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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2401259

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401259

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401259
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantROUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, Mme D A, représentée par Me Roux, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour et de travail, ou de prendre une nouvelle décision, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- cette décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière à défaut d'avis préalable de la commission du titre de séjour ;

- cette décision méconnaît les articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet de la Haute-Vienne n'a pas exercer son pouvoir général de régularisation ;

- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- cette décision méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision méconnaît le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Sur l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi :

- ces décisions sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée et demande qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros à verser à l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Boschet a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissante bangladaise née le 18 mars 1988, Mme A déclare être entrée en France en 2016, de manière irrégulière. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 31 janvier 2017 du directeur général de l'OFPRA, confirmée par la CNDA le 20 octobre 2017. Par des arrêtés des 8 décembre 2017 et 18 mai 2021, le préfet de la Haute-Vienne l'a obligée à quitter le territoire français. Le 16 décembre 2023, elle a demandé la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 24 mai 2024, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de faire droit à cette demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article L. 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9 () se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. () / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge médicale, mentionnées au 11° de l'article L. 313-11 du CESEDA, sont appréciées sur la base des trois critères suivants : degré de gravité (mise en cause du pronostic vital de l'intéressé ou détérioration d'une de ses fonctions importantes), probabilité et délai présumé de survenance de ces conséquences. / Cette condition des conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge doit être regardée comme remplie chaque fois que l'état de santé de l'étranger concerné présente, en l'absence de la prise en charge médicale que son état de santé requiert, une probabilité élevée à un horizon temporel qui ne saurait être trop éloigné de mise en jeu du pronostic vital, d'une atteinte à son intégrité physique ou d'une altération significative d'une fonction importante. / Lorsque les conséquences d'une exceptionnelle gravité ne sont susceptibles de ne survenir qu'à moyen terme avec une probabilité élevée (pathologies chroniques évolutives), l'exceptionnelle gravité est appréciée en examinant les conséquences sur l'état de santé de l'intéressé de l'interruption du traitement dont il bénéficie actuellement en France (rupture de la continuité des soins). Cette appréciation est effectuée en tenant compte des soins dont la personne peut bénéficier dans son pays d'origine ".

3. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Toutefois, en cas de doute, il lui appartient d'ordonner toute mesure d'instruction utile.

4. D'une part, pour refuser à Mme A la délivrance d'un titre de séjour en application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Haute-Vienne s'est fondé sur un avis du 28 février 2024 par lequel le collège des médecins de l'Ofii a estimé que la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si Mme A fait valoir dans ses écritures que le préfet de la Haute-Vienne a méconnu ces dispositions, elle n'apporte toutefois aucune précision ni aucune pièce susceptible de mettre le tribunal à même de connaître la nature et la gravité éventuelle de son état de santé. Ne remettant ainsi pas sérieusement en cause le sens de l'avis émis le 28 février 2024 par le collège de médecins de l'Ofii, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. D'autre part, pour refuser à Mme A la délivrance de l'autorisation provisoire de séjour qu'elle a demandé en application de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en qualité d'accompagnante de sa fille C, née le 26 juillet 2022, le préfet de la Haute-Vienne s'est fondé sur un avis du 19 mars 2024 par lequel le collège des médecins de l'Ofii a estimé que cette enfant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Les éléments produits par Mme A, en particulier les certificats médicaux établis par le docteur E, pédiatre au CHU de Limoges, et par le docteur G, médecin généraliste intervenant au centre d'action médico-sociale précoce (CAMSP) de Limoges, sont de nature à établir que C, née grande prématurée à 28 semaines d'aménorrhée et qui a bénéficié après sa naissance d'interventions chirurgicales dans le cadre d'une entérocolite ulcéro-nécrosante dont les suites ont été simples, présente des troubles de neurodéveloppement justifiant un suivi rapproché " au même titre que tous les autres nouveau-nés vulnérables de la région [du fait de sa grande prématurité] dans le cadre du réseau périnatalité Nouvelle-Aquitaine ", des investigations complémentaires ainsi qu'" une prise en charge rééducative en kinésithérapie, psychomotricité, orthophonie ". Cependant, ces seuls éléments ne permettent pas de considérer que, contrairement à ce qu'a estimé le collège de médecins de l'Ofii dans son avis du 19 mars 2024, un défaut de prise en charge médicale de cette enfant pourrait mettre en jeu son pronostic vital, son intégrité physique ou altérer de manière significative une fonction importante, et, ainsi, avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, et alors au surplus qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que C ne pourrait pas bénéficier d'une prise en charge adaptée au Bangladesh, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (). / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine () ".

7. Si Mme A réside en France depuis l'année 2016, il ressort cependant des pièces du dossier que sa demande d'asile a été définitivement rejetée par la CNDA le 20 octobre 2017, qu'elle n'a jamais été titulaire d'un titre de séjour et qu'elle a fait l'objet, les 8 décembre 2017 et 18 mai 2021, de deux précédentes mesures d'éloignement qu'elle n'a pas exécutées. Si elle se prévaut de sa relation avec M. B, il ressort des pièces du dossier que celui-ci est de nationalité bangladaise, qu'il a fait l'objet d'un arrêté du 26 septembre 2023 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français, et que, par un jugement n° 2301966 du 11 janvier 2024, le tribunal a rejeté la requête qu'il a formée à l'encontre de cet arrêté. S'agissant des troubles psychiques de M. B, le collège de médecins de l'OFII a estimé, par un avis du 3 mars 2022 qui n'est pas remis en cause par le seul certificat médical établi le 10 novembre 2023 par un psychiatre au centre hospitalier Esquirol à Limoges, que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner pour lui de conséquences d'une exceptionnelle gravité, et, en tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement adapté au Bangladesh. Pour ce qui concerne les deux enfants du couple, C née le 26 juillet 2022 et Mansura-Shibrah né le 21 mai 2024, ils sont très jeunes, et il n'est pas fait état d'obstacle à ce qu'ils commencent leur scolarité au Bangladesh, pays dont ils ont, comme leurs parents, la nationalité. S'agissant de C, et ainsi qu'il a été indiqué au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un défaut de prise en charge médicale pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité ou qu'elle ne pourrait pas bénéficier effectivement d'une prise en charge adaptée au Bangladesh. La cellule familiale peut donc se reconstituer dans ce pays, où la requérante a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, et alors par ailleurs que Mme A ne justifie pas d'une intégration notable en France, le préfet de la Haute-Vienne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en refusant de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Haute-Vienne a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, a méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a entaché sa décision d'illégalité en ne faisant pas usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

9. La décision litigieuse n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de Mme A de leurs deux parents, qu'ils ont vocation à suivre en cas de retour au Bangladesh. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces enfants, qui sont encore très jeunes, ne pourraient pas débuter leur scolarité dans ce pays, dont ils ont la nationalité. Par ailleurs, comme il a été dit au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé de C nécessité une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité ou qu'elle ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement adapté au Bangladesh. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423 1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ".

11. Il résulte des dispositions précitées que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues pour l'obtention d'un titre de séjour de plein droit en application des dispositions de ce code, auxquels il envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour, et non de celui de tous les étrangers qui sollicitent un tel titre. Dès lors que, comme cela a été dit précédemment, Mme A ne pouvait prétendre à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour, le préfet de la Haute-Vienne n'était, par suite, pas tenu de soumettre sa demande à la commission du titre de séjour. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure tenant à un défaut de saisine de cette commission doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi :

12. En premier lieu, il ne ressort ni des motifs de l'arrêté en litige ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Haute-Vienne n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de Mme A avant de prendre à son encontre une décision lui faisant obligation de quitter le territoire français et une décision fixant le pays de renvoi.

13. En second lieu, compte tenu de ce qui a été indiqué aux points 4 à 9, Mme A n'est pas fondée à soutenir que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 24 mai 2024 du préfet de la Haute-Vienne et, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

15. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet de la Haute-Vienne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Ce jugement sera notifié à Mme D A, au préfet de la Haute-Vienne et à Me Roux.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Revel, président,

M. Boschet, premier conseiller,

M. Christophe, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

Le rapporteur,

J.B. BOSCHET

Le président,

F.J. REVEL La greffière,

M. F

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

La Greffière

M. F

jb

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