mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401696 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 12 septembre, 8 octobre, 19 novembre et 17 décembre 2024, Mme B, représentée par Me Dia, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un certificat de résidence algérien dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivée et souffre d'une erreur d'appréciation du contenu de sa demande de titre de séjour ;
- est entachée d'une erreur de fait et d'appréciation quant à sa situation personnelle ;
- contrevient à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et au 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme B d'une somme de 750 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 août 2024.
La clôture de l'instruction a été fixée au 17 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha ;
- et les observations de Me Dia, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne née le 20 octobre 1991, est entrée en France le 19 septembre 2016, selon ses déclarations. Le 23 avril 2024, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de ses liens personnels et familiaux en France et en raison de son état de santé. Par un arrêté du 26 juillet 2024, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour, prise aux visas des 5) et 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien fait état de façon suffisamment développée des considérations de faits tenant en particulier à la vie privée et familiale et à l'état de santé de l'intéressée. Par suite, elle est suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la demande de titre de séjour présentée par Mme B que celle-ci a sollicité son admission au séjour en raison de ses liens privés et familiaux en France et en raison de son état de santé. C'est par suite sans avoir inexactement qualifié la demande de Mme B, que le préfet de la Haute-Vienne a instruit sa demande sur le fondement du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien mais aussi du 7) de cet article.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".
5. Il est constant que Mme B a épousé le 29 novembre 2021, un compatriote algérien, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 4 décembre 2027. Faisant ainsi partie des catégories ouvrant droit au regroupement familial, elle ne saurait utilement se prévaloir des stipulations du 5) du deuxième alinéa de l'article 6 de la convention franco-algérienne du 27 décembre 1968. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté comme inopérant.
6. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Si Mme B invoque une présence habituelle en France depuis 2016, elle n'en justifie pas, alors que la cour administrative d'appel de Bordeaux dans un arrêt du 23 mars 2021 a retenu qu'elle était entrée en France le 6 novembre 2018 à l'âge de 47 ans. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que l'intéressée est mère de deux enfants mineurs vivant en Algérie. Dans ces conditions, elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine. Par suite, alors que l'intéressée s'est soustraite à deux précédentes mesures d'éloignement, ne justifie pas d'une intégration particulièrement notable en France, et que rien ne l'empêche de retourner dans son pays d'origine le temps de la procédure de regroupement familial, c'est sans méconnaître l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commettre une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle que le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
8. En dernier lieu, si la requérante invoque la méconnaissance de l'article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une part, cette disposition ne s'applique pas aux ressortissants algériens, lesquels relèvent, pour la délivrance d'une carte de résident, de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, d'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de sa demande de titre de séjour, que Mme B aurait sollicité la délivrance d'une carte de résident. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des frais de justice.
Sur les conclusions présentées par le préfet de la Haute-Vienne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative qu'une personne publique, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat, ne saurait présenter une demande au titre de ces dispositions en se bornant à faire état d'un surcroît de travail pour ses services et sans se prévaloir de frais spécifiques exposés par elle en indiquant leur nature. Par suite, le préfet se bornant à demander au tribunal qu'une somme de 750 euros soit mise à la charge de Mme B au titre des frais de justice sans faire état précisément des frais que l'Etat aurait exposés pour défendre à l'instance, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par celui-ci sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du préfet de la Haute-Vienne présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et au préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025 , à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Martha , premier conseiller,
M. Gillet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
La greffière,
M. C
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026