jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401452 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | KARAKUS-GURSAL HANIFE |
Vu la procédure suivante :
I- Sous le n° 2401452, par une requête enregistrée le 10 août 2024, Mme B, D représentée par Me Karakus, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mai 2024 par lequel la préfète de la Corrèze a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade, subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision contrevient à l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
II. Sous le n° 2401453, par une requête enregistrée le 10 août 2024, M. G C, représenté par Me Karakus, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mai 2024 par lequel le préfet de la Corrèze a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'enfant malade, subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision contrevient à l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 octobre 2024, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de ces deux requêtes comme non-fondées.
M. et Mme C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juillet 2024.
La clôture de l'instruction a été fixée au 12 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martha a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C, ressortissants de nationalité turque, sont entrés en France en 2019. Ils ont sollicité leur admission au séjour en raison de la maladie de leur fils ainé, A E. Par des arrêtés du 14 mai 2024, dont ils demandent l'annulation, le préfet de la Haute-Vienne a rejeté leurs demandes, a assorti ces refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur la jonction des requêtes :
2. Les requêtes susvisées concernent la situation d'un couple de ressortissants étrangers et présentent à juger des questions semblables. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les décisions de refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, par un avis du 27 septembre 2023, le collège médical de l'Ofii a conclu que l'état de santé du fils ainé des requérants nécessite une prise en charge dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. En se bornant à soutenir que leur enfant, âgé de 9 ans, nécessite en plus de son suivi pour son autisme, un suivi orthophonique, qu'il bénéficie d'un certain nombre de prises en charge par des professionnels spécialisés afin de l'aider à évoluer malgré sa maladie sans produire aucune pièce permettant d'en justifier, les requérants ne remettent pas en cause l'avis susmentionné sur lequel s'est notamment fondé le préfet pour rejeter leur demande. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 3 doit être écarté.
5. En deuxième lieu, les requérants ne justifiant pas que l'état de santé de leur enfant nécessiterait une prise en charge dont le défaut entraînerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour lui et alors que la cellule familiale a vocation à se reconstituer en Turquie, ils ne sont pas fondés à soutenir que les décisions qu'ils contestent méconnaitraient l'intérêt supérieur du jeune A E tel qu'il est garanti par l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
6. En dernier lieu, les seules circonstances que le couple réside en France depuis 5 ans, que Mme C s'exprimerait parfaitement en français et que M. C peut bénéficier d'un emploi soit auprès de l'association d' Ussel soit auprès d'autres structures qui seraient prêtes à l'embaucher, à les supposer même établies, ne sont pas de nature à considérer que le couple a fixé le centre de ses intérêts personnels et familiaux en France alors qu'ils ne justifient ni même n'allèguent être dépourvus de toutes attaches personnelles et familiales dans leur pays d'origine. Dès lors, les moyens tenant à la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences des décisions contestées doivent être écartés.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes présentées doivent être rejetées, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er: Les requêtes de M. et Mme C sont rejetées.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 10 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
La greffière,
M. F
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef
A. BLANCHON
Nos 2401452,2401453
jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026