mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AVOC'ARENES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juin 2024, M. A B, représenté par Me Toulouse, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident algérien " vie privée et familiale " d'une durée d'un an dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder à un réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai, et, dans les deux cas, de lui délivrer immédiatement une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ce dernier ayant renoncé à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle méconnaît le 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité du refus de séjour sur lequel elle se fonde.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et du refus de séjour sur lesquelles elle se fonde.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 500 euros.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Christophe,
- et les observations de Me Toulouse, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né en 1998, est entré régulièrement en France le 13 novembre 2015, à l'âge de 17 ans. Le 17 novembre 2023, il a sollicité la délivrance d'une carte de résident algérien en raison de ses liens personnels et familiaux. Par un arrêté du 3 avril 2024 dont il demande l'annulation, le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, M. C D, sous-préfet, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Vienne et signataire de la décision attaquée, bénéficie d'une délégation de signature du préfet de la Haute-Vienne en date du 14 février 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 87-2024-029 du 15 février 2024, à l'effet de signer " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 3 avril 2024 ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Haute-Vienne n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation. La circonstance, qui est sans influence sur l'appréciation qui a été portée en l'espèce par le préfet sur la situation de M. B, que l'arrêté attaqué n'indique pas la présence de ses oncles, dont le requérant n'établit ni l'existence ni la présence régulière en France et au surplus a omis de les signaler dans sa demande de titre de séjour déposée le 16 novembre 2023, ni ne décrit l'âge de ses deux frères et leur situation familiale, n'est pas de nature à révéler qu'un examen suffisamment sérieux de sa situation n'aurait pas été réalisé.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que si M. B, célibataire et sans enfant, entré en France en 2015 à l'âge de 17 ans, soutient que sa présence sur place est stable et continue, toutefois il s'y maintient en situation irrégulière depuis un premier arrêté du 7 décembre 2017 par lequel le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé le séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Un second arrêté du préfet de la Haute-Vienne du 14 novembre 2019 portant également refus de séjour et obligation de quitter le territoire français a été pris à son encontre et confirmé par le tribunal administratif de Limoges le 16 avril 2020. S'il se prévaut de la présence régulière sur le territoire français de plusieurs membres de sa famille, notamment de sa mère et de ses deux frères, il est constant qu'avant son entrée en France, M. B a vécu éloigné d'eux pendant plusieurs années, sans qu'il ne justifie avoir entretenu avec ces derniers des liens intenses et stables durant cette période. L'intéressé ne démontre pas non plus, par les seules pièces qu'il produit, avoir noué de tels liens avec eux depuis qu'il est entré sur le territoire français. En outre, en se bornant, d'une part, à faire valoir qu'il est bénévole auprès des restos du cœur et parle couramment le français, d'autre part, à produire son certificat d'aptitude professionnelle " maintenance des véhicule option B véhicules de transport routier " obtenu en 2019 sans aucune expérience professionnelle dans ce domaine, le requérant ne peut être regardé comme justifiant d'une intégration notable en France. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Haute-Vienne n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. Compte tenu de ce qui précède, l'unique moyen tiré, par voie d'exception, de ce que la décision faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité du refus de séjour sur lequel elle se fonde doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
6. Compte tenu de ce qui précède, l'unique moyen tiré, par voie d'exception, de ce que la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de séjour sur lesquelles elle se fonde doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 3 avril 2024 du préfet de la Haute-Vienne et, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Ces dispositions font obstacle, d'une part, à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens et, d'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de M. B la somme que le préfet demande au titre des frais exposés par l'Etat et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2:Les conclusions présentées par le préfet de la Haute-Vienne sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Toulouse et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024 où siégeaient :
- M. Revel, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Chambellant, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
F-J. REVEL
La greffière,
M. DUCOURTIOUX
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef,
La Greffière,
M. DUCOURTIOUX
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026