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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2500853

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2500853

mardi 1 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2500853
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL AVOC'ARENES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. A, ressortissant guinéen, contestant l'arrêté préfectoral du 24 février 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que la décision d'éloignement était légale, le requérant ne justifiant d'aucune circonstance exceptionnelle pour un titre de séjour, et que son droit à une vie privée et familiale n'était pas méconnu au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. L'interdiction de retour d'un an a été confirmée, faute d'éléments justifiant une durée moindre. Enfin, le refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour a été validé, la demande étant irrecevable en raison de l'obligation de quitter le territoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 29 avril, 6 mai et 26 mai 2025, M. C A, représenté par Me Toulouse, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2025 du préfet de la Corrèze, en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'annuler la décision du 12 mai 2025 par laquelle le préfet de la Corrèze a refusé de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de cette décision ;

- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- le préfet de la Corrèze n'a pas fait un examen sérieux de sa situation ;

- eu égard à la demande de titre de séjour qu'il a présentée le 5 février 2025, dont le préfet n'a pas tenu compte, il ne pouvait faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- cette décision méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est entachée d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour sur lequel elle se fonde ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est entachée d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour sur lequel elle se fonde ;

- cette décision méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la décision de refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour :

- cette décision a été signée par une personne incompétente ;

- le préfet de la Corrèze ne pouvait accuser réception deux fois de la même demande ;

- il a simplement, dans le cadre de sa demande de titre de séjour déposée le 5 février 2025, transmis par courrier du 27 mars 2025 les pièces complémentaires qui lui avaient été demandées par courrier du 11 mars 2025.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 mai 2025, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 avril 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boschet,

- les observations de Me Castille, substituant Me Toulouse et représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant guinéen né le 2 mars 2000, M. A déclare être entré en France au cours du mois d'avril 2023. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 29 mai 2024 du directeur général de l'Ofpra, confirmée le 8 novembre 2024 par la CNDA. Le 5 février 2025, il a sollicité une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 24 février 2025, le préfet de la Corrèze a abrogé son attestation de demande d'asile, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté du 24 février 2025 en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Il demande également l'annulation de la décision du 12 mai 2025 par laquelle le préfet de la Corrèze a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour présentée le 5 février 2025, complétée le 27 mars 2025.

Sur l'arrêté du 24 février 2025 :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, Mme Nicole Chabannier, secrétaire général de la préfecture de la Corrèze et signataire de l'arrêté contesté, bénéficie d'une délégation de signature du préfet de la Corrèze en date du 10 février 2025, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Corrèze () " à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision portant obligation de quitter le territoire français manque en fait et doit donc être écarté.

3. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient M. A, la décision par laquelle le préfet de la Corrèze l'a obligé à quitter le territoire français comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort ni des motifs de l'arrêté litigieux ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Corrèze n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. A avant de l'obliger à quitter le territoire français. A cet égard, si M. A reproche au préfet de la Corrèze de ne pas avoir tenu compte de la demande d'admission exceptionnelle au séjour qu'il a présentée le 5 février 2025, il ressort des pièces du dossier que cette demande, à défaut en particulier de comporter le " justificatif de nationalité " exigé par la rubrique 66 du tableau figurant à l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'était pas encore complète malgré l'acte de naissance produit par l'intéressé. Il ressort des pièces du dossier que ce n'est que le 27 mars 2025, soit postérieurement à l'édiction de l'arrêté litigieux, que M. A, en réponse à la demande de pièce complémentaire qui lui a été adressée par un courrier du 11 mars 2025, a complété son dossier de demande de titre de séjour en produisant une carte consulaire. Dans ces conditions, et alors en tout état de cause que, dans les motifs de son arrêté du 24 février 2025, le préfet de la Corrèze a par ailleurs précisé que l'intéressé " ne remplit pas les conditions d'une régularisation de sa situation administrative () au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ", le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de la situation du requérant doit être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ". Aux termes de l'article R. 431-12 de ce code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. / Le récépissé n'est pas remis au demandeur d'asile titulaire d'une attestation de demande d'asile ".

6. Dès lors que, comme il a été indiqué au point 4, la demande de titre de séjour présentée le 5 février 2025 par M. A n'était pas complète à la date d'édiction de l'arrêté du 24 février 2025, l'intéressé ne disposait d'aucun droit à se voir remettre un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à rester sur le territoire national jusqu'à ce qu'il soit statué sur cette demande. N'étant pas titulaire d'un des documents mentionnés au 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. A, qui ne disposait plus du droit de se maintenir en France à la suite du rejet de sa demande d'asile par la CNDA, pouvait légalement faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de ce même article. Par suite, le moyen tiré de ce que M. A n'aurait pu faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en raison de la demande d'admission exceptionnelle au séjour qu'il a présentée le 5 février 2025 doit être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses communications ".

8. Célibataire et sans enfant, M. A est entré récemment en France et n'y a séjourné de manière régulière qu'en qualité de demandeur d'asile. Il n'établit ni même n'allègue qu'il aurait exercé une activité professionnelle et ne justifie pas qu'il aurait des liens privés ou familiaux d'une particulière intensité sur le territoire français. Dans ces conditions, en dépit de ses activités au sein d'associations, des cours de français qu'il a suivis et de la promesse d'embauche en contrat à durée déterminée qui lui a été faite par la SCEA des Chaux pour un emploi d'ouvrier agricole, le préfet de la Corrèze n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant en l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point 7 doit être écarté.

9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

10. Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Tel n'est pas le cas de la mise en œuvre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel ne prescrit pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laisse à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut. M. A ne peut ainsi utilement soutenir, à l'appui de ses conclusions dirigées à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, de ce que cette mesure ne pouvait légalement être prononcée à son encontre au motif qu'il aurait dû se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions. En tout état de cause, eu égard à ce qui a été indiqué au point 8, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé risquerait d'être exposé à des peines ou traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, l'admission au séjour de M. A ne répond pas à des considérations humanitaires et ne se justifie pas au regard de motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

11. En premier lieu, eu égard à ce qui a été indiqué précédemment, le moyen tiré, par voie d'exception, de ce que la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde doit être écarté.

12. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 8, les moyens tirés de ce que la décision fixant le pays de renvoi méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doivent être écartés.

13. En troisième lieu, selon l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

14. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté en litige, en cas de renvoi en Guinée, le requérant, dont la demande d'asile a par ailleurs été définitivement rejetée, aurait été exposé à des risques de peines ou de traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été indiqué précédemment, le moyen tiré, par voie d'exception, de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an est entachée d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde doit être écarté.

16. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an comporte l'énoncé des motifs de droit et de fait sur lesquels elle se fonde. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

18. Eu égard aux éléments relatifs à la situation privée et familiale de M. A, tels qu'ils ont été rappelés au point 8, et bien que l'intéressé n'ait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et ne représente pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Corrèze n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en lui interdisant de retourner en France pendant une durée d'un an. De même, cette interdiction ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale et ne méconnaît donc pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision du 12 mai 2025 portant refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. A :

19. En premier lieu, la décision du 12 mai 2025 mentionne qu'elle a été signée par " le préfet ". Par suite, alors qu'il n'est pas contesté qu'elle a bien été signée par le préfet de la Corrèze, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision doit être écarté.

20. En second lieu, pour refuser de procéder à l'enregistrement de la demande de titre de séjour présentée le 5 février 2025 par M. A, et qui n'est devenue complète qu'à la date de réception de sa lettre du 27 mars 2025, le préfet de la Corrèze s'est fondé sur le motif tiré de ce qu'il faisait l'objet d'un arrêté du 24 février 2025 l'obligeant à quitter le territoire français et qu'il ne produisait " pas de nouveaux éléments de fait ou de droit modifiant [sa] situation et justifiant l'enregistrement d'une nouvelle demande ". En se bornant à indiquer que le préfet de la Corrèze " ne pouvait accuser réception deux fois de la même demande " et qu'il a simplement, dans le cadre de sa demande de titre de séjour du 5 février 2025, transmis par courrier du 27 mars 2025 les pièces complémentaires qui lui avaient été demandées par courrier du 11 mars 2025, M. A ne conteste pas utilement le bien-fondé du motif qui lui a été opposé par l'administration pour refuser d'enregistrer sa demande de titre de séjour.

21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et, par voie de conséquence, les autres conclusions présentées par M. A et son conseil doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de la Corrèze et à Me Toulouse.

Délibéré après l'audience du 17 juin 2025, à laquelle siégeaient :

M. Revel, président,

M. Boschet, premier conseiller,

M. Gazeyeff, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2025.

Le rapporteur,

J.B. BOSCHET

Le président,

FJ. REVEL

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef

La greffière,

M. B

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