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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2401518

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401518

lundi 2 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401518
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCHAROING

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire enregistrée au greffe le 21 août 2024, M. A B, représenté par Me Charoing, avocat commis d'office, demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 20 août 2024 par lequel le préfet de la Corrèze a fixé le pays de renvoi pour l'exécution de la décision d'interdiction temporaire du territoire français pour une durée de trois ans prononcée par un jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux du 29 octobre 2022.

M. B soutient qu'il développera ultérieurement les moyens du recours.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 août 2024, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par les observations de Me Charoing, avocat commis d'office, à l'audience, M. B demande son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- la Constitution du 4 octobre 1958 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles

L. 776-1, R. 776-1 et R. 776-13-1 à R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D ;

- les observations de Me Charoing, représentant M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 3 juillet 2001 ou 2002 à Biskra, est, selon ses allégations, entré irrégulièrement en France à une date indéterminée. A la suite de sa condamnation par un jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux du 29 octobre 2022, il a été incarcéré et fait l'objet d'une interdiction de territoire de trois ans. Pour exécuter cette décision judiciaire, le préfet de la Corrèze, après avoir invité M. B à présenter ses observations le 13 août 2024, par un arrêté du 20 août 2024, a fixé pour pays de renvoi de l'intéressé tout pays dans lequel il serait légalement admissible ou le pays dont il a la nationalité. M. B, qui purge sa peine au centre de rétention d'Uzerche, demande, par une requête sommaire enregistrée le 21 août 2024, l'annulation d'une obligation de quitter le territoire français du 20 août 2024, conclusions qui doivent être regardées comme dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique prévoit que : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Selon le second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. M. B, dont le conseil a été commis d'office, a déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas été statué à la date du présent jugement. Il y a dès lors lieu, en application des dispositions mentionnées au point 1, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'étendue du litige :

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".

5. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté par l'intéressé, que depuis son arrivée irrégulière sur le territoire français M. B n'a formé aucune demande de titre de séjour.

6. Il ressort des termes du dispositif de l'arrêté du 2 juillet 2024, éclairé par sa motivation, dont M. B demande l'annulation dans la présente instance que, s'il a pour objet d'obliger l'intéressé à quitter le territoire français sans délai, de fixer le pays de renvoi et prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans, il n'étend pas cet objet ni n'a pour effet de rejeter une demande de titre de séjour qu'aurait présentée M. B ou de lui refuser le séjour autrement qu'au seul constat de sa situation irrégulière. Il suit de là que le préfet de la Corrèze a entendu, pour prendre la décision en litige, se placer exclusivement dans le cas prévu par le 1° de l'article L. 611-1précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par ailleurs expressément visé dans l'arrêté en litige.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

7. M. B a annoncé, dans sa requête sommaire elle-même dépourvue de moyens, la production ultérieure d'un mémoire motivé à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté susvisé. L'avocat, désigné d'office, a indiqué à l'audience publique n'avoir pu obtenir d'éléments de la part de M. B, qui n'a pas donné suite aux tentatives de contacts de son conseil. Dans ces conditions, la requête de M. B ne peut, faute de la production d'aucun élément avant la clôture de l'instruction prononcée à l'issue de l'audience publique, qu'être regardée comme dépourvue de tout moyen et de toute précision susceptibles de permettre d'en apprécier le bien-fondé ou la portée et ne peut dès lors qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er :M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Corrèze.

Copie pour information en sera adressée à Me Charoing.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 septembre 2024

Le magistrat désigné,

D. D

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en Chef

La Greffière,

M. Ccg

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