LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2400663

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400663

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400663
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantKARAKUS-GURSAL HANIFE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces enregistrées les 15 et 16 avril 2024, M. D A, représenté par Me Karakus, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prolongé pour un an une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans prononcée à son encontre ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou de réexaminer sa situation, dans le même délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'arrêté pris dans son ensemble :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté litigieux.

Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- cette décision méconnaît l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

Par un mémoire en défense et des pièces enregistrés le 24 mai 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code civil ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boschet, rapporteur,

- et les observations de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant guinéen né en 1976, M. A déclare être entré en France le 26 décembre 2012. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 13 février 2014 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 23 juillet 2014. Par des arrêtés des 15 septembre 2014, 10 janvier 2018, 20 août 2019 et 22 mars 2022, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Se maintenant malgré ces mesures sur le territoire français, M. A a déposé, le 21 avril 2023, une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de père de sa fille de nationalité française, née le 4 mars 2021 à Reims. Par un arrêté du 24 janvier 2024, pris à la suite d'un avis du 28 novembre 2023 de la commission du titre de séjour, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de faire droit à cette nouvelle demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français de deux ans qui avait été prononcée à son encontre le 22 mars 2022. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'arrêté pris dans son ensemble :

2. Mme B E, directrice de cabinet de la préfecture de la Haute-Vienne et signataire de l'arrêté contesté, bénéficie d'une délégation de signature du préfet de la Haute-Vienne du 21 août 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs n° 87-2023-130 du même jour, à l'effet notamment de signer en cas d'absence ou d'empêchement du secrétaire général de la préfecture " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté litigieux manque en fait et doit être écarté.

Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

3. En premier lieu, contrairement à ce que soutient M. A, la décision par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour comporte l'énoncé des motifs de droit et de fait sur lesquels elle se fonde. Elle satisfait ainsi à l'exigence de motivation en droit et en fait résultant des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Selon l'article L. 423-8 de ce code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A est père d'une fille de nationalité française née le 4 mars 2021, qui vit à Reims avec sa mère, dont le requérant, qui n'établit ni même n'allègue avoir déjà vécu avec elle, est séparé. En outre, si, par un jugement du 1er décembre 2022, le tribunal judiciaire de Reims, saisi par M. A, a fixé la résidence habituelle de l'enfant au domicile de sa mère mais a néanmoins prévu un droit de visite pour le père à raison d'un samedi sur deux de 10h à 17h, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant exercerait effectivement ce droit de visite qu'il a pourtant lui-même sollicité selon ces modalités. Par ailleurs, pour justifier qu'il remplirait les conditions prévues à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. A se borne, pour l'essentiel, à produire une facture établie le 19 avril 2023 par un centre commercial à Couzeix mentionnant qu'il a acheté des vêtements pour un enfant de deux ans pour un montant de 52,50 euros, la preuve d'un colis adressé en novembre 2023 à la mère de sa fille qui lui a été retourné avec la mention " pli refusé par le destinataire ", des tickets de péage d'autoroute des 9 et 14 août 2021 sans mention du nom du requérant, des billets de train sans précision de l'année en cause relatifs à des trajets Limoges-Paris un 16 janvier, Paris-Reims un 11 février, Paris-Reims un 5 mars et Limoges-Paris un 12 mai, ainsi qu'un ticket de caisse du 13 août 2021 sans nom relatif à l'achat de denrées alimentaires non adaptées à un nourrisson. Or, alors même qu'il est dans un état d'impécuniosité qui ne lui permet pas de contribuer à l'entretien de sa fille, ces seuls éléments, qui ne démontrent pas davantage l'existence de liens intenses, ne suffisent pas à démontrer que M. A contribue effectivement à l'éducation de cette enfant depuis la naissance de celle-ci ou depuis au moins deux ans. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

7. Si M. A peut être regardé comme résidant en France depuis plus de dix ans, ce qui a justifié que sa situation soit examinée par la commission du titre de séjour, il ressort des pièces du dossier qu'il n'y a séjourné régulièrement qu'en qualité de demandeur d'asile, qu'il a fait l'objet de quatre précédentes mesures d'éloignement qu'il n'a pas exécutées et qu'il n'a pas respecté les obligations de présentation dont était assortie l'assignation à résidence prononcée à son encontre en août 2019. Également, comme il a été indiqué au point 5, par les seuls éléments qu'il produit, M. A ne justifie pas entretenir des liens intenses avec sa fille de nationalité française, dont il ne contribue pas effectivement à l'éducation. Célibataire, M. A ne démontre pas disposer en France de liens personnels et familiaux d'une particulière intensité. Par ailleurs, il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, en dépit de ses activités associatives, de sa maîtrise non contestée de la langue française et de l'avis favorable de la commission du titre de séjour, le préfet de la Haute-Vienne n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale en refusant de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Vienne a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

9. M. A ne justifiant ni contribuer effectivement à l'éducation de sa fille de nationalité française ni entretenir des liens d'une particulière intensité avec cette enfant, le moyen tiré de la méconnaissance du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 24 janvier 2024 du préfet de la Haute-Vienne et, par voie de conséquence, les autres conclusions de M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au préfet de la Haute-Vienne et à Me Karakus.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Normand, président,

M. Martha, premier conseiller,

M. Boschet, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

Le rapporteur,

J. BOSCHET

Le président,

N. NORMAND La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef,

La Greffière,

M. C

mf

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions