mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400859 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AVOC'ARENES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mai 2024, M. B A, représenté par Me Toulouse, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'organiser sans délai son extraction en vue de son audience devant le tribunal administratif de Limoges le 21 mai 2024 à 15h00 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Me Toulouse en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie puisque son audience doit avoir lieu dans 48h00 et que la décision de refus du préfet de la Corrèze le prive de la possibilité de rencontrer son avocat et son juge ;
- la décision de refus d'extraction le prive de la possibilité de se présenter à son audience devant le tribunal administratif, mais également de pouvoir rencontrer son avocat et d'échanger avec lui pour préparer sa défense ; la liberté d'aller et venir, son droit d'exercer un recours effectif devant un juge et son droit d'assurer de manière effective sa défense devant le juge sont donc en jeu ;
- le refus d'extraction du préfet est premièrement manifestement et gravement illégal au regard des dispositions de l'article L. 614-14, L. 614-15 et L. 614-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'il le prive de son droit de comparaître devant la juridiction amenée à juger son recours ;
- cette décision est gravement contraire aux droits de la défense garantis à l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car il n'a jamais pu rencontrer son avocat, qui pourtant a déposé une demande de permis de communiquer très en amont de l'audience du 23 avril 2024, à laquelle il n'a pas été apporté de réponse par l'établissement pénitentiaire, l'empêchant de rencontrer confidentiellement son avocat ; elle méconnaît également l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales garantissant le droit à un recours effectif ; en outre, la préfecture a prévenu la juridiction tardivement de sa date de fin de peine au 24 mai 2024, ce qui a conduit à ce que l'audience soit fixée à la date du 21 mai 2024, si bien qu'il n'a plus eu la moindre possibilité de pouvoir assurer la préparation effective de sa défense ; cette violation de ses droits est d'autant plus grave qu'il est entré en France à l'âge de 3 ans et y vit depuis 25 ans et que l'arrêté est fondé sur la circonstance qu'il constituerait une menace à l'ordre public ; il est donc essentiel, pour l'effectivité de son droit au recours, qu'il puisse comparaître et s'expliquer sur son passé pénal et carcéral ; par ailleurs, il justifie s'être vu délivrer une carte d'électeur et avoir pris attache avec la mairie de Limoges pour la délivrance d'une carte nationale d'identité française, si bien qu'il pourrait avoir la nationalité française.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gaullier-Chatagner, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est incarcéré au centre de détention d'Uzerche. Il a fait l'objet d'un arrêté du 29 mars 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. M. A a contesté cet arrêté devant le tribunal administratif de Limoges. Par un avis de renvoi faisant suite à l'information concernant la libération prévisionnelle de M. A le 24 mai 2024, celui-ci a été informé de ce que sa requête dirigée contre l'arrêté du 29 mars 2024, anciennement inscrite au rôle de l'audience du 11 juin 2024, était désormais inscrite à l'audience du 21 mai 2024 à 15h00. Par un courrier du 17 mai 2024, M. A a sollicité son extraction afin de pouvoir être présent à l'audience du 21 mai 2024. Par une décision du même jour fondée sur l'article D. 215-27 du code pénitentiaire, le préfet de la Corrèze a rejeté sa demande au motif que le délai entre la date de notification de la mesure d'éloignement au litige et la date d'audience contentieuse, même avancée, avait été suffisant pour lui permettre de préparer normalement sa défense. M. A demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de la Corrèze d'organiser sans délai son extraction en vue de son audience du 21 mai 2024 à 15h00 au tribunal administratif de Limoges.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
4. D'une part, aux termes de l'article D. 215-27 du code pénitentiaire : " Le préfet apprécie si l'extraction des personnes détenues appelées à comparaître devant des juridictions ou des organismes d'ordre administratif est indispensable. / Dans l'affirmative, il requiert l'extraction par les services de police ou de gendarmerie selon la distinction de l'article D. 215-26 ". Aux termes de l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En cas de détention de l'étranger, celui-ci est informé dans une langue qu'il comprend, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qu'il peut, avant même l'introduction de sa requête, demander au président du tribunal administratif l'assistance d'un interprète ainsi que d'un conseil ". Aux termes de l'article L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les dispositions des articles L. 614-4 à L. 614-6 sont applicables à l'étranger détenu. / Toutefois, lorsqu'il apparaît, en cours d'instance, que l'étranger détenu est susceptible d'être libéré avant que le juge statue, l'autorité administrative en informe le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné. Il est alors statué sur le recours dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français selon la procédure prévue aux articles L. 614-9 à L. 614-11 et dans un délai de huit jours à compter de l'information du tribunal par l'autorité administrative ". Aux termes de l'article L. 614-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin peut se transporter au siège de la juridiction judiciaire la plus proche du lieu où se trouve l'étranger si celui-ci est placé ou maintenu en rétention (). L'audience est publique. Elle se déroule sans conclusions du rapporteur public, en présence de l'intéressé, sauf si celui-ci, dûment convoqué, ne se présente pas. L'étranger est assisté de son conseil s'il en a un () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle () 3. Tout accusé a droit notamment à : () b. disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense ; () c. se défendre lui-même ou avoir l'assistance d'un défenseur de son choix () ". Aux termes de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles ".
6. M. A souhaite bénéficier d'une extraction en vue d'être présent à l'audience du 21 mai 2024 dans les locaux du tribunal administratif de Limoges. Toutefois, de première part, il résulte de la combinaison des dispositions citées au point 4 que l'administration n'est pas tenue de faire droit à une demande d'extraction d'une personne détenue afin qu'elle soit présente à une audience devant le tribunal administratif, et qu'elle doit apprécier si cette extraction est indispensable en tenant compte, en particulier, du respect effectif des droits de la défense de l'intéressé. Au cas présent, le requérant est représenté dans le cadre de cette instance par un avocat avec lequel la requête indique que M. A a pu établir un contact téléphonique, et il ne produit, ni ne fait état, d'aucun élément sérieux de nature à établir que sa présence physique dans la salle d'audience du tribunal serait indispensable à l'examen de sa requête dirigée contre l'arrêté du 29 mars 2024 dont il a fait l'objet, portant notamment obligation de quitter le territoire, le requérant se bornant à soutenir qu'il vit en France depuis vingt-cinq ans et que la mesure dont il demande l'annulation est motivée par la circonstance qu'il constituerait une menace à l'ordre public. De seconde part, si le requérant soutient qu'il n'a pas eu la possibilité de préparer de manière effective sa défense et n'a jamais pu rencontrer son avocat, il ne démontre pas que son extraction serait la seule possibilité de rencontrer son conseil ou de lui transmettre les éléments nécessaires à la défense de ses intérêts en se bornant à indiquer que ce dernier a déposé une demande de permis de communiquer le 23 avril 2024 à laquelle il n'a pas été apporté de réponse par l'établissement pénitentiaire. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que le refus d'extraction opposé le 17 mai 2024 au requérant par le préfet de la Corrèze aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales dont il se prévaut, en particulier aux droits de la défense comprenant la possibilité d'assurer de manière effective sa défense devant le juge, à son droit d'exercer un recours effectif devant le juge, pas plus qu'à sa liberté d'aller et venir. Dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, y compris sa demande tendant au versement d'une somme d'argent en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Toulouse.
Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Corrèze.
Limoges, le 21 mai 2024.
Le juge des référés,
N. GAULLIER-CHATAGNER
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026