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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2401269

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401269

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401269
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantDAURIAC - PAULIAT-DEFAYE BOUCHERLE-MAGNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Mons-Bariaud, doit être regardé comme demandant au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération du 16 mai 2024 par laquelle le conseil municipal de Varetz a approuvé le plan local d'urbanisme communal après retrait de la délibération du 1er février 2024 sur demande du préfet de la Corrèze ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Varetz une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est caractérisée en raison du contentieux en cours sur la délibération ayant été retirée ;

- le doute sérieux est caractérisé dès lors que les dispositions de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme ont été méconnues, que les conseillers municipaux n'ont pas reçu une information suffisante et que l'acte attaqué est entaché par un défaut de motivation en droit et en fait.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 12 juillet 2024, sous le n° 2401270, par laquelle M. A demande l'annulation de la délibération du conseil municipal de Varetz du 16 mai 2024.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 1er février 2024, le conseil municipal de la commune de Varetz a approuvé son plan local d'urbanisme. Dans le cadre de l'exercice de son contrôle de légalité, le préfet de la Corrèze, par un courrier du 30 mars 2024, a invité la commune de Varetz à procéder à plusieurs modifications " et à approuver le PLU ainsi modifié par une nouvelle délibération ". Par une délibération du 16 mai 2024, le conseil municipal de Varetz a retiré la délibération du 1er février 2024, a procédé aux modifications sollicitées et approuvé le plan local d'urbanisme ainsi modifié. Par la présente requête, M. A, propriétaire sur le territoire de la commune de Varetz de parcelles cadastrées section E n° 0087 et E n° 0049, demande la suspension de l'exécution de la délibération du 16 mai 2024.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " () lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

4. En l'espèce, M. A qui se borne à soutenir que " l'urgence est caractérisée dès lors qu'il existe de nombreux contentieux en cours sur la délibération " du 1er février 2024, ne fait état d'aucune circonstance particulière justifiant de l'urgence à suspendre l'exécution de la délibération du 16 mai 2024. Dans ces conditions, la condition d'urgence énoncée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

5. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si un des moyens invoqués est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Mons-Bariaud.

Limoges, le 15 juillet 2024.

Le juge des référés,

A. SLIMANI

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef,

A. BLANCHON

No 2401269

if

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