lundi 25 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2402119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JUGE UNIQUE D JOSSERAND-JAILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Toulouse, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les arrêtés du 12 novembre 2024 par lesquels le préfet de la Haute-Vienne, d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, d'autre part, l'a assigné à résidence pour quarante-cinq jours dans la commune de Limoges ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne les arrêtés en litige pris dans leur ensemble :
- le signataire ne justifie pas de sa compétence ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- l'obligation de quitter le territoire en litige est entachée d'erreur de fait en retenant qu'il ne justifie pas d'une entrée en France en 2018 alors même que le fait est constaté par des décisions juridictionnelles ;
- cette erreur, en ce qu'elle ressort de la motivation de l'obligation de quitter le territoire, révèle un défaut d'examen sérieux et personnalisé du dossier ;
- la mesure porte à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée en violation des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- il justifie ne pas présenter de risque de fuite et d'un hébergement permanent, remplissant ainsi les conditions pour bénéficier d'un délai de départ volontaire ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- l'interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de fait quant à sa date d'arrivée en France, qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle porte à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée en violation des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, notamment quant à sa volonté d'intégration professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation au regard de l'ordre public.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle porte à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée en violation des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- l'assignation à résidence est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'erreur de fait quant à sa date d'arrivée en France, qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle porte à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée en violation des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut :
- au rejet de la requête ;
- à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 750 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. A a présenté une demande d'aide juridictionnelle enregistrée le 15 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné M. Josserand-Jaillet, président honoraire, pour statuer notamment sur les litiges visés aux articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Josserand-Jaillet a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen né le 2 mars 1998 à Gaoual, a, selon ses déclarations, quitté son pays d'origine le 1er mars 2016 pour se rendre irrégulièrement en Italie où, le 2 novembre 2016, il a formé une demande d'asile qui a été rejetée. Il déclare être entré irrégulièrement le 20 juin 2018 en France où il s'est maintenu depuis en situation irrégulière, s'étant soustrait à une procédure de transfert vers l'Italie à la suite d'une demande d'asile effectuée le 26 juillet 2018, circonstances qui ont conduit à le considérer en situation de fuite depuis le 15 octobre 2018. En réponse à une demande de titre de séjour de régularisation par le travail du 4 février 2020, réitérée par une demande de renouvellement de récépissé le 8 décembre 2020, le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire et a fixé le pays de renvoi, par un arrêté du 10 décembre 2020 confirmé par un jugement du tribunal administratif du 8 avril 2021 et une ordonnance de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 4 mai 2023. Par une nouvelle décision du 6 juillet 2021, le préfet de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de réexamen de sa situation formée le 24 juin précédent. A la suite d'une demande d'autorisation de travail formée par un employeur le 5 février 2022, et répétée le 6 octobre 2024, M. A avait été muni d'un récépissé de demande de titre de séjour le 15 avril 2022. L'irrégularité de sa présence en France a été révélée par son audition le 11 novembre 2024 par les services de police, dans le cadre d'un contrôle routier. Par deux arrêtés du 12 novembre 2024, le préfet de la Haute-Vienne, d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, d'autre part, l'a assigné à résidence pour quarante-cinq jours dans la commune de Limoges. M. A demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 15 novembre 2024 sur laquelle il n'a pas été statué à la date du présent jugement. Il y a lieu, en application des dispositions mentionnées au point 2, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'étendue du litige :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".
5. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté par l'intéressé qu'à la date des décisions en litige il ne justifiait pas être en possession d'un document établissant la régularité de sa situation en France.
6. Il ressort des termes du dispositif du premier des arrêtés du 12 novembre 2024, éclairé par sa motivation, dont M. A demande l'annulation dans la présente instance que, s'il a pour objet d'obliger l'intéressé à quitter le territoire français sans délai, de fixer le pays de renvoi et prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, il n'étend pas cet objet ni n'a pour effet de rejeter une demande de titre de séjour qu'aurait présentée M. A, à qui ainsi qu'il a été dit précédemment, la régularisation du séjour a été refusée par une décision du 10 décembre 2020, confirmée sur jugement du tribunal du 8 avril 2021, ou de lui refuser le séjour autrement qu'au seul constat de sa situation irrégulière. Il suit de là que le préfet de la Haute-Vienne a entendu, pour prendre la décision en litige, se placer exclusivement dans le cas prévu par le 1° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par ailleurs expressément visé dans l'arrêté en litige.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les arrêtés en litige pris dans leur ensemble :
7. En premier lieu, M. Laurent Monbrun, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Vienne et signataire de l'arrêté en litige, bénéficie d'une délégation de signature du préfet de la Haute-Vienne en date du 27 octobre 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 87-2024-10-27-00001 du même jour, à l'effet notamment de signer " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". M. A ne peut, en tout état de cause, utilement alléguer que les conditions de cette délégation n'étaient pas réunies en l'absence de toute condition mise à la délégation de signature sur ce point. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens tirés d'un défaut de motivation, d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen particulier s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français, de l'assignation à résidence et de l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. En deuxième lieu, il ressort de la motivation des arrêtés en litige et des autres pièces du dossier que le préfet, pour prendre les mesures en litige, a pris en compte la situation personnelle et familiale de M. A, relevant que sa compagne résidait, irrégulièrement, en Espagne, et sa fille, mineure, dans son pays d'origine avec les autres membres de sa famille, et a pris en compte la globalité de la situation de l'intéressé sur le territoire et les conditions de son séjour en France. Par une motivation commune à l'ensemble des décisions qu'ils comportent, les arrêtés en litige énoncent clairement les considérations de droit et de fait relatives à la situation personnelle de M. A sur lesquelles ils se fondent, notamment quant aux conditions de son entrée et de son séjour en France, à ses démarches et aux mesures de refus de séjour et d'éloignement antérieures, et à ses attaches respectives, dans une mesure suffisante pour permettre à son destinataire d'en connaître et discuter utilement les motifs, et pour mettre le juge de l'excès de pouvoir en mesure d'exercer son office en pleine connaissance de cause. L'obligation de quitter le territoire et l'interdiction de retour sur le territoire français, dont aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration qu'elles devraient reprendre de manière exhaustive tous les éléments de la situation de fait de l'intéressé, sont, dès lors, suffisamment motivées notamment au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et, en tout état de cause, de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, s'il ressort, ainsi que le relève à raison le requérant, du jugement susmentionné du 8 avril 2021 que M. A peut se prévaloir de la rédaction des motifs de cette décision juridictionnelle pour invoquer une entrée en France en 2018, la seule circonstance que le préfet ait néanmoins considéré cette date comme non établie n'est pas de nature à caractériser une erreur de fait qui, certes opérante, sans être nécessairement pertinente, à l'encontre d'un refus de séjour, aurait eu pour effet de modifier le sens de la mesure, distincte, d'éloignement prise à l'encontre de l'intéressé non plus que de révéler par elle-même un défaut d'examen particulier de sa situation. Les moyens tirés d'une insuffisance de motivation, d'une erreur de fait, et d'un défaut d'examen particulier de sa situation, en tant que celui-ci est déduit du premier mais également de ce que le préfet a écarté, fût-ce à tort, les éléments de fait établissant l'entrée de l'intéressé en 2018 en France, manquent dès lors en fait et doivent être écartés.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'atteinte au droit à une vie privée et familiale commun à l'ensemble des décisions en litige :
9. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Ces stipulations ne sauraient, en tout état de cause, s'interpréter comme comportant pour un Etat l'obligation générale de respecter le choix, par un demandeur de titre de séjour, d'y établir sa résidence privée et de permettre son installation ou le regroupement de sa famille sur son territoire. En outre, il appartient à l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, tel qu'il ressort de ces mêmes stipulations, de celles de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne, laquelle prévoit également que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses communications " ou tel qu'il découle de la Constitution du 4 octobre 1958, d'apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a, le cas échéant, conservés dans son pays d'origine. Par ailleurs, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
10. M. B A, ressortissant guinéen, est entré sur le territoire français en 2018, à l'âge de trente ans, après avoir transité, en 2016, date à laquelle il déclare avoir quitté son pays d'origine, par l'Italie où il avait été débouté de l'asile. Il fait valoir, à l'appui de sa requête, sa francophonie, l'ancienneté de sa présence en France, ses démarches actives pour exercer une activité professionnelle et bénévole, et la présence, néanmoins irrégulière, de sa compagne depuis 2018 en Espagne. Toutefois, et au regard des conditions de son séjour sur le territoire, en méconnaissance de décisions lui refusant le séjour et prononçant son éloignement, s'étant soustrait à ces dernières, il n'apporte, la seule circonstance qu'il soit francophone n'étant à cet égard pas déterminante, pas d'éléments permettant de démontrer l'existence d'une insertion dans la société française, où notamment il est sans aucune ressource légale, ni perspective à court terme et sans hébergement stable. Il n'est par ailleurs pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où demeure sa fille mineure de onze ans avec un membre de sa famille, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-huit ans et où il a ainsi nécessairement tissé des liens. Il ne ressort enfin des pièces du dossier aucun obstacle à ce que la cellule familiale, aujourd'hui éclatée de son seul fait, se reconstitue avec sa compagne et leur fille en Guinée ou dans tout autre pays où ils seraient, ensemble, admissibles. Au surplus, M. A ne peut utilement faire valoir qu'il ne représente aucune menace pour l'ordre public, cette considération n'étant en tout état de cause pas au nombre des motifs retenus par le préfet pour prononcer à son encontre les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré d'une atteinte à son droit à une vie privée et familiale normale, tiré notamment de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté. Par les mêmes motifs, le préfet de la Haute-Vienne n'a pas entaché la décision en litige d'une erreur manifeste dans son appréciation de la situation personnelle de M. A.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
11. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté par l'intéressé, dont la compagne réside irrégulièrement en Espagne, que celui-ci s'est maintenu irrégulièrement en France en méconnaissance de précédentes mesures de refus de séjour et d'éloignement prises à son encontre, en s'y soustrayant, est démuni de documents d'identité et de voyage, et, s'il a déclaré à la date de l'assignation à résidence en litige être hébergé chez des amis, soulignant au surplus sa volonté de se maintenir en France, ne justifie pas, nonobstant ses tentatives de régularisation de sa situation, de garanties de représentation suffisantes. Dans ces conditions particulières à l'espèce, c'est sans entacher sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de M. A que le préfet de la Haute-Vienne a pu lui refuser un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français et l'assignation à résidence :
12. En dernier lieu, Il résulte de ce qui vient d'être dit que M. A ne peut exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'interdiction de retour sur le territoire français et la décision l'assignant à résidence en litige.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme au conseil de M. A au titre des frais liés au litige. Il n'apparaît pas inéquitable, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge de l'Etat les frais exposés par le préfet de la Haute-Vienne à l'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2:Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3:Les conclusions de l'Etat tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Haute-Vienne.
Copie pour information en sera adressée à Me Toulouse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
D. JOSSERAND-JAILLET
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Cheffe
La Greffière
M. C8
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026