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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2500634

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2500634

jeudi 15 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2500634
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme B, qui contestait le refus du directeur du centre de détention d'Uzerche de lui délivrer un permis de visite pour son conjoint incarcéré. La décision de refus était fondée sur l'article L. 341-7 du code pénitentiaire, en raison de la condamnation du détenu pour violences sur conjoint, dont la requérante était la victime, justifiant un motif de prévention des infractions. Le tribunal a estimé que les arguments de Mme B, selon lesquels son compagnon n'était pas violent et qu'aucune interdiction de contact n'avait été prononcée, étaient manifestement insusceptibles de remettre en cause ce motif. En conséquence, la requête a été rejetée comme ne comportant que des faits manifestement insuffisants, en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 mars 2025, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 17 mars 2025 par laquelle le directeur du centre de détention d'Uzerche a rejeté sa demande de permis de visite à son conjoint en détention.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code pénitentiaire ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".

2. Aux termes de l'article L. 341-7 du code pénitentiaire : " L'autorité administrative ne refuse de délivrer, suspend ou retire un permis de visite aux membres de la famille d'une personne condamnée, que pour des motifs liés au maintien du bon ordre et de la sécurité ou à la prévention des infractions () ".

3. Par la décision attaquée, le directeur du centre de détention d'Uzerche a refusé à Mme B de délivrer un permis de visiter son concubin détenu dans le centre. Pour rejeter sa demande, il s'est fondé sur l'article R. 341-2 du code pénitentiaire, qui prévoit que les motifs précisés par la disposition susvisée, de nature à entraîner un refus de délivrer le permis de visite, sont établis en cas d'infractions sur le concubin. Or, le détenu, concubin de la requérante, a été condamné par le tribunal correctionnel de Niort le 8 novembre 2024 à une peine d'emprisonnement délictuel de 8 mois pour des faits de violences sur conjoint, dont la victime est précisément la requérante.

4. A l'appui de sa requête, la requérante se borne à préciser que son compagnon n'est pas violent, et que le tribunal correctionnel de Niort n'a pas prononcé d'interdiction de contact à son égard. De telles considérations sont sans portée utile au regard du motif qui fonde la décision attaquée, liée à la prévention d'un risque de réitération de l'infraction commise par le détenu. Par suite, à supposer que Mme B puisse être regardée comme invoquant un moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise par le directeur du centre de détention d'Uzerche, un tel moyen n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien. Il suit que sa requête doit être rejetée par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Limoges, le 15 mai 2025.

Le vice-président,

F-J. REVEL

La République mande et ordonne

au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef,

La Greffière

M. C

jb

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