lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2402194 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DOUNIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Dounies, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 22 novembre 2024, par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) de lui accorder, sur le fondement des dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et notamment l'octroi d'un hébergement, outre le versement de l'allocation pour demandeur d'asile avec rappel des sommes dues depuis son interruption et dans l'attente de ce versement, le bénéfice d'avances perçues du gestionnaire du lieu d'hébergement, et ce, dans un délai de 24 heures, à compter de la notification de la décision à intervenir et ce, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Ofii une somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a urgence car elle et son enfant âgé seulement de 7 mois, vont se retrouver à la rue le 28 novembre 2024 ; cette absence de maintien dans le dispositif d'hébergement d'urgence est d'autant plus préjudiciable au vu de la période hivernale qui s'annonce ; ils ne peuvent se reloger par eux même dans le parc locatif privé alors qu'ils ne disposent d'aucune ressource ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés : du défaut de motivation en droit et en fait de la décision attaquée eu égard aux exigences de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, du vice de procédure en ce que Mme B n'a pas été mise en mesure de présenter ses observations à l'Ofii en application des dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation en ce que le directeur de l'Ofii a refusé le bénéfice des conditions matérielles à la requérante sans avoir procédé à un examen suffisamment complet de sa situation et notamment en ce qui concerne sa vulnérabilité.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable et que l'urgence n'est pas démontrée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du juge des référés notifiée le 29 novembre 2024 sous le n° 2402195 statuant par application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;
- la requête enregistrée le 28 novembre 2024 sous le n° 2402196 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Revel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Revel,
- les observations de Me Charoing pour Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 22 novembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a notifié à Mme B un refus des conditions matérielles d'accueil au motif que celle-ci n'avait pas sollicité l'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours suivant son entrée sur le territoire français. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. En outre, l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-4, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours. "
5. Pour justifier de l'urgence, la requérante soutient que la décision litigieuse préjudicie gravement et immédiatement à sa situation. Elle soutient que, du fait de cette décision, elle se trouve dans une situation d'une grande précarité et de grande vulnérabilité puisqu'elle est contrainte de dormir à la rue avec son enfant âgé seulement de 7 mois. Toutefois, par une ordonnance notifiée le 29 novembre 2024, le juge des référés saisi en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative a enjoint au préfet de la Haute-Vienne de maintenir l'hébergement de Mme B dans un lieu d'hébergement susceptible de l'accueillir avec son enfant. Par ailleurs, lorsque le juge administratif est saisi d'un recours pour excès de pouvoir dans les conditions prévues par les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours. Ainsi, par un courrier du 3 décembre 2024, la présente juridiction a averti la requérante que son recours en annulation enregistré le 28 novembre 2024 sous le n°2402196 avait été inscrit au rôle de l'audience publique du 9 décembre 2024. Dans ces conditions, la décision qui sera rendue concernant le présent référé suspension sera suivi concomitamment de la décision rendue par les juges du fond sur sa demande en annulation. Dès lors, il résulte de tout ce qui précède que la condition tenant à l'urgence ne peut être regardée comme satisfaite eu égard aux exigences des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer ni sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, ni sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision, que les conclusions présentées par Mme B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Dounies et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.
Le juge des référés,
F-J. REVEL
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026