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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2400597

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400597

lundi 6 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400597
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMARTY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 avril 2024, et des pièces complémentaires enregistrées le 29 avril 2024, M. C A, représenté par Me Marty, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite du préfet de la Haute-Vienne refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne d'enregistrer sans délai sa demande d'asile, de lui remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale ainsi que le formulaire à adresser à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision de l'office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) du 1er février 2024 portant cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

5°) d'enjoindre à l'Ofii de le rétablir dans le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

6°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'Ofii, de réexaminer sa situation dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

7°) de condamner l'État et l'Ofii à verser à son conseil une indemnité de 1 800 euros, ce règlement emportant renonciation à l'indemnité d'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que le refus de délivrance de l'attestation de demande d'asile l'empêche de saisir l'OFPRA et que la suppression des conditions matérielles d'accueil qui en découle le place dans une situation de précarité administrative grave et durable, d'autant plus qu'il est sujet à des troubles psychiatriques sévères ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions au regard de l'article L. 511-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- s'agissant du rejet implicite de délivrance d'une attestation de demande d'asile en procédure normale d'une part, sa délivrance ne pouvait lui être refusée car le délai de transfert vers l'Italie a expiré en application des dispositions des articles 21-1 al 1, 23-2 al 2 et 13-1 du règlement Dublin III ; il n'est, en effet, pas justifié de ce que les autorités chargées de l'asile aient saisi l'Etat membre responsable de la demande d'asile dans les délais prescrits ; d'autre part, la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car il n'est pas en fuite ; il s'est présenté à des convocations les 17 avril 2023, 6 juin 2023, 10 juillet 2023 et 17 août 2023 et n'a pas honoré les convocations suivantes des 16 octobre 2023, 13 novembre 2023, 5 décembre 2023 et 2 janvier 2024 car son état de santé mentale s'est sérieusement dégradé ;

- s'agissant du refus des conditions matérielles d'accueil, d'une part, il n'est pas pour les mêmes motifs que ceux précités, en fuite ; d'autre part, compte tenu de son état de vulnérabilité, cette décision souffre d'un défaut d'examen particulier et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 avril 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête portant sur le refus d'enregistrement de la demande d'asile en procédure normale, à titre principal comme irrecevable en l'absence de toute décision de refus d'enregistrement voire de décision faisant grief et à titre subsidiaire comme non fondée en l'absence d'urgence et de doute sérieux ;

Il fait valoir :

- en ce qui concerne l'urgence, aucune disposition légale n'impose d'enregistrer une demande d'asile selon la procédure normale en raison de la gravité d'une situation et l'intéressé s'est placé lui-même dans la situation dont il se prévaut ; il ne justifie pas davantage ne pas pouvoir être pris en charge par un autre dispositif d'urgence ;

- en ce qui concerne le doute sérieux, les autorités italiennes ont été régulièrement saisies d'une demande de prise en charge et il s'est soustrait à des convocations.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 avril 2024, l'Ofii conclut au rejet de la requête s'agissant du refus des conditions matérielles d'accueil en ce que la condition d'urgence n'est pas remplie et en l'absence de doute sérieux ;

- sur l'urgence : le requérant s'est lui-même placé dans la situation d'urgence qu'il dénonce ; il est inéligible au bénéfice des conditions matérielles d'accueil puisqu'il ne justifie pas de son statut de demandeur d'asile et se maintient irrégulièrement en France ; il n'est pas dépourvu d'assistance au seul motif que l'Ofii a mis fin à sa prise en charge au titre des conditions matérielles d'accueil ; il est constant que l'intéressé peut continuer à bénéficier de l'assistance de la structure de premier accueil qui l'accompagne et peut l'orienter vers son réseau de partenaires pour ses besoins ; il n'a cessé de se soustraire à sa prise en charge quand bien même son hébergeur a mis en place tous les moyens possibles pour lui assurer un suivi adapté ; il n'a pas retourné le certificat médical afin que le médecin coordonnateur de zone puisse se prononcer sur sa vulnérabilité médicale et ses besoins particuliers d'adaptation ;

- sur le doute sérieux : il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'état de santé du requérant faisait obstacle à la poursuite des démarches visant à le transférer vers l'état responsable de l'examen de sa demande d'asile ; par ailleurs, l'intéressé ne justifie pas non plus qu'il ait utilement contesté l'arrêté de transfert pris à son encontre et il était dès lors tenu de se conformer à la décision des autorités françaises et ce alors que son état de santé s'était nettement amélioré lorsqu'il avait été de nouveau convoqué ; il ne justifie d'aucun motif de nature à justifier qu'il n'ait pas honoré les convocations de l'administration ; compte tenu du manquement de l'intéressé à ses engagements, de l'absence de motif légitime à sa demande et eu égard à ce que la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ne fait pas obstacle à la poursuite des soins ni à sa prise en charge au titre de l'hébergement, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'Ofii aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ; en outre, eu égard aux effets de la décision attaquée, la cessation des conditions matérielles d'accueil n'a pas pour effet de priver le requérant de moyens de subsistance, l'intéressé pouvant bénéficier d'une assistance à cet effet.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2400596 enregistrée le 8 avril 2024 par laquelle M. C A demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le règlement UE n°604/2013 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 mars 2024.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 30 avril 2024 :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Marty, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant nigérian né en 2002, a présenté le 13 mars 2023 une demande d'asile instruite dans le cadre de la procédure dite " Dublin ". Ce même jour, il a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. L'Ofii, par décision du 1er février 2024, a prononcé à son encontre la cessation des conditions matérielles d'accueil au motif du non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile par abstention de se présenter à des convocations. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension d'une part, de l'exécution d'une décision de refus d'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale en date du 20 mars 2024 et d'autre part, de l'exécution de la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil du 1er février 2024.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du présent code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire".

En ce qui concerne la décision de refus d'enregistrement d'une demande d'asile en procédure normale :

3. Aux termes de l'article 22-7 du règlement UE 603/2013 : " L'absence de réponse à l'expiration du délai de deux mois mentionné au paragraphe 1 et du délai d'un mois prévu au paragraphe 6 équivaut à l'acceptation de la requête et entraîne l'obligation de prendre en charge la personne concernée, y compris l'obligation d'assurer une bonne organisation de son arrivée ". Aux termes de l'article 29-2 du même règlement : " Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant. Ce délai peut être porté à un an au maximum s'il n'a pas pu être procédé au transfert en raison d'un emprisonnement de la personne concernée ou à dix-huit mois au maximum si la personne concernée prend la fuite ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le 17 mars 2023, une demande de prise en charge a été adressée aux autorités italiennes. En l'absence de réponse de leur part, elles sont réputées avoir accepté la requête entraînant l'obligation de prendre en charge M. A. Il a été fait mention de cette information à l'intéressé, notamment dans les convocations du 18 octobre 2023 et du 15 décembre 2023. Le délai de transfert a, par ailleurs, été prolongé jusqu'au 17 novembre 2024. Dès lors que l'évaluation de la vulnérabilité du demandeur était déjà intervenue, les autorités françaises n'avaient pas à statuer sur une nouvelle demande d'asile concernant M. A quand bien même il ne serait pas en fuite. Aucun des moyens susvisés soulevés par le requérant n'est donc de nature à justifier la suspension de l'exécution de la décision de refus d'enregistrement de la demande d'asile en procédure normale. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner ni la fin de non-recevoir, ni la condition d'urgence, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil du 1er février 2024 :

5. En premier lieu, la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

6. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. A fait valoir que la suppression des conditions matérielles d'accueil le place dans une situation de précarité administrative et matérielle durable, aggravée par des troubles psychiatriques qui altèrent son comportement et son discernement. Dès lors notamment, qu'il n'est pas établi que le requérant pourrait être pris en charge au titre d'un dispositif d'urgence différent de celui dont il revendique le bénéfice, cette décision porte effectivement atteinte, dans les circonstances particulières de l'espèce, de manière grave et immédiate à la situation de M. A pour que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative soit regardée comme remplie.

7. En second lieu, aux termes de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du titre II. Une attestation de demande d'asile est délivrée au demandeur selon les modalités prévues à l'article L. 521-7. Elle mentionne la procédure dont il fait l'objet. Elle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'Etat responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat. " et aux termes de l'article L. 551-16 du même code: " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : ()3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A ne s'est pas présenté aux convocations du 16 octobre 2023, du 13 novembre 2023, du 5 décembre 2023 et du 2 janvier 2024. Toutefois, il ressort aussi des pièces du dossier et notamment d'une note sociale du comité d'accueil creusois en date du 22 février 2024, d'un bulletin de situation médicale du centre hospitalier de la Valette en date du 5 avril 2024 et d'un certificat médical de ce même centre hospitalier en date du 9 février 2024, que l'état de santé psychique de M. A, qui est gravement altéré depuis plusieurs mois, explique qu'il ne se soit pas présenté à ces convocations. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme s'étant intentionnellement et systématiquement soustrait aux exigences des autorités de l'asile et ne peut donc être regardé comme étant en fuite. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ne soit plus titulaire de l'attestation de demandeur d'asile qui lui a été délivrée le 13 mars 2023 sur le fondement de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, le moyen tiré de ce que l'Ofii a commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation paraît de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension présentées par M. A doivent être rejetées en tant qu'elles sont dirigées contre le refus d'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale. En revanche, ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil du 1er février 2024 doivent être accueillies.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

10. Eu égard au moyen retenu, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint à l'Ofii de rétablir les droits de M. A au bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 1er février 2024 et jusqu'au jour où le droit à ce bénéfice aura, le cas échéant, pris fin, en application des dispositions des articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Sur les frais liés à l'instance :

11. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Ofii le versement à Me Marty d'une somme de 1 200 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme d'argent que M. A demande au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de la décision du 1er février 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a notifié à M. A la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les droits de M. A au bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 1er février 2024, et jusqu'au jour où le droit à ce bénéfice aura, le cas échéant, pris fin, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Marty, avocat de M. A, la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Marty renonce à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle

Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Marty, à l'office français de l'immigration de l'intégration et au préfet de la Haute-Vienne.

Fait à Limoges, le 6 mai 2024

Le juge des référés,

N. B

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La greffière en chef,

A. BLANCHON

mf

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