lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401193 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JUGE UNIQUE D JOSSERAND-JAILLET |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2024 sous le n° 2401193, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 juin 2024 en tant que par celui-ci le préfet de la Corrèze l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour en France pendant un an.
Il soutient que le recours qu'il a déposé devant la Cour nationale du droit d'asile contre le rejet de sa demande d'asile fait obstacle à la mesure d'éloignement.
II. Par une requête sommaire, enregistrée le 15 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Coulaud, demande au tribunal de prendre acte de sa demande d'annulation de l'arrêté du 17 juin 2024 en tant que par celui-ci le préfet de la Corrèze l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour en France pendant un an et de lui donner acte de son engagement de produire un mémoire complémentaire assorti des moyens qu'il entend développer au soutien de cette requête dans un délai de quinze jours à compter de l'enregistrement de cette dernière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B a été invité à régulariser la requête susvisée n° 2401193 par un courrier du greffe en date du 4 juillet 2024.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 13 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1 et R. 776-13-1 à R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant turc né le 2 mars 1998 à Bulanik, est, selon ses déclarations, entré irrégulièrement le 1er septembre 2020 en France où il a demandé l'asile le 12 janvier 2023. Sa demande a été rejetée le 14 avril 2023 par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), notifiée le 28 avril 2023 et confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 28 août 2023. Il a présenté le 26 février 2024 une demande de réexamen, qui a été rejetée comme irrecevable par l'Ofpra par une décision du 4 mars 2024, notifiée le 7 mars suivant. Par un arrêté du 17 juin 2024, le préfet de la Corrèze a abrogé son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français en lui fixant un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour en France pendant un an. M. B, par une première requête enregistrée sous le n° 2401193 le 4 juillet 2024 puis une seconde requête sommaire avec annonce d'un mémoire ampliatif sous quinze jours enregistrée le 15 juillet 2024, demande l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français et de l'interdiction de retour sur le territoire français.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées de M. B mettent en cause les mêmes parties, tendent à l'annulation d'une même décision, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête n° 2401278 :
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté en date du 11 septembre 2023 du préfet de la Corrèze, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 19-2023-111 du 11 septembre 2023, M. Tarrega, secrétaire général de la préfecture de la Corrèze, et signataire de l'arrêté en litige, a reçu délégation pour signer notamment " tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers () ", tels par suite que les décisions contenues dans l'arrêté en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 17 juin 2024 manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 542-2 dudit code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin :/ 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32 ; / b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article ; /c) une décision de rejet ou d'irrecevabilité dans les conditions prévues à l'article L. 753-5 ; () / 2° Lorsque le demandeur :() b) a introduit une première demande de réexamen, qui a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité par l'office en application du 3° de l'article L. 531-32, uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement ; () Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. " L'article L. 542-3 de ce code dispose : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé () ".
5. Il résulte de ce qui précède que, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français peut être prise si l'étranger ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit, notamment, lorsque, nonobstant la circonstance que la Cour nationale du droit d'asile ait été saisie, à compter de la date de notification de la décision par laquelle l'Ofpra rejette la demande de réexamen comme irrecevable dans les cas prévus par les dispositions précitées. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment du relevé " TelemOfpra " produit par l'administration en défense que la décision par laquelle l'Ofpra a rejeté la demande de réexamen de sa première demande d'asile, elle-même rejetée définitivement le 28 août 2023, lui a été notifiée le 7 mars 2024. M. B ne disposait dès lors plus, à compter de cette date, et nonobstant la rédaction maladroite de la décision en litige quant au caractère définitif de ce second rejet, du droit de se maintenir sur le territoire français et c'est à bon droit que le préfet a abrogé son attestation de demande d'asile en application des dispositions précitées de l'article L. 542-1. Dès lors, en tout état de cause, à supposer le moyen invoqué en ces termes, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il disposait de l'un des documents mentionnés au 3° de l'article L. 611-1. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il justifiait encore d'un droit au maintien sur le territoire en qualité de demandeur d'asile à la date de l'obligation de quitter le territoire en litige, à laquelle s'apprécie sa légalité, et par suite nonobstant la circonstance qu'il a saisi la Cour nationale du droit d'asile d'un recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 4 mars 2024.
6. Enfin, le conseil de M. B n'a produit, à la clôture de l'instruction prononcée à l'issue de l'audience publique, aucun élément et notamment pas le mémoire ampliatif annoncé sous quinzaine dans la requête n° 2401278 enregistrée le 15 juillet 2024. Dès lors, et en tout état de cause, nonobstant les effets de la jonction qui vient d'être prononcée, cette requête ne peut qu'être regardée comme dépourvue de tout moyen susceptible de permettre d'en apprécier la portée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Corrèze.
Copie pour information en sera adressé à Me Coulaud.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
D. D
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
Le Greffier
M. C
Nos 2401193,2401278
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026