mardi 18 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401873 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | OUANGARI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement le 14 octobre 2024 et le 7 janvier 2025, Mme B A, représentée par Me Ouangari, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2024 par lequel le préfet de la Corrèze l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, lui a interdit de retourner sur le territoire pour une durée d'un an et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, et ce dans le délai d'un mois à compter la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Ouangari renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Elle soutient que :
Sur les décisions l'obligeant à quitter le territoire et fixant le pays de destination ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle pouvait bénéficier d'un titre de séjour de plein droit en qualité d'étranger malade.
Sur la décision d'interdiction de retour :
- elle sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée au préfet de la Corrèze qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gazeyeff a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 12 janvier 2002 à Matam (Guinée), est entrée en France le 20 juillet 2022 et a déposé une demande d'asile le 9 août 2022 qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 mars 2023, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 10 avril 2024. Par un arrêté du 12 août 2024, dont la requérante demande l'annulation, le préfet de la Corrèze l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, lui a interdit de retourner sur le territoire pour une durée d'un an et a fixé le pays de destination.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination :
2. En premier lieu, contrairement à ce que soutient Mme A, les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination comportent, pour chacune d'elles, l'énoncé des motifs de droit et de fait sur lesquels elles se fondent. En effet, l'arrêté du 12 août 2024 cite les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont il fait application, il précise par ailleurs, de manière suffisamment circonstanciée, les éléments relatifs à la situation personnelle de la requérante. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation en droit et en fait de ces décisions doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes des stipulations de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi () ".
4. En l'espèce, la requérante soutient qu'elle craint pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine dès lors qu'elle a déjà subi un mariage forcé et qu'elle présente une vulnérabilité au regard des violences dont elle a été victime, notamment de l'excision qu'elle a subie. Toutefois, la requérante, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée par une décision du 10 avril 2024 de la Cour nationale du droit d'asile, n'apporte aucun élément suffisamment probants et circonstanciés au soutien de son récit. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui n'est opérant qu'à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes de l'article L. 425-9 du même code : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de la motivation de l'arrêté contesté, que le préfet de la Corrèze s'est fondé, pour obliger Mme A à quitter le territoire, exclusivement sur les dispositions du 4°) de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en tirant les conséquences de la décision de la cour nationale du droit d'asile du 10 avril 2024 rejetant la demande d'asile de l'intéressée et en constatant que Mme A n'entrait dans aucun cas d'attribution d'un titre de séjour de plein droit en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si Mme A soutient qu'elle pouvait bénéficier de la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait sollicité la délivrance d'un tel titre, et produit des éléments médicaux attestant des constatations de violences subies dans son pays d'origine et au cours de son parcours migratoire, ainsi que des soins dont elle a bénéficié en France, il ne ressort pas de ces seules pièces que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni d'ailleurs qu'elle ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Dans ces conditions, Mme A n'est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir qu'elle devrait bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, ni que, compte-tenu de son état de santé, son éloignement serait susceptible de l'exposer à un traitement inhumain et dégradant au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du fait de l'absence de prise en charge dans son pays d'origine.
Sur la décision portant interdiction de retour :
7. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction, ainsi que celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 présentées par Mme A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme A est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Ouangari et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 4 février 2025 où siégeaient :
- M. Revel, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- M. Gazeyeff, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.
Le rapporteur,
D. GAZEYEFF
Le président,
FJ. REVEL
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
Pour La greffière en chef,
La greffière,
M. C00if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026