mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401805 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2024, Mme B C épouse A, représentée par Me Pion, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " ou de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, et dans l'attente de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- L'arrêté pris dans son ensemble est entaché d'incompétence.
La décision de refus de titre de séjour :
- est illégale faute pour le préfet d'avoir saisi le collège des médecins de l'Ofii ;
- méconnaît les stipulations des paragraphes 7 et 7 bis de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par le 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination :
- sont dépourvues de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- souffrent d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 750 euros soit mise à la charge de Mme C.
Il soutient les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 août 2024.
Par ordonnance du 4 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- et les observations de Me Pion, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C épouse A, ressortissante algérienne née le 7 juin 1961, est entrée en France le 13 mai 2022 sous couvert d'un visa court séjour et s'y est maintenue depuis. Le 13 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade et a assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire français à laquelle Mme C s'est soustraite. Hébergée depuis à Limoges chez un de ses enfants de nationalité française, elle a sollicité le 14 mai 2024 la délivrance d'un certificat de résidence algérien. Par son arrêté du 12 juillet 2024, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer ce certificat, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée à l'expiration de ce délai. Mme C demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du courrier du 23 octobre 2023 par lequel la requérante sollicitait un titre de séjour et du formulaire de demande de titre de séjour du 14 mai 2024, que la requérante évoquait la dégradation de son état de santé, le fait qu'elle souffre d'une maladie rare (Goujerot Sjögren), d'une insuffisance rénale sévère nécessitant trois dialyses par semaine et une transplantation d'organe à court terme à l'appui de sa demande d'admission au séjour pour lequel ses enfants attestent la prendre en charge et s'occuper d'elle au quotidien dans le cadre de sa pathologie. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Vienne aurait dû saisir le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conformément aux dispositions précitées. La circonstance qu'un de ses enfants atteste que la demande de titre de séjour de sa mère est présentée au titre de la vie privée et familiale ne permet pas de considérer, contrairement à ce que soutient le préfet, que l'intéressée, qui n'est pas représentée légalement par cet enfant, aurait présenté sa demande à ce seul titre. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la décision portant refus de délivrance d'un certificat de résidence est entachée d'un vice de procédure.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 12 juillet 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de délivrer à Mme C un certificat de résidence algérien doit être annulée ainsi, par voie de conséquence que la décision par laquelle il l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée à l'expiration de ce délai.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Le présent jugement implique seulement, eu égard au motif d'annulation retenu, qu'il soit procédé à un réexamen de la situation de Mme C. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de la munir, dans l'attente d'une nouvelle décision, d'une autorisation provisoire de séjour.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Pion, avocate de Mme C, d'une somme de 1 200 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
7. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce Mme C, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse en tout état de cause à l'Etat une somme que le Préfet de la Haute-Vienne réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 12 juillet 2024 du préfet de la Haute-Vienne est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au Préfet de la Haute-Vienne de procéder au réexamen de la situation de Mme C épouse A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 200 (mille deux cents) euros à Me Pion, avocate de Mme C, en application des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Les conclusions du Préfet de la Haute-Vienne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A, à Me Pion et au Préfet de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
La greffière,
M. GUICHON
Le président,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière
M. GUICHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026