mercredi 8 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2001907 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DE FROMENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 février 2020, Mme G C, épouse I, représentée par Me de Froment, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2019 par laquelle de l'AP-HP (Assistance publique-hôpitaux de Paris) a arrêté au 4 décembre 2018 la date de guérison avec retour à l'état antérieur de son accident de service survenu le 9 juin 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la légalité externe :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et méconnaît l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
En ce qui concerne la légalité interne :
- elle permet de révéler que l'administration s'est, à tort, estimée en situation de compétence liée par rapport à l'avis du comité médical [lire de la commission de réforme] et est ainsi entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; notamment, l'expertise médicale sur laquelle se fonde l'administration est entachée d'erreur de fait en ce qu'elle mentionne que la requérante a eu un accident de service en 2007.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2021, l'AP-HP conclut au rejet de la requête.
L'AP-HP fait valoir qu'aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, épouse I, , demande l'annulation de la décision en date du 13 décembre 2019 par laquelle de l'AP-HP a arrêté au 4 décembre 2018 la date de guérison avec retour à l'état antérieur de son accident de service survenu le 9 juin 2018.
I. Sur les conclusions aux fins d'annulation :
I.A- En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, l'AP-HP a produit un arrêté directorial en date du 21 décembre 2018, modifiant, afin d'y inclure M. D A, de l'AP-HP et signataire de la décision attaquée, un arrêté directorial en date du 14 novembre 2013 portant délégation de signature du directeur général de l'AP-HP aux directeurs de pôles d'intérêts communs. Le 8 du B de l'article 1er de ce dernier arrêté prévoit que les directeurs des pôles d'intérêts communs peuvent signer les décisions relatives au placement ou refusant le placement des personnels non médicaux de catégorie A ou B ou C en position d'accident de service, de maladie contractée dans l'exercice de leurs fonctions et toutes les décisions prévues par l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986. Le moyen tiré de l'incompétence sera donc écarté.
3. En second et dernier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. /A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () /; (); 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () " et aux termes de son article L. 211-5 : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision attaquée, après avoir visé la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ainsi que l'avis rendu par la commission de réforme de l'AP-HP le 26 novembre 2019, mentionne que " l'accident de service de la requérante a décompensé temporairement un état pathologique antérieur manifeste et très bien documenté à type de lésions dégénératives ". Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivé.
I.B- En ce qui concerne la légalité interne :
5. En premier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni de la lecture de la décision attaquée, que l'administration se serait, à tort, estimée en situation de compétence liée par rapport à l'avis de la commission de réforme en date du 26 novembre 2019 et aurait ainsi entaché sa décision d'erreur de droit.
6. En second et dernier lieu, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, applicable à l'espèce : " le fonctionnaire en activité a droit / () /2°. A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article
L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. ".
7. A l'appui de sa décision fixant au 4 décembre 2018 la guérison avec retour à l'état antérieur de l'accident de service déclaré par Mme C, épouse I le 9 juin 2018, l'AP-HP verse un rapport d'expertise en date du 2019 rédigé sur quatre pages par le docteur H E, rhumatologue expert au service central de médecine statutaire de l'AP-HP et concluant à une guérison avec retour à l'état antérieur le 4 décembre 2018. Contrairement à ce que soutient la requérante, cette expertise médicale n'est pas entachée d'erreur de fait en ce qu'elle mentionne que la requérante a subi un accident de service en 2007, l'AP-HP produisant une déclaration d'accident de service rédigée par l'intéressée le 15 février 2007. En se bornant à produire les résultats d'une IRM (imagerie par résonance magnétique) du genou gauche réalisée le 11 décembre 2018 et d'une IRM lombaire réalisée le 12 janvier 2019, faisant état d'une gonarthrose débutante fémoro-patellaire pour le premier et de disco-lombarthroses étagées pour le second, la requérante ne contredit pas utilement le rapport d'expertise produit par l'AP-HP, dès lors que ce rapport relevait déjà l'existence de symptômes préexistants à l'accident, notamment des disco-lombarthroses étagées. Dans ces conditions le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, que Mme C, épouse I n'est pas fondée à demander l'annulation la décision en date du 13 décembre 2019 par laquelle de l'AP-HP a arrêté au 4 décembre 2018 la date de guérison avec retour à l'état antérieur de son accident de service survenu le 9 juin 2018.
II. Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'AP-HP, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C, épouse I réclame au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C, épouse I est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G C, épouse I et à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 10 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Salzmann, présidente,
- Mme de Bouttemont, première conseillère ;
- M. L'hôte, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 mars 2023.
Le rapporteur,La présidente,SignéSigné F. L'hôteM. FLa greffière,SignéA. Capelle
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026