vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401769 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024, Mme E C, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 23 juillet 2024, par laquelle le président du département de la Corrèze refuse d'acter sa renonciation à son agrément d'assistante familiale ;
2°) d'enjoindre au président du département de la Corrèze de procéder à son licenciement dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification de la décision à intervenir et, ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au président du département de la Corrèze de procéder à la modification des documents de fin de contrat qui lui ont été remis dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification de la décision à intervenir, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du département de la Corrèze la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie en ce que la décision attaquée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle, dès lors qu'elle ne perçoit plus son revenu d'accueillante, elle ne peut prétendre à une indemnité légale de licenciement ni même à l'aide au retour à l'emploi ; au surplus elle doit faire face, avec son époux, à de nombreuses charges s'élevant à près de 1 546 euros par mois ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés :
' de l'incompétence matérielle de l'auteur de la décision en litige, en ce que cette dernière a été signée non pas par le président du Conseil départemental de la Corrèze mais par M. A B, le directeur général des services ;
' de l'erreur de droit, en ce que l'autorité administrative a assimilé la demande de retrait d'agrément à une démission en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-8 du code de l'action sociale et des familles ;
' du détournement de procédure en ce que l'autorité administrative aurait sciemment décidé de considérer sa demande de retrait d'agrément comme une démission dans le but d'éviter une procédure de licenciement ;
' de l'erreur d'appréciation en ce que sa situation personnelle, et notamment son état de santé n'a pas suffisamment été prise en compte par l'autorité administrative dans le rendu de sa décision.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 24 septembre 2024 sous le n° 2401770 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est agréée depuis le 16 juillet 1997 par le département de la Corrèze en qualité d'assistante familiale. Elle décide cependant, le 24 avril 2024, de demander au président du département de la Corrèze de retirer son agrément afin de cesser son activité pour des raisons de santé. Par un courrier du 2 mai 2024, le département de la Corrèze prend alors acte de sa démission. Mme C rappelle cependant par deux courriers des 27 et 31 mai 2024, qu'il ne s'agit nullement d'une démission mais d'une demande de retrait d'agrément. Le 2 juillet 2024 elle forme donc un recours en annulation contre cette décision mais se désistera de l'instance en raison du retrait de cette dernière par le département le 4 juillet 2024. Enfin, par une décision du 23 juillet 2024, le département annonce à Mme C que sa demande de renonciation à son agrément a été rejetée en raison de l'intérêt du service et qu'elle doit poursuivre son activité. Elle demande donc la suspension de cette dernière.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " ; enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
En ce qui concerne l'urgence :
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence, la requérante soutient que la décision litigieuse préjudicie gravement et immédiatement à sa situation financière. Elle soutient que du fait de cette décision elle ne perçoit plus son revenu d'accueillante familiale, elle ne peut prétendre ni à son indemnité légale de licenciement ni aux allocations de retour à l'emploi, et au surplus celle-ci doit faire face à de nombreuses charges mensuelles d'un montant de près de 1 546 euros. Or, la décision attaquée rejette précisément sa demande de retrait d'agrément en raison de l'intérêt du service et indique de manière non équivoque que Mme C continue d'exercer son activité, moyennant rémunération, et que son refus d'honorer ses engagements professionnels serait considéré comme une faute grave. Dès lors, et contrairement à ce qu'elle avance, la requérante peut continuer à exercer son activité professionnelle et peut percevoir un revenu d'assistante familiale. Ainsi la décision contestée doit être regardée comme n'étant pas de nature à compromettre gravement et immédiatement sa situation économique. Il s'ensuit que la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie eu égard aux dispositions susvisées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision, que les conclusions présentées par Mme C sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E C.
Limoges, le 4 octobre 2024.
Le juge des référés,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026