mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401204 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GAFFET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2024, M. A B représenté par Me Gaffet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a abrogé le récépissé délivré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Il soutient que :
- l'arrêté du 23 mai 2024 a été signé par une autorité incompétente ;
- l'avis de la commission départementale du titre de séjour est insuffisamment motivé ;
- le préfet de la Haute-Vienne n'a pas pris en compte son état de santé, alors qu'il ne disposerait pas d'un accès effectif aux soins que nécessite son état dans son pays d'origine et qu'ainsi le refus de séjour entraîne ainsi pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;
- l'arrêté du 23 mai 2024 porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mis à la charge du requérant la somme de 750 euros au titre de l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gazeyeff a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant Ghanéen né le 22 août 1987 à Accra (Ghana), déclare être entré irrégulièrement en France au cours de l'année 2010. Le 17 septembre 2021 M. B a sollicité la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " salarié " et en qualité d'étranger malade. Par un arrêté du 10 août 2023, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi. Par un jugement n° 2301476 du 23 novembre 2023, le tribunal administratif de Limoges a annulé l'arrêté précité et a enjoint au préfet de la Haute-Vienne de saisir la commission du titre de séjour et de réexaminer la situation de M. B dans un délai de quatre mois. Par un arrêté daté du 23 mai 2024, le préfet de la Haute-Vienne, qui était de nouveau saisi de la demande M. B, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter de territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :
2. Aux termes de l'article aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. (). ". Aux termes de l'article L. 425-9 du même code : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que des écritures du préfet en défense que M. B a présenté une demande le 17 septembre 2021, fondée à titre principal, sur les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en sollicitant sa régularisation au titre du travail, et, à titre subsidiaire, en raison de son état de santé. Or, l'arrêté en litige ne vise ni ne mentionne ni ne cite les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne fait état d'aucun élément relatif à l'état de santé du requérant, contrairement d'ailleurs à l'arrêté du 10 août 2023 par lequel le préfet de la Haute-Vienne s'est prononcé une première fois sur la demande de M. B. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle et à demander l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de renvoi et abrogeant le récépissé délivré.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. Eu égard aux motifs qui en constituent le fondement, le présent jugement implique que le préfet de la Haute-Vienne réexamine la situation de M. B. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de procéder à un tel réexamen dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative présentées par le préfet de la Haute-Vienne :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce qu'une somme d'argent soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 23 mai 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a abrogé le récépissé délivré est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Vienne de réexaminer la situation de M. B dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Les conclusions du préfet de la Haute-Vienne tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Gaffet et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024 où siégeaient :
- M. Revel, président,
- M. Boschet, premier conseiller,
- M. Gazeyeff conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le rapporteur,
D. GAZEYEFF
Le président,
FJ. REVEL
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef,
La Greffière,
M. C
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026