vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400916 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024, Mme B C, représentée par Me Maret, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi
Mme C soutient que :
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
- elle a été prise en violation du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du préambule de la constitution du 27 octobre 1946 et de l'article 23 du pacte international relatif aux droits civiques et politiques du 19 décembre 1966 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024, M. D C, représenté par Me Maret, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi
M. C soutient que :
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
- elle a été prise en violation du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du préambule de la constitution du 27 octobre 1946 et de l'article 23 du pacte international relatif aux droits civiques et politiques du 19 décembre 1966 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 juin 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de ces deux requêtes comme non fondées.
M. et Mme C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.
La clôture de l'instruction a été fixée au 18 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martha a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C, époux de nationalité algérienne, déclarent être entrés irrégulièrement en France le 15 octobre 2022. M. C a sollicité son admission au séjour pour raison de santé le 12 mai 2023 tandis que son épouse sollicitait le même jour, un certificat de résidence en raison de sa vie privée et familiale en France. Par des arrêtés du 16 avril 2024, dont les intéressés demandent l'annulation chacun pour ce qui les concerne, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de leur délivrer les titres de séjour demandés, les a obligés à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées, qui concernent un couple de ressortissants algériens, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.
Sur les arrêtés pris dans leur ensemble :
3. En premier lieu, M. Laurent Monbrun, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Vienne et signataire des arrêtés en litige, bénéficie, à compter du 26 février 2024, d'une délégation de signature du préfet de la Haute-Vienne en date du 14 février 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 87-20287-2024-029 du 15 février 2024, à l'effet notamment de signer " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés du 16 avril 2024 manque en fait et doit être écarté.
4. En second lieu, les arrêtés en litige visent les textes dont ils font application, notamment les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien et des articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme. Ces arrêtés font également état d'éléments de faits propres à la situation des requérants concernant notamment leur entrée irrégulière sur le territoire national, leurs liens privés et familiaux en France et dans leur pays d'origine, l'avis du collège médical de l'Ofii concernant M. C. En outre, contrairement à ce qui est soutenu et nonobstant le fait que le préfet ait visé à tort cette disposition, ce dernier n'avait pas à motiver les refus en litige sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne sont pas applicables aux ressortissants algériens. Il en résulte que les arrêtés contestés énoncent de manière suffisamment précise les considérations de faits et de droit sur lesquelles ils se fondent. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de leur motivation doit être écarté.
Sur les refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : [] / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ; () ". Selon les dispositions de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux ressortissants algériens en l'absence de stipulations particulières de l'accord franco-algérien relatives à l'instruction d'une demande de titre de séjour pour raisons de santé : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical ".
6. Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. C en raison de son état de santé, le préfet de la Haute-Vienne a estimé, au regard de l'avis du collège de médecins de l'Ofii du 15 septembre 2023, que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut bénéficier effectivement en Algérie d'un traitement approprié.
7. Pour contester cette appréciation, le requérant, qui est atteint d'une gonarthose tri- compartimentale gauche " avec genou raide et douloureux [et] absence de mobilité " ainsi que l'atteste le certificat médical du 23 février 2024, se borne à indiquer que " les services de soins en Algérie n'ont pas détecté sa pathologie au genou () et que la prise en charge est impossible en Algérie ", le centre hospitalier universitaire de Limoges étant le seul établissement à permettre le traitement de sa pathologie. Par les seules pièces produites, M. C ne justifie pas qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié en Algérie pour la gonarthose, dont il a été opéré au CHU de Limoges le 23 février 2024. Il ne remet ainsi pas en cause l'appréciation portée par le préfet sur la base de l'avis du collège médical de l'Ofii précédemment mentionné de sorte qu'il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les stipulations citées au point 5.
8. En second lieu, les requérants sont entrés récemment en France ainsi qu'indiqué au point 1. S'ils se prévalent de la présence en France de leurs trois enfants en bas âge, rien ne fait obstacle à ce que ces derniers les accompagnent en Algérie, pays dans lequel la famille a vocation à se reconstituer et dans lequel les enfants du couple actuellement scolarisés pourront poursuivre leur scolarité. Dans ces conditions, et alors que les requérants ne justifient pas ne plus disposer d'attaches personnelles et familiales dans leur pays d'origine, le préfet de la Haute- Vienne n'a pas méconnu leur droit au respect d'une vie privée et familiale normale tel qu'il est garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale, le préambule de la constitution du 27 octobre 1946 et l'article 23 du pacte international relatif aux droits civiques et politiques du 19 décembre 1966. Par suite, le moyen tenant à la méconnaissance de ces dispositions et stipulations doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tenant à ce que les décisions contestées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur la situation personnelle des demandeurs doit également être écarté.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, eu égard à ce qui a été indiqué précédemment, le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français opposées aux requérants seraient dépourvues de base légale en raison de l'illégalité des refus de séjour sur lesquels elles se fondent doit être écarté.
10. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 8, M. et Mme C ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant obligation de quitter le territoire porteraient une atteinte disproportionnée au respect de leur droit à mener une vie privée et familiale normale. Le moyen doit, par suite, être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés qu'ils contestent. Par suite, leurs requêtes doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à M. D C et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Crosnier, premier conseiller,
- M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière,
M. A
Nos 2400916,2400917
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026