jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400699 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | PION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2024, Mme F D E, représentée par Me Pion, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de renouveler son titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " étudiant " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant à l'application de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le caractère réel et sérieux des études est attesté par une progression dans ses études.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de renvoi :
- ces décisions sont illégales en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mai 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaullier-Chatagner,
- et les observations de Me Pion représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, ressortissante haïtienne née en 2000, est entrée en France au mois de septembre 2019 munie d'un visa de court séjour. Elle a sollicité le 29 septembre 2023 le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ". Par un arrêté du 30 janvier 2024, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de faire droit à cette demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme E demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, Mme A C, directrice de cabinet du préfet de la Haute-Vienne et signataire de l'arrêté contesté, bénéficie d'une délégation de signature du préfet de ce département en date du 21 août 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 87-2023-130 du même jour, à l'effet notamment de signer en cas d'absence ou d'empêchement du secrétaire général de la préfecture " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte en litige manque en fait.
3. En second lieu, aux termes du de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.
4. Il ressort des pièces du dossier et n'est au demeurant pas contesté, que Mme E s'est, depuis son entrée sur le territoire français au mois de septembre 2019, inscrite à quatre reprises dans un cycle d'études sans en valider aucun. Au titre de l'année universitaire 2019/2020, la requérante a été inscrite en première année de licence en droit, à laquelle elle s'est réinscrite au titre de l'année 2020/2021 sans la valider. Puis, Mme E a été inscrite au titre de l'année 2021/2022 en première année de licence arts, lettres et langues, qu'elle n'a pas validée, avant de se réinscrire au titre de l'année 2022/2023 à la même formation, puis de s'inscrire dans le cadre d'une formation ayant pour objectif un baccalauréat professionnel " métiers de la mode ". Si la requérante soutient avoir sans cesse progressé dès lors que ces deux redoublements lui ont permis d'améliorer ses notes, cette circonstance ne suffit pas à démontrer le caractère sérieux de ses études, après quatre années sans validation d'un diplôme et deux changements d'orientation. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Vienne n'a commis aucune erreur d'appréciation en rejetant la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par Mme E en raison de l'absence de sérieux des études entreprises. Le moyen doit par suite être écarté.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
5. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que l'annulation de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour emportera l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 30 janvier 2024 du préfet de la Haute-Vienne et, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions liées au frais du litige présentées par Mme E doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de Mme E est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme F D E, à Me Pion et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Normand, président,
Mme Siquier, première conseillère,
Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
N. GAULLIER-CHATAGNER
Le président,
N. NORMAND La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef
La Greffière,
M. B
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026