du centre hospitalier de la Valette en date du 5 avril 2024 et d'un certificat médical de ce même centre hospitalier en date du 9 février 2024, que l'état de santé psychique de M. A, qui est gravement altéré depuis plusieurs mois, justifie qu'il ne se soit pas présenté à ces convocations. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme s'étant intentionnellement et systématiquement soustrait aux exigences des autorités de l'asile et ne peut donc être regardé comme ayant été en fuite. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ne soit plus titulaire de l'attestation de demandeur d'asile qui lui a été délivrée le 13 mars 2023 sur le fondement de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le directeur territorial de l'Ofii a méconnu les dispositions du 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en mettant fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 1er février 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Ofii a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait et de la décision implicite portant rejet de son recours hiérarchique formé à l'encontre de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
7. L'exécution de ce jugement implique nécessairement, eu égard au motif d'annulation retenu, qu'il soit enjoint à l'Ofii de rétablir M. A dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. L'Ofii devra exécuter cette injonction dans un délai de quinze jours à compter de la notification de ce jugement. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Ofii une somme à verser à Me Marty sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1er février 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Ofii a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. A et la décision implicite de rejet du recours hiérarchique qu'il a formé à l'encontre de cette décision sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à l'Ofii de rétablir M. A dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de ce jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Ce jugement sera notifié à M. B A, à l'Ofii et à Me Marty.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Revel, président,
M. Boschet, premier conseiller,
M. Gazeyeff, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le rapporteur,
J.B. BOSCHET
Le président,
FJ. REVELLe greffier,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef
La Greffière
M. C
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026