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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2402388

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2402388

mercredi 8 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2402388
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJUGE UNIQUE D JOSSERAND-JAILLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 décembre 2024, et un mémoire, enregistré le 6 janvier 2025, Mme A B, représentée par Me d'Allivy Kelly, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 16 décembre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'Ofii, à titre principal, de la rétablir dans les conditions matérielles d'accueil dont hébergement dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation à cette fin, dans le même délai et sous astreinte, en cas de réexamen, de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et familiale, notamment au regard de son état de vulnérabilité ;

- les lacunes de la fiche d'entretien établissent l'insuffisance de cet examen ;

- elle n'a pas été en mesure de présenter utilement ses observations préalablement ;

- la décision en litige méconnaît les dispositions des articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle présente une situation de vulnérabilité aggravée par la charge de son enfant mineur ; l'Office français de l'immigration et de l'intégration a ainsi commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation ;

- cette décision est illégale en raison de l'illégalité, tenant à son défaut de notification, de la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil ;

- elle est intervenue en violation de l'intérêt supérieur de son fils en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions qui refusent, totalement ou partiellement, au demandeur d'asile le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme B a présenté une demande d'aide juridictionnelle enregistrée le 5 janvier 2025.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Josserand-Jaillet ;

- les observations de Me D'Allivy Kelly, représentant Mme B. La demande tendant à l'intervention d'un interprète à l'audience, formulée dans le mémoire de la requérante enregistré à 03h43 le 6 janvier 2025, pour l'audience à 10h30 le même jour sur convocation notifiée le 30 décembre 2024, n'a pu matériellement être satisfaite en l'absence de disponibilité d'un interprète en langue albanaise.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante albanaise née le 6 janvier 1986 à Shkoder, est, selon ses déclarations, entrée irrégulièrement en France où elle a demandé l'asile le 25 juin 2020. L'intéressée avait, lorsqu'elle avait été munie de son attestation de demande d'asile, sollicité et accepté, le même jour, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil auprès des services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii). Par une décision du 6 février 2021, le directeur territorial de l'Ofii lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'elle ne s'était pas présentée aux autorités chargées de l'asile en méconnaissance de l'obligation qui en découlait. Par une décision du 16 décembre 2024, le directeur territorial de l'Ofii a rejeté la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil de Mme B. Celle-ci demande l'annulation de cette décision.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire et la demande d'interprète :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Mme B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 5 janvier 2025 sur laquelle il n'a pas été statué à la date du présent jugement. Il y a lieu, en application des dispositions mentionnées au point 2, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

4. Les dispositions de l'article R. 776-23 du code de justice administrative, qui instituent au profit de l'étranger qui ne parle pas suffisamment la langue française la possibilité de bénéficier de l'assistance d'un interprète lors de l'audience afin de présenter des observations orales, ne sont applicables qu'aux seuls recours dirigés contre les décisions mentionnées à l'article R. 776-1 du même code, lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence. La requérante ne peut par suite, en tout état de cause au regard des conditions susvisées dans lesquelles cette demande a été formée, utilement présenter cette dernière dans le dernier état de ses écritures ni opposer à l'audience publique la circonstance qu'aucun interprète ne s'est déclaré disponible. Il ne ressort, par ailleurs et surabondamment, pas des pièces du dossier que les circonstances de l'espèce rendent utile la désignation d'un interprète dans la présente instance.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III. ". Toutefois, aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; /2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 ; ()La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Aux termes de l'article L. 551-16 dudit code : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : /1° Il quitte la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; /2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L. 552-9 ; /3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; ()La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. /Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ". Par ailleurs, selon les termes de l'article D. 551-17 dudit code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Elle prend effet à compter de sa signature. ". À cet égard, l'article L. 522-3 de ce même code prévoit que : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".

5. Il résulte des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) après l'enregistrement de la demande d'asile. Dans le cas où elle envisage de refuser les conditions matérielles d'accueil ou d'y mettre fin sur le fondement des articles L. 551-15 ou L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité compétente de l'Ofii d'apprécier la situation particulière du demandeur au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il devait déférer pour bénéficier des conditions matérielles d'accueil.

6. Pour refuser à Mme B le rétablissement des conditions matérielles d'accueil après avoir examiné ses besoins et sa situation personnelle et familiale, le directeur territorial de l'Ofii s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressée ne justifiait pas, dans sa demande, les raisons pour lesquelles elle n'avait pas respecté les obligations attachées à l'octroi initial.

7. En l'espèce, tout d'abord, la décision contestée vise les textes dont elle fait application, en particulier les dispositions de l'article L. 551-16 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se réfère aux décisions antérieures et à la demande de rétablissement rejetée, et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme B sur lesquelles le directeur territorial de l'Ofii s'est fondé pour lui refuser le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Contrairement à ce que soutient la requérante, le motif sur lequel repose la décision en litige, tiré de ce que Mme B ne s'était pas présentée aux autorités chargées de l'asile, est clairement indiqué en même temps qu'y est précisé qu'aucun des éléments exposés dans la demande de rétablissement ne justifie de cette méconnaissance des obligations alors acceptées par Mme B ni n'établit qu'à la date du 16 décembre 2024 l'intéressée les respecterait, tandis que par ailleurs il ressort des termes mêmes de la décision en litige qu'elle a été prise après examen de sa situation personnelle et familiale. Par suite, la décision attaquée, qui comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et ont ainsi permis à Mme B d'en contester utilement le bien-fondé, est suffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 551-16 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En deuxième lieu, il ressort de la fiche d'évaluation de vulnérabilité, signée par la requérante, que l'entretien du 6 décembre 2024 a été mené avec l'assistance d'un interprète dans une langue que comprend Mme B, sans qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne fasse obligation à l'administration d'indiquer expressément l'identité de l'interprète ni les modalités exactes de l'intervention de celui-ci, l'absence de telles mentions, sans incidence en tout état de cause sur les garanties apportées à l'intéressée par la traduction, restant également sans incidence sur la régularité de l'acte préparatoire que constitue la fiche récapitulative par rapport à la décision en litige. De même, ladite fiche mentionne expressément l'enfant de Mme B dans le cadre " description de la famille ", dont il s'infère des renseignements qui y sont portés que sa famille est constituée d'elle-même et de son fils mineur. Enfin, la seule circonstance que les déclarations de l'intéressée relevées dans cette fiche laissent subsister une incertitude sur l'itinéraire qui aura précédé sa dernière entrée en France est sans incidence sur la vulnérabilité que ladite fiche a pour objet d'aider à apprécier. Par suite, le moyen tiré de lacunes que comporterait ce document manque en fait. Dès lors, il ne ressort ni des termes de la décision contestée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le directeur territorial de l'Ofii n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle et familiale de Mme B, notamment du point de vue de sa vulnérabilité globale. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit est infondé et ne peut qu'être écarté.

9. En troisième lieu, il résulte des dispositions précitées que, si le refus des conditions matérielles d'accueil ou la décision mettant fin à celles-ci ne peuvent intervenir qu'après que l'intéressé ait été mis en mesure de présenter ses observations, aucune obligation de recueillir de telles observations ne pèse sur l'administration avant qu'elle statue sur une demande tendant au rétablissement des conditions matérielles d'accueil, laquelle, émanant de l'étranger concerné, expose par nature les raisons que celui-ci développe à l'appui ainsi que les éléments de sa situation qu'il estime pertinents. Au demeurant, la seule circonstance que les éléments exposés n'aient pas été retenus par l'autorité chargée de l'examen de la demande ne saurait par elle-même établir qu'ils n'auraient pas été pris en compte dans l'évaluation de la vulnérabilité de l'intéressée. Dès lors, et en tout état de cause, la circonstance que Mme B n'aurait pas, à la suite de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, été invitée à développer ou produire de nouvelles observations avant qu'intervienne la décision en litige est en tout état de cause sans incidence et le moyen qui en est tiré doit être écarté.

10. En quatrième lieu, Mme B ne fait état d'aucun motif légitime de nature à justifier sa méconnaissance, non contestée, des obligations qu'elle avait acceptées ni de ce qu'elle s'y soumettrait à la date de la décision en litige. Si elle soutient que ce manquement résulte de sa charge d'un enfant mineur sans expliquer en quoi cette circonstance l'avait empêchée de se soumettre à ses obligations, en l'espèce de se présenter pour être remise aux autorités de l'Etat-membre responsable de l'examen de sa demande d'asile, elle n'établit pas se trouver dans une situation particulière de vulnérabilité au regard de la protection des demandeurs d'asile en ce que cette dernière incombe à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, c'est sans méconnaitre les dispositions précitées de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entacher sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la vulnérabilité de Mme B que le directeur territorial de l'Ofii a refusé de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil.

11. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". L'intérêt supérieur de l'enfant de Mme B est de vivre avec sa mère. La décision en litige n'a pas pour objet ni pour effet de provoquer une séparation, fût-elle temporaire, de l'enfant mineur de Mme B d'avec celle-ci. Mme B n'est par suite pas fondée à soutenir que cette décision est intervenue en violation de ces stipulations.

Enfin, et en tout état de cause, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. Le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil de Mme B, à la suite de sa nouvelle demande du 6 décembre 2024, n'a pas été pris en application de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 15 février 2021, largement antérieure au demeurant, mettant fin à ses conditions matérielles d'accueil, l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant alors constaté qu'elle était en fuite, ne s'étant pas présentée aux autorités pour sa remise aux autorités étrangères alors responsables de l'examen de sa demande d'asile. Ces décisions n'en constituent pas plus la base légale. Par suite, la requérante ne peut utilement invoquer les circonstances à l'origine de ces décisions, dont d'ailleurs la décision en litige relève qu'elle n'en apporte aucune justification, à l'appui de la contestation de la décision de rejet de sa demande de rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil, seule en cause dans le présent litige.

12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision contestée du 16 décembre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Ofii a rejeté sa demande tendant au rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

13. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme au conseil de Mme B au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er: Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2:Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Copie pour information en sera adressée à Me d'Allivy Kelly.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2025.

Le magistrat désigné,

D. JOSSERAND-JAILLET

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour La Greffière en Cheffe

La Greffière

M. C

cg

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