Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401813
mardi 18 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401813 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ZAMBO MVENG JEAN-CLAUDE |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2409422 du 27 septembre 2024, le premier vice-président du tribunal administratif de Lille a, à la suite du placement de M. F A en rétention administrative, transmis le dossier de sa requête au tribunal administratif de Limoges.
Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées le 11 septembre 2024 et le 16 septembre 2024, M. F A, représenté par Me Zambo Mveng, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2024 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et, a prononcé à son encontre une interdiction du territoire d'une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 423-7, L. 423-8 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 422-1, L. 421-1, L. 422-8, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 423-7, L. 423-8 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet du Nord a transmis des pièces, enregistrées le 12 septembre 2024 et le 7 octobre 2024, mais n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- l'ordonnance du 14 septembre 2024 par laquelle le juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire de Lille a mis fin au placement en rétention de M. A ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Chambellant a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain, né en 1994, est entré en France en septembre 2019 muni d'un visa étudiant valable du 1er septembre 2019 au 1er septembre 2020. Son droit au séjour a été régulièrement renouvelé jusqu'au 30 novembre 2023. A compter de cette date, M. A se maintient irrégulièrement sur le territoire national. Par un arrêté du 10 septembre 2024, le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et, a prononcé à son encontre une interdiction du territoire d'une durée d'un an. Il sollicite l'annulation de cet arrêté.
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, le préfet du Nord a donné délégation, selon arrêté du 5 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, à Mme E B, adjointe au chef du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins, notamment, de signer en cas d'absence ou d'empêchement de M. D, directeur de l'immigration et de l'intégration, et de Mme C, chef du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, notamment les décisions d'éloignement dans leur ensemble. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En second lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que cet arrêté, en ce qu'il fait obligation à M. A de quitter le territoire français sans délai et fixe le pays de destination, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles les mesures ainsi édictées par le préfet du Nord se fondent et satisfait ainsi à l'exigence de motivation posée par les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. En outre, s'agissant de la décision portant refus de départ volontaire, il ressort de ses termes que le préfet du Nord a pris en compte l'ensemble des éléments, énoncés aux articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant de caractériser la situation de l'intéressé, tant en ce qui concerne le principe de cette mesure que sa durée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions en litige doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire :
4. En premier lieu, si M. A soutient que l'arrêté est entaché d'erreur de fait et d'erreur de droit, il n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, si M. A soutient que l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L. 423-7, L. 423-8 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
6. En dernier lieu, eu égard à ce qui a été dit aux points 4 et 5 du présent jugement, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de M. A ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant refus de délai de départ volontaire :
7. En premier lieu, si M. A soutient que l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L. 422-1, L. 421-1, L. 422-8, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, si M. A soutient que l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L. 423-7, L. 423-8 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
9. En dernier lieu, eu égard à ce qui a été dit aux points 7 et 8 du présent jugement, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de M. A ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. A est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. F A et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 4 février 2025 où siégeaient :
- M. Revel, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Chambellant, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.
La rapporteure,
J. CHAMBELLANT
Le président,
F-J. REVEL
La greffière,
M. G
La République mande et ordonne
au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la Greffière en Chef,
La greffière,
M. G
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