jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401933 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AVOC'ARENES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Toulouse, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l'arrêté du 8 octobre 2024 du préfet de la Corrèze ordonnant son expulsion du territoire et fixant le pays de renvoi ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- s'agissant de la condition tenant à l'urgence, elle est présumée remplie ;
- s'agissant du doute sérieux quant à l'arrêté en litige :
' il méconnait les dispositions des articles L. 632-1-1, L. 632-2 et R. 632-4 à R. 632-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : il ne lui a pas été remis de convocation conforme aux dispositions légales et règlementaires plus de quinze jours avant la réunion de la commission de l'expulsion et comportant l'ensemble des mentions obligatoires permettant au requérant d'en connaître toutes les conditions de mises en œuvre et celles dans lesquelles ses droits pouvaient s'exercer ; le sens et la motivation de l'avis de la commission de l'expulsion n'ont pas été régulièrement notifiés ; il a été privé de garantie substantielle ayant directement porté atteinte à ses droits et à la possibilité de faire valoir sa défense de manière effective ;
' il méconnait les dispositions des articles L. 631-1 et L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est à ce titre insuffisamment motivé en droit et en fait : le préfet n'établit pas qu'il aurait commis des faits ou que son comportement aurait été de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l'Etat ou à justifier d'un des cas de dérogations prévus par ces textes ; il n'est pas démontré qu'il représente une menace pour l'ordre public ;
' il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : il n'a aucun lien ni aucune attache avec son pays d'origine, où il n'a jamais été scolarisé, alors qu'il justifie avoir vécu la quasi-intégralité de son existence en France, où réside l'ensemble de son entourage familial et amical, il est entré régulièrement en France au titre du regroupement familial à l'âge de seulement 7 ans, en 2000, il y a 24 ans, ses parents et grands-parents et sa sœur Karima sont décédés, son frère Mohamed réside en France, il n'a plus aucune attache familiale en Algérie, son pays d'origine, à l'exception d'une sœur, Amaria avec laquelle il n'a aucune relation depuis son départ d'Algérie il y a 24 ans, dont il ignore tout, jusqu'à sa survie ou non.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2024, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 22 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Siquier, première conseillère, en application des articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Siquier,
- et les observations de Me Toulouse, représentant M. A, qui reprend les mêmes moyens et fait valoir en outre, que M. A a été privé d'une garantie dès lors que le directeur départemental de l'emploi, du travail des solidarités et de la protection des populations était absent lors de la commission d'expulsion, son avis aurait pu influencer le sens de l'avis de la commission, qu'il ne lui a pas été notifié ni le sens ni les motifs de l'avis rendu par la commission d'expulsion ; les éléments factuels ne sont pas sérieusement contestés par le préfet, en l'espèce, si les services de l'aide sociale avaient correctement accompagné M. A ce dernier se serait déclaré de nationalité française à sa majorité ; il ne présente pas une menace à l'ordre public : sept condamnations dont il a fait l'objet sont anciennes de plus de cinq ans et constituent de courtes peines d'incarcération y compris avec sursis, elles ont toutes été exécutées, seule la dernière condamnation est sérieuse, elle doit être regardée comme une condamnation isolée ; M. A travaillait avant son incarcération dans le domaine de la restauration où il obtenait des missions d'intérim ; il s'engage à saisir la dernière chance qui pourrait lui être donnée et s'engage à ne plus commettre d'acte délinquant ; il souffre d'un problème de santé et doit suivre un régime alimentaire ; son frère fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui au regard de la jurisprudence récente de la cour administrative d'appel de Bordeaux a de bonnes chances de se voir annulée.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 8 octobre 2024 par lequel le préfet de la Corrèze a prononcé son expulsion du territoire français.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " l'admission provisoire est accordée par la juridiction compétente ou son président ou par le président de la commission mentionnée à l'article
L. 432-13 ou à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 22 octobre 2024 sur laquelle il n'a pas été statué à la date de la présente ordonnance. Il y a lieu, en application des dispositions mentionnées au point 2, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
5. En l'état de l'instruction et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de l'arrêté pris le 8 octobre 2024 doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. L'Etat, qui n'est pas la partie perdante, ne peut être condamné à verser une quelconque somme sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Toulouse et au ministre de l'intérieur. Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Corrèze.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La juge des référés,La greffière en chef,
H. SIQUIER A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026