jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401671 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Pion, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 31 mai 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition liée à l'urgence est remplie dès lors qu'il sollicite un titre de séjour pour exercer une activité professionnelle pour laquelle il dispose d'une promesse d'embauche dont il risque de perdre le bénéfice et qu'étant sous le coup d'une interdiction de retour il ne pourra pas formaliser de demande de visa ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle est entachée d'une incompétence de son auteur, d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'elle porte atteinte à sa vie privée et familiale.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juillet 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2401672 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Revel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 25 juillet 1993 à Mostaganem en Algérie, est entré irrégulièrement sur le territoire français, selon ses dires, en octobre 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 26 août 2019. N'ayant engagé depuis aucune démarche en vue de régulariser son séjour en France, le préfet de la Haute-Vienne lui a fait, une première fois, obligation de quitter le territoire français avec interdiction de séjour le 22 novembre 2019. Le requérant n'a pas exécuté cette première mesure. Par un arrêté du 14 janvier 2024, le préfet de la Haute-Vienne l'a, une seconde fois, obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prolongé pour une durée d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français initiale du 22 novembre 2019. Par un jugement du 23 janvier 2024, le tribunal administratif de Limoges a annulé la prolongation, pour une durée d'un an, de l'interdiction de retour sur le territoire français précédemment prononcée à l'encontre de M. A et a rejeté les autres conclusions en annulation présentées contre l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination. M. A n'a pas exécuté cette seconde mesure. Le 20 février 2024, il a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour et la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " salarié ". Par une décision du 31 mai 2024, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme dans le cas d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Au soutien de sa demande de suspension de l'exécution de la décision du 31 mai 2024 par laquelle le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, M. A fait valoir que l'absence de délivrance d'un titre de séjour l'empêche d'exercer une activité professionnelle pour laquelle il dispose d'une promesse d'embauche dont il risque de perdre le bénéfice. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant algérien né le 25 juillet 1993, est entré en France en 2018 pour y demander l'asile, demande qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en 2019. Il a fait par la suite l'objet, en 2019 et en 2024, de deux décisions portant obligation de quitter le territoire français et d'une interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an, dont la prolongation a été annulée. Depuis cette date, M. A qui ne justifie pas, contrairement à ce qu'il avance, être actuellement interdit de territoire français, ce qui l'empêcherait de solliciter la délivrance d'un visa, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. Dans ces conditions, les effets du refus de titre de séjour opposé à M. A, qui se maintient en France illégalement à tout le moins depuis l'arrêté du 22 novembre 2019, ne caractérisent pas une situation d'urgence qui justifierait la suspension de l'exécution de la décision contestée. La condition d'urgence ne peut donc être regardée comme remplie.
5. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Pion. Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.
Limoges, le 12 septembre 2024.
Le juge des référés,
F-J. REVEL
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026