lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401886 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2024, Mme C A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 11 juin 2024 par lequel le maire de la commune d'Argentat-sur-Dordogne, d'une part, l'a mise en demeure d'effectuer les travaux de démolition de l'immeuble situé au 19, rue du Teil avec la prise en compte de la préservation des mitoyens, dans un délai de six mois à compter de la notification de cet arrêté, d'autre part, a interdit définitivement l'immeuble en cause à l'habitation ou à l'utilisation jusqu'à la mainlevée de la mise en demeure et, enfin, a indiqué que faute d'avoir réalisé les travaux dans le délai prescrit, il y serait procédé d'office à ses frais dans les conditions précisées à l'article L. 511-16 du code de la construction et de l'habitation ;
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée par le délai de six mois qui lui est laissé pour exécuter l'arrêté, délai qui n'est maintenant plus que de deux mois ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté litigieux dès lors que la mairie a produit un faux en lien avec les articles 441-2 et 441-4 du code pénal en lien avec une offre d'acquisition faite par la commune pour un euro, que l'expertise ayant donné lieu au dépôt du rapport du 5 décembre 2022 a été organisée en urgence sans considération de ses disponibilités et en ne laissant aucune place à la contestation, que l'exposé de l'agent municipal comporte des informations erronées, que ses demandes de dialogue ont été ignorées, que l'article L. 511-6 du code de la construction et de l'habitation a été méconnu, que le maire ne l'a pas accompagnée comme il aurait dû le faire en rapport avec l'article 121-3 du code pénal et a mal évalué les travaux effectués, qu'il y a un abus d'autorité au sens de l'article 432-4 du code pénal et discrimination au sens de l'article 432-7 du même code.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- la requête au fond, enregistrée le 17 octobre 2024 sous le n° 2401887 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Revel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Par une ordonnance du 28 novembre 2022, le juge des référés du tribunal a ordonné une expertise en vue notamment d'examiner le bâtiment situé sur le territoire de la commune d'Argentat-sur-Dordogne (Corrèze), parcelle cadastrée section AD n° 356, 19 rue du Teil et appartenant à Mme C A, de se prononcer sur l'existence d'un péril grave et imminent et, dans le cas d'un péril grave et imminent, de proposer les mesures conservatoires et définitives de nature à mettre fin à l'imminence du péril. L'expert, dans son rapport daté du 12 décembre 2022, n'ayant pu pénétrer dans l'immeuble, a conclu à l'existence d'un péril grave et imminent et prescrit des mesures conservatoires et de protection immédiates consistant dans le bâchage complet de la couverture précédé de la purge de la couverture, des lauzes mal assurées et de celles accumulées derrière les pare-lauze, en bas de versant. A la suite de ce rapport, les propriétaires ont procédé aux mesures conservatoires d'urgence précitées, ce qui a conduit le maire, le danger grave et imminent étant écarté, à sursoir à la procédure de mise en sécurité. Toutefois, alerté sur l'état intérieur du bâtiment suscitant une inquiétude quant à l'état structurel de celui-ci, le maire de la commune a engagé une nouvelle procédure de mise en sécurité et, par une ordonnance du 12 décembre 2023, le juge des référés du tribunal a ordonné une nouvelle expertise en vue notamment d'examiner de nouveau le bâtiment en cause et de se prononcer sur l'existence d'un péril grave et imminent et, dans le cas d'un péril grave et imminent, de proposer les mesures conservatoires et définitives de nature à mettre fin à l'imminence du péril. L'expert, dans son rapport daté du 21 décembre 2023, constate que malgré les ouvrages conservatoires de bâchage répété, le délabrement de la construction s'est aggravé, rendant tout projet de réhabilitation, totalement déraisonnable. Il en conclut que le péril est grave et double, par l'instabilité de la structure menaçant ruine, d'une part, combinée à la présence active d'un xylophage, probablement la mérule, d'autre part. Il constate également l'aggravation de l'humidité dans le mur mitoyen de la propriété attenante et conclut que la démolition du bâtiment s'impose compte tenu de désordres structurels, rendant tout projet de réhabilitation de l'habitation dorénavant caduc. Par un arrêté du 11 juin 2024, le maire de la commune d'Argentat-sur-Dordogne, d'une part, a mise en demeure Mme A d'effectuer les travaux de démolition de l'immeuble, avec la prise en compte de la préservation des mitoyens, dans un délai de six mois à compter de la notification de cet arrêté, d'autre part, a interdit définitivement l'immeuble en cause à l'habitation ou à l'utilisation jusqu'à la mainlevée de la mise en demeure et, enfin, a indiqué que faute d'avoir réalisé les travaux dans le délai prescrit, il y serait procédé d'office à ses frais dans les conditions précisées à l'article L. 511-16 du code de la construction et de l'habitation. Mme A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
3. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 521-1 et R. 522-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement et tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette plus d'invoquer utilement ni sérieusement la notion d'urgence. Il en est plus particulièrement ainsi lorsque la situation d'urgence découle directement de la négligence ou de la carence du requérant, ou de tout autre acte positif qui lui est directement imputable. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
4. Pour caractériser une situation d'urgence, Mme A invoque le délai de six mois qui lui est laissé pour exécuter l'arrêté, délai qui n'est maintenant plus que de deux mois à la date de la présente requête.
5. D'une part, il résulte de l'instruction et notamment des rapports d'expertise judiciaire précités qu'il existe toujours un péril grave et imminent auquel il ne pourra être mis fin que par des travaux de démolition alors que Mme A n'avait entrepris, à la date à laquelle le juge des référés statue, aucun des travaux nécessaires pour mettre fin au péril et qu'elle ne justifie pas se trouver dans l'impossibilité d'entreprendre des travaux permettant de mettre fin au péril.
6. D'autre part, dès lors que l'absence de tout risque sérieux pour les riverains du bâtiment et la sécurité publique n'est pas assurée et que Mme A ne pouvait pas, et depuis plusieurs années, méconnaitre l'état réel de son bien, aucune des circonstances invoquées plus haut ne suffit, malgré les difficultés financières incontestables entraînées par une telle situation, et alors que la requérante ne fournit aucun élément sur sa situation financière, à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 ci-dessus du code de justice administrative.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'établit pas que la mesure en litige préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. Dans ces conditions, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 n'est pas remplie. Par suite, la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner si les moyens soulevés créent un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et à la commune d'Argentat-sur-Dordogne.
Limoges, le 21 octobre 2024.
Le juge des référés,
F.J. REVEL
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef,
La Greffière,
M. B
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026