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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2401002

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401002

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401002
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTIERNEY-HANCOCK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juin 2004, M. D B, représenté par Me Tierney-Hancock, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 30 avril 2024 par laquelle le directeur général adjoint de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a rejeté son recours administratif préalable tendant à obtenir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil (CMA), ensemble la décision du 31 janvier 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Ofii lui a refusé le bénéfice des CMA, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à l'Ofii de réexaminer sa décision.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que le refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil le prive de toutes ressources ; il n'a aucun moyen de se loger, de se nourrir, de se vêtir convenablement et de subvenir aux besoins d'hygiène élémentaire ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

' il n'est pas démontré la compétence du signataire de l'acte ;

' elle est entachée d'un défaut de motivation en fait et en droit ;

' il n'est pas pris en compte la situation de vulnérabilité de M. B.

Par un mémoire enregistré le 27 juin 2024 à 10h, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête aux motifs que :

- la requête est irrecevable ;

- l'urgence n'est pas caractérisée ;

- aucun moyen n'apparait propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 juin 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 7 juin 2024 sous le n° 2401003 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant guinéen, né en 1994, déclare être entré en France en octobre 2023. Par une décision du 31 janvier 2024 le directeur territorial de l'Ofii lui a opposé un refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, par un courrier du même jour le requérant a formé un recours administratif préalable à l'encontre de cette décision. Par une décision du 30 avril 2024 le directeur adjoint général de l'Ofii a rejeté ce recours. M. B, qui a formé un recours tendant à l'annulation de cette décision, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de son exécution dans l'attente qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. Aux termes de l'article L 551-15 du code de l'entrée et du séjour des demandeurs d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27 (). " et de son article L. 531-27 : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants : () / 3° sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France (). ".

4. Il résulte de l'instruction que le refus par l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'accorder les conditions matérielles d'accueil à M. B est fondé sur le fait qu'il n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France, motif prévu au 4° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

5. En l'état de l'instruction et eu égard au motif de la décision tiré de ce qu'il n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France prévu à l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les moyens soulevés par le requérant, âgé de 30 ans et en bonne santé, entré récemment sur le territoire français, où il a pu subvenir notamment à ses besoins élémentaires, tels que visés dans la présente ordonnance, n'apparaissent manifestement pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision par laquelle le directeur territorial de l'Ofii a rejeté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de M. B doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonctions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B, à Me Tierney-Hancock et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

Le juge des référés,

D. A

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour La Greffière en Chef,

La Greffière

M. C

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