mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401549 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CLAISSE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 août 2024 et le 9 septembre 2024, M. A C, représenté par Me Salle, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre les effets de la décision en date du 20 juin 2024 par laquelle la présidente de la section disciplinaire de l'Université de Limoges compétente à l'égard des usagers l'a exclu de cet établissement pour une durée d'un an ferme immédiatement exécutoire nonobstant appel ;
2°) d'enjoindre à la commission disciplinaire de l'Université de Limoges compétente à l'égard des usagers de réexaminer sa situation, ceci dans les plus brefs délais sous astreinte de 150 euros par jour de retard, afin de lui permettre de commencer et achever ses études de master ;
3°) d'enjoindre à l'Université de Limoges de l'inscrire provisoirement en Master II DEAU dans l'attente de la décision du tribunal administratif saisi du fond, les inscriptions prenant fin au 30 septembre 2024, sous astreinte de 150 euros par jour de retard après la notification de la décision ;
4°) de condamner l'Université de Limoges à verser la somme de 2 500 euros à Me Salle en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors, d'une part, que la décision attaquée lui est immédiatement et particulièrement préjudiciable puisqu'il lui est impossible d'effectuer sa rentrée en septembre 2024 afin d'achever sa dernière année de formation, d'autre part, qu'il lui est impossible de s'inscrire au sein d'un autre établissement d'enseignement supérieur ; en outre, qu'il n'aura aucune garantie à se réinscrire pour l'année universitaire 2025 et, enfin, que du fait de sa situation de handicap, il nécessite une prise en charge particulière ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
' la décision est entachée d'un vice affectant sa légalité dès lors que rien ne permet de présumer que l'auteur de la décision dispose de la compétence pour présider la commission de discipline de l'Université de Limoges ;
' la décision est insuffisamment motivée en droit puisqu'elle fait simplement référence au code de l'éducation, au décret n° 2020-785 du 26 juin 2020, aux statuts de l'Université de Limoges et à l'arrêté n° 132 du 5 mars 2024, de sorte qu'aucun article n'est cité dans la décision ;
' le principe du contradictoire n'a pas été respecté dans la mesure où il n'a pas été consulté sur le choix de la commission de joindre les deux situations en cause et d'y statuer par une seule décision ;
' il existe une erreur sur la qualification juridique des faits dès lors que ni la qualification de la référente DHVSS qui qualifie les faits d'actes de harcèlement ni les deux rencontres dans le bus, pas plus le mail " 6009 " mots ne permettent de caractériser l'atteinte à l'ordre et au bon fonctionnement de l'Université de Limoges ;
' la décision est frappée d'une erreur de droit dès lors que la commission s'est estimée liée par la qualification retenue par la référente DHVSS et par la plaignante ;
' la décision est atteinte d'une erreur d'appréciation puisqu'il n'a nullement été tenu compte de son état de santé ;
' la sanction infligée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024, l'Université de Limoges, représentée par Me Magnaval, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que, d'une part, l'intérêt public justifie le maintien de la décision en litige au regard notamment du risque d'atteinte à l'ordre et au bon fonctionnement de l'établissement, d'autre part, le requérant conserve la possibilité de se réinscrire dans un autre établissement de l'enseignement supérieur, en outre, le requérant pourra se réinscrire à la rentrée de septembre 2025 puisque la sanction ne dure qu'un an, et, enfin, le requérant ne démontre pas avoir validé son master I ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dans la mesure où l'auteur de la décision était compétent ; la décision était motivée en droit et en fait ; le principe du contradictoire a été respecté ; la décision n'est entachée ni d'erreur sur la qualification des faits en faute disciplinaire ni d'erreur d'appréciation ; la sanction infligée est proportionnée aux agissements du requérant.
M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 août 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 20 août 2024 sous le n° 2401516 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Fare, substituant Me Salle et représentant M. C, qui reprend et développe les moyens présentés dans ses écritures et fait valoir en outre que la plainte de l'étudiante se plaignant de faits de harcèlement sur laquelle est en partie fondée la décision contestée n'a pas été versée aux débats, que la matérialité des faits est discutée puisqu'il existe plusieurs versions de l'altercation du 21 février 2024, que le contradictoire n'a pas été respecté dès lors que les pièces fondant la sanction n'étaient pas numérotées et qu'il n'y avait pas de bordereau, et, enfin, que M. C qui est en souffrance psychologique et qui a besoin d'aide, aurait pu n'être condamné qu'à du sursis ou à une peine de responsabilisation ;
- et les observations de Me Bekpoli, substituant Me Magnaval et représentant l'Université de Limoges, qui reprend et développe les moyens présentés dans ses écritures et fait valoir en outre que l'application Télérecours ne lui permettait pas de verser la vidéo de l'altercation en date du 21 février 2024 mais qu'elle était à la disposition du tribunal, que l'autorité disciplinaire n'étant pas tenue par la procédure pénale, la plainte n'avait pas à être versée, que la jurisprudence administrative n'exigeait pas la numérotation des pièces ni la transmission d'un bordereau dans le cadre d'une procédure disciplinaire et fait valoir les conséquences du comportement de M. C sur les deux étudiantes.
L'instruction a été clôturée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est inscrit en master I " Droit de l'Environnement, de l'Aménagement et de l'Urbanisme " à l'Université de Limoges. Par une décision en date du 20 juin 2024, la section disciplinaire du conseil académique de l'Université de Limoges compétente à l'égard des usagers l'a condamné à un an d'exclusion ferme au motif de troubles au bon fonctionnement de l'établissement provoqués par une altercation qu'il a eu avec une étudiante ainsi que pour des faits de harcèlement à l'encontre d'une autre étudiante. Il demande au juge des référés la suspension de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués, en dépit de la personnalité et de la situation médicale de M. C, ne paraît de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 20 juin 2024 par laquelle l'Université de Limoges a décidé de son exclusion d'un an immédiatement exécutoire nonobstant appel du fait de l'altercation intervenue avec une étudiante et des actes de harcèlement perpétrés à l'égard d'une autre étudiante.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, et d'astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Ces dispositions font obstacle à ce que l'Université de Limoges soit condamnée à verser la somme que le requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme que l'Université de Limoges demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Université de Limoges tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à l'Université de Limoges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.
Le juge des référés,
D. B
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026