jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401628 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2024, la SARL Espace des halles, exploitante de l'établissement " L'After ", représentée par Me Achour, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'arrêté du 21 juin 2024 par lequel le préfet de l'Indre a prononcé la fermeture administrative temporaire du débit de boissons " L'After " situé Place Monestier à Châteauroux (36000) pour une durée de six mois, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond ;
2°) de condamner le préfet de l'Indre à lui verser une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la fermeture administrative de l'établissement d'une durée supérieure à un mois pourrait compromettre gravement la pérennité de la société ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
' il a été porté atteinte aux droits de la défense dès lors, d'une part, que la lettre du 31 mai prévoyant une fermeture administrative d'un mois lui laissait jusqu'au 17 juin pour formuler ses observations et que malgré la réception d'une seconde lettre, le 6 juin, envisageant une fermeture administrative pour une durée de six mois, la date butoir pour formuler ses observations est restée inchangée et, d'autre part, qu'elle n'a pas été informée de tous les griefs formulés à son encontre avant de recevoir l'arrêté du 21 juin 2024 puisqu'aucun courriel ou aucune lettre ne lui a été envoyé pour lui demander de licencier les salariés visés par les faits, de financer une société privée de sécurité ou d'engager un maitre-chien ;
' il existe une erreur manifeste d'appréciation dès lors que de nouveaux investisseurs, la société Holding Alma, ont acquis une grande partie de ses parts sociales avant que n'intervienne la décision de fermeture administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, le préfet de l'Indre conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence fait défaut dès lors, d'une part, il existe un intérêt public à l'exécution de la décision en litige et que le maintien de l'ordre public, et notamment de la sécurité publique, fait obstacle à la reconnaissance d'une situation d'urgence et, d'autre part, qu'il ressort de la requête une absence de danger avéré quant à la pérennité de la société exploitante ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision :
' la requérante a été mise à même de présenter des observations écrites et, sur sa demande, des observations orales et a bénéficié d'un minimum de dix jours pour présenter ses observations ;
' l'absence de communication des documents attestant de l'effectivité des engagements formulés ne saurait être regardée comme un grief soumis au contradictoire et sur lequel reposerait la décision de fermeture ;
' la mesure de fermeture concerne l'établissement lui-même et non la personne de l'exploitant et la nouvelle situation décrite par la requérante ne démontre pas en quoi sa décision aurait perdu, au moment de son édiction, son caractère nécessaire, adapté et proportionné eu égard à l'objectif de préservation de l'ordre public poursuivi.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 21 août 2024 sous le n°2401524 par laquelle la SARL Espace des halles demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Galici, représentant la SARL Espace des halles, qui reprend et développe les moyens présentés dans ses écritures.
L'instruction a été clôturée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'actes de violences intervenus le 11 mai 2024, le préfet de l'Indre a, par courrier du 31 mai 2024, engagé une procédure contradictoire envisageant une fermeture administrative temporaire d'une durée d'un mois de l'établissement " L'After " situé sur le territoire de la commune de Châteauroux. Ce courrier indiquait à la SARL Espace des halles qu'elle avait jusqu'au 17 juin 2024 pour formuler ses observations. Le 2 juin 2024, de nouveaux faits de violences se sont déroulés au sein de l'établissement. Le préfet de l'Indre a alors adressé un second courrier, en date du 6 juin 2024, à la SARL Espace des halles pour l'informer que la nouvelle mesure envisagée dans le cadre de la procédure contradictoire déjà engagée était une fermeture administrative temporaire d'une durée de six mois. Par arrêté en date du 21 juin 2024, après avoir recueilli les observations de la SARL Espace des halles, le préfet de l'Indre a décidé de la fermeture administrative temporaire de l'établissement " L'After " pour une durée de six mois. La SARL Espace des halles demande la suspension de cette décision.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique : " 1. La fermeture des débits de boissons et des restaurants peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas six mois, à la suite d'infractions aux lois et règlements relatifs à ces établissements. () /2. En cas d'atteinte à l'ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques, la fermeture peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas deux mois. () /3. Lorsque la fermeture est motivée par des actes criminels ou délictueux prévus par les dispositions pénales en vigueur, à l'exception des infractions visées au 1, la fermeture peut être prononcée par le représentant de l'Etat dans le département pour six mois. Dans ce cas, la fermeture entraîne l'annulation du permis d'exploitation visé à l'article L. 3332-1-1. /4. Les crimes et délits ou les atteintes à l'ordre public pouvant justifier les fermetures prévues au 2 et au 3 doivent être en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation. /5. A l'exception de l'avertissement prévu au 1, les mesures prises en application du présent article sont soumises aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration. /() ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'elles confèrent au représentant de l'Etat dans le département le pouvoir d'ordonner, au titre des pouvoirs de police qu'il détient, les mesures de fermeture d'un établissement qu'appelle la prévention de la continuation ou du retour de désordres liés à sa fréquentation ou à ses conditions d'exploitation. L'existence d'une atteinte à l'ordre public de nature à justifier la fermeture d'un établissement doit être appréciée objectivement. La condition, posée par les dispositions précitées, tenant à ce qu'une telle atteinte soit en relation avec la fréquentation de cet établissement peut être regardée comme remplie, indépendamment du comportement des responsables de cet établissement.
5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens développés par la SARL Espace des halles, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 21 juin 2024. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions de la SARL Espace des halles aux fins de suspension de l'exécution de cette décision, ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SARL Espace des halles est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Espace des halles et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Une copie en sera adressée pour information au préfet de l'Indre.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le juge des référés,
F.J. A
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
2
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026