Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401833

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401833
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A qui demandait l'annulation de la suspension de son permis de conduire pour six mois. Le juge a estimé que la demande d'annulation d'un acte administratif ne constitue pas une mesure provisoire et ne relève donc pas de la compétence du juge des référés. Par conséquent, les conclusions de M. A ont été jugées irrecevables.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 août 2024 par lequel la préfète de la Creuse a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Creuse de lui restituer son permis de conduire.

Il soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- la suspension de son permis de conduire, d'une part a pour effet de l'exposer, à terme, à ne plus pouvoir exercer son activité professionnelle de conducteur de ligne et ouvrier polyvalent au sein d'une entreprise de production de jus de fruits, distante de 15 kilomètres, et à contraindre son employeur à limiter son activité, d'autre part fait obstacle à ce qu'il puisse, en application du jugement rendu par le juge aux affaires familiales, emmener sa fille chez sa mère, dont il est séparé, qui réside à plus d'une heure de son domicile ;

Sur le doute sérieux

- le test salivaire de détection des stupéfiants effectué par l'officier de police judiciaire méconnaît les dispositions de l'article 7 de l'arrêté du 13 décembre 2016 fixant les modalités du dépistage des substances témoignant de l'usage de stupéfiants.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pierre-Marie Houssais, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. "

2. Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'annulation d'un acte administratif ne présente pas le caractère d'une mesure provisoire. Dans ces conditions, les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne permettent pas au juge des référés saisi sur ce fondement d'annuler l'arrêté litigieux. Il suit de là que la demande d'annulation présentée par M. A, et par voie de conséquence ses conclusions tendant à ce que son permis de conduire lui soit restitué, sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Limoges, le 9 octobre 2024

Le juge des référés,

P.-M. HOUSSAIS

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef,

A. BLANCHON

No 2401833

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