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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2500893

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2500893

lundi 12 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2500893
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de l’astreinte administrative infligée à la SCEA Le Gabriau par le préfet de l’Indre pour non-respect d’une mise en demeure. Le juge estime que la condition d’urgence n’est pas remplie, en raison de la proximité de l’audience au fond fixée au 3 juin 2025, qui permettra de statuer sur la légalité de la décision contestée et de la mise en demeure sous-jacente. Par conséquent, la requête est rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité, ainsi que les conclusions accessoires au titre des frais d’instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 mai 2025, la société civile d'exploitation agricole (SCEA) Le Gabriau, représentée par Me Fau, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'une part, de suspendre l'exécution de la décision du 4 avril 2025, par laquelle le préfet de l'Indre l'a rendu redevable d'une astreinte administrative pour non-respect de l'arrêté de mise en demeure du 22 décembre 2022 et, d'autre part, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code d justice administrative.

Il soutient que la condition d'urgence est remplie et qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

Vu :

- la requête enregistrée le 7 mai 2025 sous le n° 2500889 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. François-Joseph Revel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". D'autre part, aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, l'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant et de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la requête enregistrée le 21 février 2023 au greffe du tribunal sous le n° 2300262, par laquelle la SCEA Le Gabriau, représentée par son gérant, M. A, demande l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Indre du 22 décembre 2022 portant mise en demeure de procéder à la remise en état du plan d'eau Le Gabriau sur le territoire de la commune de Lingé et, d'autre part, que les requêtes enregistrées les 18 mars et 7 mai 2025 au greffe du tribunal sous les nos 2500569 et 2500889, par lesquelles M. A et la SCEA Le Gabriau demandent l'annulation des décisions de ce même préfet, du 17 février et 4 avril 2025, les rendant redevables d'une astreinte administrative pour non-respect de cette mise en demeure, seront inscrites au rôle de l'audience publique de la 2ème chambre du tribunal administratif de Limoges du 3 juin 2025. Compte tenu du caractère rapproché de la date de jugement tant des requêtes au fond par lesquelles les requérants demandent l'annulation du prononcé de cette astreinte, que de celle relative à la mise en demeure, la présente requête ne remplit pas la condition d'urgence telle que prévue par les dispositions précitées du code de justice administrative. Il suit de là, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il existe un moyen propre à créer un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision litigieuse, que la requête de la SCEA Le Gabriau ne peut qu'être rejetée.

4. Il y a lieu, par suite, de rejeter, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, les conclusions à fin de suspension de la SCEA Le Gabriau, ainsi que par voie de conséquences celles présentées au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SCA Le Gabriau est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCA Le Gabriau.

Fait à Limoges, le 12 mai 2025.

Le juge des référés,

F-J. REVEL

La République mande et ordonne

au ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef,

A. BLANCHON

jb

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