mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400815 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AVOC'ARENES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrés le 6 mai 2024 et le 27 mai 2024, M. D A, représenté par Me Toulouse, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 février 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a prolongé son interdiction de retour sur le territoire français de trois ans d'une année supplémentaire et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " d'une durée d'un an dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai, et dans les deux cas de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, lequel a renoncé à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est illégale en ce qu'il remplit les conditions prévues à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 §1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est contraire à l'intérêt supérieur des enfants nés et à naître en violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- sa présence en France ne constitue pas une menace suffisamment grave à l'ordre public dès lors que les deux condamnations dont il a fait l'objet sont, ancienne pour l'une et sans gravité pour l'autre.
La décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité affectant le refus de titre de séjour.
La décision refusant un délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité affectant le refus de titre de séjour, en l'absence de trouble à l'ordre public.
En ce qui concerne la décision portant prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité affectant l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- elle est disproportionnée au regard de sa durée de présence en France et de l'importance exceptionnelle de ses liens familiaux
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'incohérence dans les durées d'interdiction de retour.
La décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité affectant l'obligation de quitter le territoire français.
Par ordonnance du 16 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 6 juin 2024.
Le mémoire en défense du préfet de la Haute-Vienne enregistré le 14 juin 2024 n'a pas été communiqué.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Christophe,
- et les observations de Me Toulouse, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant surinamien né en 1981, est entré en France métropolitaine le 2 octobre 2016 et s'y maintient depuis irrégulièrement. Le 25 août 2023, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en sa qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 29 février 2024 dont il demande l'annulation, le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a prolongé son interdiction de retour sur le territoire français de trois ans d'une année supplémentaire et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été incarcéré à la maison d'arrêt d'Agen le 29 juin 2018 et condamné à deux ans d'emprisonnement et à une interdiction de séjour de trois ans le 4 juillet 2019 par le tribunal correctionnel d'Auch pour des faits d'usage illicite, transport, détention, offre ou cession, acquisition non autorisée de stupéfiants, faits commis entre le 1er octobre 2017 et le 27 juin 2018. Il a de nouveau été condamné à deux mois d'emprisonnement le 23 janvier 2023 par le tribunal correctionnel de Poitiers pour des faits de recel de bien provenant d'un délit puni d'une peine n'excédant pas cinq ans d'emprisonnement en récidive, faits commis entre le 1er novembre 2022 et le 8 novembre 2022. Si M. A qui ne conteste pas les faits, soutient que ces deux condamnations sont, ancienne pour l'une et sans gravité pour l'autre dès lors qu'il n'a été condamné qu'à une peine légère de deux mois d'emprisonnement, il ne saurait en relativiser la portée alors même que la dernière condamnation est très récente et que celle de 2019 si elle revêt un caractère relativement ancien présente en revanche un degré de gravité important. Dès lors, le préfet n'a pas entaché ses décisions d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 432-1 précité et le moyen selon lequel le requérant ne constitue pas une menace à l'ordre public sera écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412 1 ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et l'éducation des enfants à proportion des ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant () ". Il résulte de ces dispositions que pour obtenir un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français, l'étranger qui se prévaut de cette qualité, doit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de cet enfant depuis sa naissance ou depuis au moins deux ans.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A est le père de trois enfants français nés respectivement le 2 août 2015 d'une première relation et les 11 juillet 2018 et 18 janvier 2022 de sa relation avec Mme C B ressortissante française, circonstance dont il se prévaut pour justifier de son droit au séjour en France, en application des dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, comme l'a considéré à juste titre le préfet de la Haute-Vienne, M. A ne justifie pas participer à l'entretien et à l'éducation de son premier enfant, l'intéressé ne versant aucune pièce au dossier permettant d'en attester. S'agissant des deux derniers, il ne justifie pas d'une communauté de vie avec leur mère et ainsi être présumé de ce seul fait contribuer à leur entretien et leur éducation, par la production d'une attestation de cette dernière du 6 mai 2024, postérieure à la décision attaquée, et selon laquelle elle l'héberge depuis décembre 2020. Les avis d'impositions au titre des revenus de 2021 et 2022, par ailleurs établis respectivement les 17 octobre et 6 décembre 2023 ainsi que l'attestation de paiement de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne du 6 mai 2024 qui ne fait pas mention de la présence de M. A au foyer de sa compagne ne sauraient en attester. De même, les attestations émanant de sa compagne et de son beau-frère, produites postérieurement à l'arrêté attaqué, selon lesquelles le requérant s'occupe de ses enfants au quotidien, les emmène à l'école, au parc ou à l'église sont insuffisantes pour établir que M. A contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants. Enfin, si le requérant se prévaut d'avoir contribué financièrement à l'entretien de ses enfants même pendant sa période d'incarcération, les trois virements, deux de 150 euros et un de 200 euros, réalisés en août et novembre 2022 sont trop anciens et trop parcellaires, ne permettant ainsi pas d'établir sa contribution à l'entretien et l'éducation de ses enfants depuis leur naissance ou depuis au moins deux ans. Dans ces conditions, le moyen selon lequel le refus de séjour serait illégal dès lors que M. A remplirait les conditions prévues à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / " . Aux termes de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses communications ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "
7. Il ressort des pièces du dossier que si M. A se prévaut d'une présence de huit années en France, il s'y maintient irrégulièrement depuis le 19 décembre 2017 date du premier refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet à la suite d'un arrêté pris par le préfet du Gers. A la suite de son incarcération le 29 juin 2018, il a fait l'objet d'un second arrêté du 23 octobre 2018 par lequel le préfet du Lot-et-Garonne lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et l'a interdit de retour sur ce même territoire pour une durée d'un an. Il sera placé en centre de rétention administrative le 24 septembre 2019 dans le cadre de l'exécution de ce dernier arrêté. Si le requérant déclare vivre en couple avec une ressortissante française, avec qui il a eu deux enfants, nés le 11 juillet 2018 et le 18 janvier 2022 et un enfant à naître qu'il a reconnu par anticipation, il ne justifie pas d'une communauté de vie avec la mère de ses enfants, laquelle déclare seulement, dans une attestation du 6 mai 2024, l'héberger à titre gratuit. De même, les pièces produites, consistant en trois versements de somme d'argent durant son incarcération et deux attestations de la mère de ses enfants et de son beau-frère ne suffisent pas à établir qu'il contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. L'intéressé se prévaut également de la présence en France de son frère titulaire d'une carte de résident de dix ans et qui réside au Havre. Toutefois, sa présence sur le territoire national ne suffit pas, en soi, à lui ouvrir un droit au séjour. En tout état de cause, il ne justifie pas entretenir des liens avec ce dernier alors même qu'il serait le témoin de son futur mariage avec Mme B. Dans ces conditions, M. A ne démontre pas avoir tissé en France des liens privés et familiaux particulièrement stables. En outre, comme il a été dit plus haut, M. A alors qu'il avait déjà fait l'objet d'une première condamnation à deux ans d'emprisonnement a persisté, jusqu'à une période récente à la date de la décision contestée, dans un comportement délictueux qui caractérise une menace pour l'ordre public et qui dénote, en outre, l'échec de son insertion dans la société française. Dans ces conditions, en dépit de la durée de la présence en France de M. A, le préfet de la Haute-Vienne n'a pas, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, porté au respect dû à la protection de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a pris sa décision, ni méconnu les stipulations conventionnelles ou les dispositions légales précitées.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435 ". Le préfet n'est tenu, en application des articles L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions permettant d'obtenir de plein droit un titre de séjour, et non de tous les étrangers qui sollicitent un tel titre. Ainsi, dès lors que le requérant n'est pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un des titres de séjour qui sont énumérés par ces dispositions, le préfet de la Haute-Vienne n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Le moyen tiré du vice de procédure doit par suite être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
10. Si pour contester la décision en litige M. A fait valoir que cette dernière porte une atteinte grave à l'intérêt supérieur de ses enfants dès lors qu'il contribue effectivement à leur entretien et leur éducation, le moyen tiré des stipulations précitées ne peut qu'être écarté pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 5 du présent jugement.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la décision de refus de séjour doivent en tout état de cause être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français :
12. En premier lieu, les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de séjour étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale des décisions attaquées, en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour, doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ().
14. Il résulte de l'arrêté attaqué que, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. A, le préfet de la Haute-Vienne s'est fondé sur les dispositions précitées du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement, la présence du requérant sur le territoire français doit être regardée comme constituant une menace pour l'ordre public. Par suites, les conclusions dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français sans délai doivent en tout état de cause être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français :
15. En premier lieu, les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision attaquée, en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; () Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ".
17. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que, pour décider de prolonger l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. A, le préfet de la Haute-Vienne, après avoir cité les dispositions de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a indiqué qu'il se maintient irrégulièrement sur le territoire français, que sa nouvelle demande de titre de séjour est rejetée, et précisé que son comportement représentait une menace pour l'ordre public. Il en résulte que l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui constituent le fondement de la décision portant prolongation de l'interdiction de retour.
18. En troisième lieu, si M. A soutient que l'arrêté en litige est disproportionné, il se borne à soutenir résider en France depuis 2016 et depuis 2020 avec une ressortissante française sans toutefois l'établir. En outre, l'intéressé condamné à deux reprises à deux ans d'emprisonnement puis à deux mois, n'établit pas être dépourvu de tous liens personnels et familiaux dans son pays d'origine, où il a vécu la majorité de sa vie. Par suite, le moyen tiré de ce que la prolongation d'une année de l'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée doit être écarté.
19. En dernier lieu, la circonstance que l'arrêté attaqué mentionne deux durées différentes de l'interdiction de retour, l'une de trois ans et l'autre d'une année, est sans incidence sur la légalité de la décision de prolongation. Dès lors le moyen tiré de l'erreur de fait et de droit au regard de cette incohérence relative à la durée de l'interdiction sera écarté.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
21. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision d'obligation de quitter le territoire français étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision attaquée, en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées ainsi que celles formulées au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. A est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Chambellant, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
D. ARTUS
La greffière,
M. GUICHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef,
La Greffière,
M. GUICHON
lg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026