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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2400771

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400771

mercredi 29 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400771
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAVOC'ARENES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 29 avril et 22 mai 2024, Mme B D, représentée par Me Toulouse, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 19 avril 2024 du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) portant cessation de ses conditions matérielles d'accueil, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, notamment un hébergement pour demandeur d'asile, depuis le 19 avril 2024, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration à verser à Me Toulouse la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle se trouve, en conséquence du refus qui lui a été opposé, dans une situation d'extrême précarité matérielle menaçant son état de santé physique et psychologique ; elle ne peut trouver d'hébergement à titre provisoire le temps que sa situation se régularise ; en outre, le fait qu'elle soit célibataire et sans enfant ne lui permet pas d'être prioritaire pour l'attribution d'un hébergement de secours d'urgence ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaqué :

' le placement en fuite de Mme D est illégal, injustifié en fait et en droit, et ne peut caractériser un irrespect des exigences des autorités chargées de l'asile ; le transfert devait donc être opéré au plus tard le 11 mars 2024 ;

' il ne saurait y avoir de fuite dès lors que le transport vers l'aéroport de Bordeaux n'a été ni financé, ni même organisé par la préfecture de la Gironde ; elle n'a jamais reçu notification des modalités de son transfert, seule sa structure d'hébergement HUDA en ayant été avertie le vendredi 8 mars 2024 à près de 18 heures, pour un départ dans la nuit du dimanche au lundi, le dernier jour du délai de transfert avec obligation de se présenter 2 heures avant le départ du vol, soit à 4h35 ; il n'est d'ailleurs pas dans les attributions de cette association d'organiser un transfert ; en outre, une absence à une convocation ne peut à elle seule suffire à établir la fuite s'il n'existe pas d'autre indices et la préfecture connaissait parfaitement son adresse, puisqu'elle a pu la reconvoquer dès le 18 mars 2024 une semaine plus tard, à la même adresse ;

' elle n'est pas en situation irrégulière sur le territoire français dès lors que lui a été délivrée le 21 mai 2024 une attestation de première demande d'asile par le préfet de la Gironde qui est valable jusqu'au 20 septembre 2024.

Par un mémoire en défense, enregistré les 17 mai 2024, l'Office français de l'immigration de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la requérante s'est placée elle-même dans la situation d'urgence qu'elle invoque ; elle ne s'est pas présentée à l'aéroport de Bordeaux le 11 mars 2023 alors même que celle-ci s'était vu notifiée ce départ par un courrier du 23 octobre 2023 ; elle n'est pas dépourvue d'assistance au seul motif que l'Ofii a mis fin à sa prise en charge au titre des conditions matérielles d'accueil ; il est constant que l'intéressée peut continuer à bénéficier de l'assistance de la structure de premier accueil qui l'accompagne et qui peut l'orienter vers son réseau de partenaires pour ses besoins ;

- aucun moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; elle ne justifie d'aucun motif de nature à justifier qu'elle n'ait pas honoré la convocation de l'administration ; compte tenu du manquement de l'intéressée à ses engagements, de l'absence de motif légitime à sa demande et eu égard à ce que la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ne fait pas obstacle à sa prise en charge au titre de l'hébergement, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'Ofii aurait entaché sa décision d'une erreur de fait et de droit ; en outre, eu égard aux effets de la décision attaquée, la cessation des conditions matérielles d'accueil n'a pas et pour effet de priver la requérante de moyens de subsistance, l'intéressée pouvant bénéficier d'une assistance à cet effet.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée au tribunal administratif de Limoges le 29 avril 2024 sous le numéro 2400771 par laquelle Mme D demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Normand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Normand,

- et les observations de Me Toulouse, représentant Mme D.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante ivoirienne, est entrée, selon ses déclarations, en France le 24 mai 2023 et y a sollicité l'asile le 9 août 2023 auprès de la préfecture de la Haute-Vienne. Sa demande d'asile a alors été placée en procédure C, dès lors que l'examen du fichier VISABIO a révélé que la requérante était titulaire d'un visa valable du 23 mai au 17 juin 2023 délivré par les autorités belges. Les autorités françaises ont donc, le 5 septembre 2023, sollicité des autorités belges leur accord pour l'admission de Mme D au titre de la procédure C, et pour le traitement de sa demande d'asile, déposée en France. Les autorités belges ont explicitement accepté la prise en charge de Mme D le 11 septembre 2023. Par une décision du 29 septembre 2023, le préfet de la Gironde a prononcé le transfert de la requérante auprès des autorités belges. Le 8 mars 2024, les services préfectoraux ont adressé un courrier à l'association Le Roc, gestionnaire du centre d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile accueillant la requérante, afin de leur signifier que son transfert devait avoir lieu le 11 mars 2024 à 6h35 à l'aéroport de Bordeaux. Mme D ne s'est pas rendue à l'aéroport. Par un courrier du 19 avril 2024, l'Ofii a informé la requérante de la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Mme D qui a formé un recours tendant à l'annulation de cette décision, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de son exécution dans l'attente qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions citées au point 2, l'admission provisoire de Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle dont la demande a été déposée devant le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Limoges le 30 avril 2024.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

En ce qui concerne l'urgence :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

5. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est dans une situation d'extrême précarité matérielle menaçant son état de santé physique et psychologique du fait du refus qui lui a été opposé. Il n'est pas établi que l'intéressée pourrait continuer à bénéficier de l'assistance de la structure de premier accueil qui l'accompagne ou qu'un réseau de partenaires pourrait l'assister. Dans ces conditions, l'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.

En ce qui concerne le doute sérieux :

7. Aux termes de l'article L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de l'immigration et de l'intégration propose au demandeur d'asile un lieu d'hébergement. / Cette proposition tient compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation des besoins et de la vulnérabilité prévue au chapitre II du titre II, ainsi que des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région. ".

8. D'une part, aux termes de l'article L.551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. /Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ".

9. D'autre part, l'article 29 du règlement UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, dit " C A " prévoit que le transfert du demandeur d'asile vers le pays de réadmission doit se faire dans les six mois à compter de l'acceptation de la demande de prise en charge et que ce délai peut être porté à dix-huit mois si l'intéressé " prend la fuite " ; l'article 9-2 du règlement (CE) d'exécution n°1560/2003, modifié par le règlement d'exécution UE n°118/2014 du 30 janvier 2014, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers prévoit qu' : " Il incombe à l'État membre qui, pour un des motifs visés à l'article 29, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 604/2013, ne peut procéder au transfert dans le délai normal de six mois à compter de la date de l'acceptation de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée, ou de la décision finale sur le recours ou le réexamen en cas d'effet suspensif, d'informer l'État responsable avant l'expiration de ce délai. À défaut, la responsabilité du traitement de la demande de protection internationale et les autres obligations découlant du règlement (UE) n°604/2013 incombent à cet État membre conformément aux dispositions de l'article 29, paragraphe 2, dudit règlement. " ; aux termes de l'article 7 de ce même règlement : " 1. Le transfert vers l'État responsable s'effectue de l'une des manières suivantes : a) à l'initiative du demandeur, une date limite étant fixée ; b) sous la forme d'un départ contrôlé, le demandeur étant accompagné jusqu'à l'embarquement par un agent de l'État requérant et le lieu, la date et l'heure de son arrivée étant notifiées à l'État responsable dans un délai préalable convenu : c) sous escorte, le demandeur étant accompagné par un agent de l'État requérant, ou par le représentant d'un organisme mandaté par l'État requérant à cette fin, et remis aux autorités de l'État responsable () " ; dans l'hypothèse où le transfert du demandeur d'asile s'effectue sous la forme d'un départ contrôlé, il appartient, dans tous les cas, à l'Etat responsable de ce transfert d'en assurer effectivement l'organisation matérielle et d'accompagner le demandeur d'asile jusqu'à l'embarquement vers son lieu de destination ; une telle obligation recouvre la prise en charge du titre de transport permettant de rejoindre l'État responsable de l'examen de la demande d'asile depuis le territoire français ainsi que, le cas échéant et si nécessaire, celle du pré-acheminement du lieu de résidence du demandeur au lieu d'embarquement ; dans l'hypothèse où le demandeur d'asile se soustrait intentionnellement à l'exécution de son transfert ainsi organisé, il doit être regardé comme en fuite au sens des dispositions précitées.

10. Il n'est pas contesté que Mme D ne s'est pas présentée au service de la Police de l'air et des frontières à l'aéroport de Bordeaux en vue d'un embarquement pour un vol à destination de la Belgique. Néanmoins, d'une part, la requérante n'a été avertie de façon certaine de cette mesure que le vendredi 8 mars 2024 à près de 18 heures, pour un départ dans la nuit du dimanche au lundi, d'autre part, il ressort des pièces du dossier et notamment de la notification du plan de vol, à une date non déterminée, que la requérante a refusé de signer, que celle-ci n'entendait pas exécuter son transfert vers la Belgique à sa propre initiative et qu'elle relevait par conséquent du régime du départ contrôlé. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfecture ait, au préalable, assuré son pré-acheminement du lieu de sa résidence, Tulle, jusqu'à l'aéroport de Bordeaux située à 478 Km. Dans ces conditions, alors que Mme D ne disposait selon toute vraisemblance pas des moyens de se rendre par elle-même au lieu de sa convocation, elle ne peut être regardée comme s'étant intentionnellement soustraite à l'exécution de la mesure de réadmission dont elle faisait l'objet. Ces faits ne révèlent donc, dans les circonstances de l'espèce, aucun comportement de fuite au sens des dispositions précitées. Le moyen tiré de ce que l'Ofii a mis fin à la prise en charge matérielle de Mme D pour le motif erroné qu'elle s'est intentionnellement soustraite à l'exécution de la mesure de transfert prise à son égard, paraît ainsi, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

11. Il résulte ce qui précède que Mme D est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision contestée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. Eu égard au motif retenu pour la suspension de l'exécution de la décision en litige, la présente ordonnance implique qu'il soit enjoint au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de la rétablir provisoirement au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de quarante-huit heures.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Toulouse, avocat de Mme D renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Toulouse de la somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme D est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'exécution de la décision du 19 avril 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à Mme D est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir provisoirement Mme D au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

Article 4 : L'Etat versera à Me Toulouse la somme de 1 200 (mille deux cents) euros sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D, à l'Office français de l'immigration de l'intégration et à Me Toulouse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.

Le juge des référés,

N. NORMAND

La greffière en chef,

A. BLANCHON

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La greffière en chef,

A. BLANCHON

mf

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