vendredi 16 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401482 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | KARAKUS-GURSAL HANIFE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 août 2024, M. C A, représenté par Me Karakus, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de faire cesser l'atteinte grave et manifestement illégale portée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) à sa situation, consistant dans le refus de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Ofii de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, de lui rétablir le versement de l'ADA et de lui attribuer un logement, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- en raison de son absence totale de ressource et de logement, il se trouve contraint de vivre et dormir dans la rue ; il se trouve exposé à des conditions de vie inhumaines et dégradantes au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; l'absence de conditions matérielles d'accueil excède le seuil de gravité justifiant l'intervention du juge des référés ;
- les conditions matérielles d'accueil constituent un droit absolu pour tout demandeur d'asile et un refus ne peut être opposé que dans des cas particuliers ; après avoir été renvoyé en Espagne le 4 janvier 2022, il est revenu en France et a tenté à de nombreuses reprises de solliciter l'asile mais sa demande n'a jamais été enregistrée en raison du refus de la préfecture ; pour preuve, il a dû former une requête en référé-liberté ; il n'a pu présenter sa demande que le 19 juillet 2024 ; s'il y a dépassement de quatre-vingt-dix jours, cela n'est pas dû à un défaut de diligence mais à un empêchement ; de plus, la première date de dépôt de sa demande d'asile est le 8 juillet 2021, et il était bien entré en France le 20 juin 2021, soit dix-huit jours avant ; sa demande n'est pas une demande nouvelle mais la continuité de sa demande du 8 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gaullier-Chatagner, conseillère, pour exercer les fonctions de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () L'admission provisoire est accordée par la juridiction compétente ou son président ou par le président de la commission mentionnée à l'article L. 432-13 ou à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
2. M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas été statué à la date de la présente ordonnance. Il y a lieu, en application des dispositions mentionnées au point 1, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque, notamment, la condition d'urgence n'est pas remplie.
4. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence particulière qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.
5. En l'espèce, M. A, ressortissant guinéen né en 1990, fait valoir qu'il est actuellement privé de toutes ressources et de logement, et qu'il vit dans des conditions de grande précarité. Il résulte toutefois de la requête et des pièces du dossier que le requérant a sollicité l'asile une première fois le 8 juillet 2021, et qu'il a fait l'objet d'un arrêté portant transfert aux autorités espagnoles le 7 décembre 2021, lequel a été exécuté. M. A indique être revenu sur le territoire français le 21 février 2022. S'il soutient avoir depuis lors, malgré ses essais et demandes répétés, été empêché de déposer une nouvelle demande d'asile, il ne le démontre pas en se bornant à produire un échange de courriels entre son conseil et la SPADA (structure de premier accueil des demandeurs d'asile) au mois de juin 2023, laquelle indique à cette date qu'elle ne connaît pas M. A, ainsi qu'une convocation pour l'enregistrement de sa demande d'asile au mois de juillet 2023. Par ailleurs, en application de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif statuera dans un délai de quinze jours sur la requête enregistrée par M. A sous le n° 2401484, tendant à l'annulation de la décision du 22 juillet 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a refusé à l'intéressé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile. En outre, il ne ressort pas de la requête en référé que M. A aurait une charge de famille ou des difficultés de santé. Dans ces circonstances, la condition d'urgence particulière exigée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour obtenir une décision dans un délai de quarante-huit heures n'est pas remplie.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions autres que celles présentées au titre de l'aide juridictionnelle provisoire, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1 : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à Me Karakus.
Copie de la présente ordonnance sera adressée pour information à l'Ofii.
Fait à Limoges, le 16 août 2024.
La juge des référés,
N. Gaullier-Chatagner
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef,
La greffière,
M. B
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026