jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400890 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ROUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mai 2024 à 22h24 et des pièces remises à l'audience, M. D E, représenté par Me Roux, demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 23 mai 2024 par lesquels le préfet de l'Indre, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours sur la commune de Châteauroux.
Il soutient que :
- il est venu en France de façon irrégulière ;
- il a pour objectif de trouver un emploi ;
- il est venu rendre visite à son frère l'an dernier ;
- il ne s'est jamais fait remarquer depuis qu'il est entré en France.
Le préfet de l'Indre n'a pas produit de mémoire en défense à l'instance.
M. E a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 28 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1716 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Limoges a désigné M. Martha, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-15 et R. 777-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha ;
- les observations de Me Roux qui a soulevé et développé les moyens suivants :
' Quant aux décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, interdiction de retour sur le territoire français et fixation du pays de renvoi :
- l'arrêté afférent est entaché d'un vice d'incompétence ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle, sa date et son lieu de naissance n'apparaissant pas sur cet acte, le PV de son interpellation n'ayant pas été produit par le préfet et sa situation personnelle et familiale, constituée par la présence en France d'un frère de nationalité française, de sa grand-mère, d'un oncle et d'une tante, n'ayant pas été mentionnée ;
- la mesure portant obligation de quitter le territoire français méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
' Quant à la décision portant assignation à résidence :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;
- elle est entachée d'un vice d'incompétence.
Me Roux a également sollicité à l'audience le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire pour le compte de M. E.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant marocain, M. E est entré en France en 2023 depuis l'Espagne. Le 23 mai 2024, il a été interpellé lors d'un contrôle diligenté par le Codaf dans un salon de coiffure de Châteauroux et n'a pas été en mesure de présenter un document d'identité ni un document de séjour en cours de validité. Dans les suites de cette interpellation, le préfet de l'Indre a pris à son encontre, le même jour, un premier arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et un second arrêté l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. E demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. M. E a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 28 mai 2024 sur laquelle il n'a pas été statué à la date du présent jugement. Il y a lieu, en application des dispositions mentionnées au point 2, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les autres conclusions :
En ce qui concerne les deux arrêtés contestés pris dans leur ensemble :
4. Par un arrêté n° 36-2024-04-29-00001 du 29 avril 2024 du préfet de l'Indre, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 36-2024-063 du même jour, et accessible sur Internet, Mme B A, signataire de l'acte attaqué et secrétaire générale de la préfecture de l'Indre, a reçu délégation pour signer toutes décisions hors celles expressément énumérées dans ledit arrêté parmi lesquelles ne figurent pas les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués, pris dans leur ensemble, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. De première part, la décision contestée fait état de façon suffisamment développée de la situation administrative de l'intéressé, des conditions de son entrée en France et de son interpellation et de sa situation personnelle et familiale, en retenant notamment sur ce dernier point, qu'il est célibataire et sans charge de famille sur le territoire national. A cet égard, les seules circonstances que la date et le lieu de naissance de l'intéressé ne soit pas mentionnés dans la décision contestée, que les PV d'audition ne soient pas produits en défense, alors que l'intéressé n'a pas contesté, ni dans ses écritures ni à l'audience, qu'il avait bien été interpelé en personne le 23 mai 2024 par la police lors d'un contrôle dans un salon de coiffure de Châteauroux, que le préfet n'a pas fait état de la présence en France de certains membres de sa famille, comme son frère de nationalité française, sa grand-mère, un oncle et une tante, ne révèlent pas que la décision contestée souffrirait d'un défaut d'examen approfondi.
6. De seconde part, l'intéressé, célibataire et sans enfants, est entré récemment en France ainsi qu'il découle de ce qui a été dit au point 1. S'il se prévaut de la présence en France des membres de sa famille mentionnés au point précédent et de son travail au sein d'un salon de coiffure depuis janvier 2024 ainsi qu'en attestent les bulletins de salaire produits à l'audience, ces seuls éléments, alors que l'intéressé ne conteste pas avoir travaillé sans autorisation de travail et s'être maintenu en situation irrégulière, ne permettent pas de le faire regarder comme ayant fixé le centre de ses intérêts personnels et familiaux en France, l'intéressant ne justifiant ni même n'alléguant être dépourvu de toutes d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine. Par suite, en prononçant la mesure d'éloignement contestée, le préfet de l'Indre n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé tel qu'il est garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
7. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision l'assignant à résidence serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et au préfet de l'Indre.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024 à 10h00
Le magistrat désigné,
F. MARTHALa greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La greffière en Chef,
La Greffière,
M. C
No 2400890
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026