mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | POUGET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Pouget, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 août 2024 par lequel le préfet de l'Indre l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, lui a interdit de retourner sur le territoire pour une durée d'un an et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Indre, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Pouget renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Il soutient que :
Sur l'arrêté pris en son ensemble :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
- il méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- cette décision méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La clôture de l'instruction a été fixée le 24 décembre 2024 par une ordonnance du 2 octobre 2024.
Le préfet de l'Indre a produit un mémoire en défense le 20 janvier 2025, soit après la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiqué.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gazeyeff ;
- les observations de Me Pouget, représentant M. A.
Une note en délibéré présentée par M. A a été enregistrée le 23 janvier 2025 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 23 janvier 1988 à Kindia (Guinée), est entré irrégulièrement en France le 16 janvier 2023 selon ses déclarations et a déposé une demande d'asile le 24 janvier 2023 qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 5 décembre 2023, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 29 juillet 2024. Par un arrêté du 14 août 2024, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de l'Indre l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, lui a interdit de retourner sur le territoire pour une durée d'un an et a fixé le pays de destination.
Sur l'arrêté pris en son ensemble :
2. En premier lieu, M. B D, directeur du cabinet du préfet de l'Indre et signataire de l'arrêté en litige bénéficiait, d'une délégation de signature du préfet de l'Indre en date du 4 juin 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial
n° 36-2024-086du 7 juin 2024, à l'effet notamment de signer " les arrêtés, décisions () pris en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () constituent une mesure de police ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. L'arrêté du 14 août 2024 vise les textes dont il fait application, notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il rappelle les conditions d'entrée et de séjour de M. A en France et précise de manière suffisante les éléments de la situation personnelle de l'intéressé. Dans ces conditions, l'arrêté en litige est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A, célibataire et sans charge de famille, est entré en France très récemment le 16 janvier 2023 à l'âge de 36 ans. Si l'intéressé de prévaut de son insertion professionnelle, notamment de son activité en tant qu'agent d'entretien, il ne fait état d'aucune attache privée et familiale significative sur le territoire français et n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur de fait, ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle doivent être écartés.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
8. Si M. A se prévaut de son activité professionnelle au sein de la communauté de communes de la vallée de la Creuse en qualité d'agent de salubrité entre le 29 avril et le 3 mai, le 25 et le 28 juin, du 15 juillet au 30 août 2024 et d'un courrier du maire de la commune d'Argenton sur Creuse qui indique qu'il souhaiterait de nouveau recruter M. A, ces éléments ne sont pas de nature à caractériser des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que son admission au séjour en France répondrait à des considérations humanitaires au sens de ces mêmes dispositions. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
9. Contrairement à ce que M. A indique, l'arrêté du 14 août 2024 ne contient pas de décision de refus de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité d'une telle décision ne peut qu'être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
10. M. A, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile, ne justifie pas qu'il serait exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Guinée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction, ainsi que celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 présentées par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Pouget et au préfet de l'Indre
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025 où siégeaient :
- M. Revel, président,
- M. Boschet, premier conseiller,
- M. Gazeyeff, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
Le rapporteur,
D. GAZEYEFF
Le président,
FJ. REVEL
La greffière,
M. E
La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
Pour La greffière en chef,
La greffière,
M. Eif
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026