jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400622 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 avril 2024 et le 23 mai 2024, M. E B, représenté par son mandataire judiciaire, ainsi que par Me Marty, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et de travail dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à titre subsidiaire de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- la décision est entachée d'irrégularité et méconnait les articles R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 ; la composition régulière du collège des médecins devra être établie ; le médecin rapporteur ne doit pas siéger et l'avis doit donc identifier le médecin instructeur ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 6-7 de l'accord franco-algérien ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne l'accessibilité d'un traitement adapté à son état en Algérie.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est nulle en conséquence des nullités affectant le refus de séjour ;
- les décisions sont entachées d'erreur de droit car elles sont la conséquence automatique de la décision de refus de séjour, le préfet ayant omis d'exercer son pouvoir d'appréciation ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 et 30 mai 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique, sur sa proposition, a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gaullier-Chatagner a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né en 1997, est entré sur le territoire français le 27 novembre 2021 selon ses déclarations, de façon irrégulière. Il a été admis au séjour pour des raisons médicales le 20 mai 2022, jusqu'au 9 novembre 2023. Le 25 septembre 2023, il a sollicité le renouvellement de son droit au séjour. Par un jugement rendu le 24 novembre 2023, le juge des tutelles a prononcé une mesure de tutelle au bénéfice du requérant d'une durée de cinq ans, au motif que l'altération des facultés mentales ou corporelles du requérant l'empêche de pourvoir seul à ses intérêts. Par un arrêté du 9 février 2024, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de faire droit à sa demande de renouvellement, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. M. B, représenté par son mandataire judiciaire, sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Selon l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité, le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () ". En application de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avis le constate. / L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ". Enfin, l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application des dispositions précitées dispose que : " () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
3. Premièrement, il ne résulte d'aucune de ces dispositions ni d'aucun principe que l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) devrait porter mention du nom du médecin qui a établi le rapport médical, prévu par l'article R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et cité au point précédent, qui est transmis au collège de médecins de l'Ofii. Le préfet doit toutefois, lorsque le moyen tiré de l'irrégularité de la composition du collège de médecins est invoqué, apporter tout élément de nature à établir que le médecin ayant émis le rapport médical, prévu par cet article R. 425-12, n'a pas siégé au sein de ce collège. En l'espèce, le préfet de la Haute-Vienne produit l'avis du 31 décembre 2023 du collège de médecins de l'Ofii comportant le nom des trois médecins consultés, ainsi qu'un bordereau de transmission de cet avis, qui précise le nom du médecin ayant établi le rapport médical transmis au collège des médecins le 12 décembre 2023, qui permet d'établir que le médecin ayant rédigé le rapport médical relatif à l'état de santé du requérant n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'Ofii qui a rendu l'avis. Le moyen tiré de l'irrégularité de la composition du collège des médecins doit par suite être écarté.
4. Deuxièmement, la mention " après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'Ofii émet l'avis suivant ", qui indique le caractère collégial de l'avis, fait foi jusqu'à preuve du contraire et M. B n'apporte pas, en l'espèce, cette preuve contraire.
5. Troisièmement, contrairement à ce que soutient le requérant, l'avis du collège des médecins de l'Ofii a indiqué, conformément aux exigences de motivation de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, que si son état de santé nécessitait une prise en charge dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et y voyager sans risque. Cet avis n'est donc entaché d'aucune insuffisance de motivation au regard des dispositions législatives et réglementaires en vigueur.
6. Quatrièmement, le dépassement du délai de trois mois fixé par l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile entre la transmission du certificat médical et l'avis du collège médical n'est pas prescrit à peine de nullité et ne peut en tout état de cause être utilement invoqué par le requérant.
7. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du 31 décembre 2023 du collège de médecins de l'Ofii, pris dans toutes ses branches, doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 7. au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ".
9. Pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical adapté, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe. Par ailleurs, si la légalité d'une décision doit être appréciée à la date à laquelle elle a été prise, il incombe cependant au juge de l'excès de pouvoir de tenir compte, le cas échéant, d'éléments objectifs antérieurs à cette date mais révélés postérieurement.
10. Pour justifier le refus de délivrance du titre de séjour pris à l'encontre de M. B et estimer que son état de santé ne nécessitait pas son maintien en France, le préfet de la Haute-Vienne s'est notamment fondé sur l'avis émis le 31 décembre 2023 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), selon lequel l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier d'un traitement approprié. Cet avis précise, par ailleurs, que l'état de santé de l'intéressé peut lui permettre de voyager sans risque vers l'Algérie. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui a levé le secret médical, présente depuis l'âge de 6 ans un diabète de type I difficile à équilibrer, ayant conduit à une cécité, une insuffisance rénale terminale dialysée depuis 2019, une coronaropathie ayant nécessité la pose de stent en 2021 et une neuropathie périphérique douloureuse, ainsi qu'une atteinte respiratoire avec syndrome restrictif et obstructif. Pour contester l'appréciation du préfet de la Haute-Vienne concernant l'effectivité du traitement nécessaire à son état de santé en Algérie, le requérant produit un certificat médical du 29 avril 2024 d'un médecin du centre de néphrologie de Mostaganem, qui fait état de l'échec de " plusieurs tentatives de prise en charge pour greffe " malgré la présence d'un donneur potentiel en raison d'un " manque de moyens ", ainsi qu'une synthèse médicale du 9 avril 2024 signée d'un médecin du service de néphrologie du CHU de Limoges, qui indique que M. B est actuellement hémodialysé trois fois par semaine, qu'il vient d'être inscrit sur liste d'attente pour une transplantation rénale avec un projet d'une greffe d'îlots pancréatiques dans un second temps, que son état de santé nécessite des suivis spécialisés, et que le requérant est inapte à subvenir à ses besoins vitaux. Cette attestation ajoute qu'une interruption des soins actuellement prodigués compromettrait la survie de M. B et que le projet de greffe suivie d'une greffe d'îlots pancréatiques " qui paraît actuellement le plus adapté à sa pathologie () n'est pas envisageable en Algérie ". Si les éléments produits confirment la gravité de l'état de santé du requérant, son isolement sur le territoire français, ainsi que la nécessité de sa prise en charge médicale, ils ne démontrent pas que celle dont il peut effectivement bénéficier en Algérie ne serait pas adaptée à son état de santé, alors que le préfet souligne, sans être contredit sur ce point, que le requérant a bénéficié de dialyses depuis 2019 en Algérie, où son état de santé a été pris en charge avant son entrée sur le territoire français, et que ce pays dispose d'un système de couverture maladie. Enfin, s'il ressort des certificats médicaux qu'un projet de greffe rénale suivi d'une greffe d'îlots pancréatiques serait le traitement " le plus adapté " à sa pathologie, et qu'il n'est pas envisageable en Algérie, il n'est pas démontré par le requérant que cette hypothèse thérapeutique présenterait un caractère suffisamment certain à la date de la décision attaquée. Il s'ensuit que les éléments produits par M. B, ne sont pas de nature à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'Ofii ni l'appréciation portée par le préfet de la Haute-Vienne quant à la disponibilité des soins nécessaires à son état de santé en Algérie. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Vienne a méconnu les stipulations du 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ni qu'il a commis une erreur quant à l'accès effectif aux traitements appropriés à son état en Algérie.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. Il ressort des pièces du dossier que M. B déclare être entré de façon irrégulière en France au mois de novembre 2021, et qu'il a été admis au séjour pour motifs de santé du 20 mai 2022 au 9 novembre 2023. Par un jugement rendu le 24 novembre 2023, le juge des tutelles a prononcé une mesure de tutelle au bénéfice du requérant d'une durée de cinq ans, au motif que l'altération des facultés mentales ou corporelles du requérant l'empêche de pourvoir seul à ses intérêts. Selon le rapport relatif à sa situation émis au mois de mai 2024 par son mandataire de tutelle, M. B est venu en France en raison d'un état de santé précaire accompagné de son père, qui est quant à lui rentré en Algérie au mois de septembre 2022, date à compter de laquelle le requérant s'est trouvé isolé sur le territoire et a été hospitalisé " faute de lieu de vie stable et pouvant prendre en charge sa pathologie ". Si le même rapport fait état d'une avancée importante dans sa situation dès lors qu'il devait intégrer le 25 mai 2024 une structure d'accueil médicalisée, cette circonstance, au demeurant postérieure à l'arrêté attaqué, n'est pas de nature à établir que le requérant, dont il ressort de l'avis du collège des médecins de l'Ofii qu'il peut faire l'objet d'une prise en charge adaptée à son état en Algérie, aurait transféré l'essentiel de ses liens privés et familiaux en France, alors qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans en Algérie où réside sa famille. Le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Vienne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux effets de la décision attaquée sur sa situation doit également être écarté.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de renvoi :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi seraient illégales en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prise à son encontre. Le moyen doit par suite être écarté.
14. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué, qui mentionne notamment que le requérant n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier d'une assistance adaptée en Algérie, ni être dans l'impossibilité d'y retourner, que le préfet de la Haute-Vienne aurait considéré, à tort, que la décision portant obligation de quitter le territoire était la conséquence automatique du refus de titre de séjour opposé au requérant. Le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas exercé son pouvoir d'appréciation et aurait commis une erreur de droit doit ainsi être écarté.
15. En troisième lieu, au vu des éléments développés aux points 11 et 12 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que la mesure d'éloignement porterait une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale du requérant, ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B. Ces moyens doivent donc être écartés.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B contre l'arrêté du 9 février 2024 refusant sa demande de titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées. Par conséquent, ses conclusions fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Mme A D en sa qualité de tutrice de M. B, à Me Marty et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
D. ARTUS
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. C
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026