vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2002077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CAMBONIE BERNARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 février 2020 et 8 février 2021, Mme B G, représentée par Me Bernard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du directeur du centre hospitalier de Saint-Denis en date du
11 décembre 2019, notifiée le 26 décembre suivant et arrêtant le tableau d'avancement pour l'année 2017 au grade d'adjoint administratif hospitalier de 1ère classe ;
2°) d'annuler la décision de cette même autorité en date du 20 décembre 2019 et portant réexamen de sa situation administrative ;
3°) d'annuler les nominations de Mesdames H et C au grade d'adjoint administratif hospitalier de 1ère classe ;
4°) d'enjoindre au centre hospitalier de Saint-Denis de l'inscrire au tableau d'avancement et de la promouvoir au grade d'adjoint administratif hospitalier de 1ère classe pour l'année 2017, avec toutes les conséquences de droit et de fait ;
5°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint-Denis la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
En ce qui concerne l'arrêté du 11 décembre 2019 :
- l'arrêté contesté a été pris aux termes d'une procédure irrégulière dès lors que sa situation n'a pas été examinée ni soumise au vote lors de la commission administrative paritaire, que sur les quatre représentants du personnel présents seuls deux ont voté et que le projet de tableau d'avancement soumis à la commission est irrégulier ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 13 du décret du 21 septembre 1990 dès lors que l'un des agents retenus n'avait pas l'ancienneté requise ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle a été victime d'une discrimination en raison de son engagement syndical.
En ce qui concerne la décision du 20 décembre 2019 :
- elle n'est pas motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité du tableau d'avancement.
Par trois mémoires, enregistrés les 19 août 2020, 17 septembre 2020 et 16 mars 2021, le centre hospitalier de Saint-Denis conclut au rejet de la requête et au versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre hospitalier de Saint-Denis fait valoir qu'aucun des moyens que contient la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à Mesdames H et C, qui n'ont pas produit d'observations.
Par une lettre du 28 février 2023, les parties ont été informées, qu'en application des dispositions de l'article R 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur trois moyens relevés d'office et tirés de ce que :
- le courrier du 20 décembre 2019 ne constitue pas une décision faisant grief ;
- les décisions nommant Mesdames H et C au grade d'adjointe administrative de 1ère classe n'existent pas ;
- le tableau d'avancement arrêté le 11 décembre 2019 est entaché de méconnaissance du champ d'application de la loi dans le temps.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986;
- le décret n° 90-839 du 21 septembre 1990 ;
- le décret n° 2016-636 du 19 mai 2016 ;
- le décret n° 2016-1704 du 12 décembre 2016 ;
- le décret n° 2016-1745 du 15 décembre 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- et les observations de Me Bernard, représentant Mme G.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G, agent du centre hospitalier de Saint-Denis depuis 1991, en qualité de contractuel puis de titulaire, est adjointe administrative hospitalière de 2ème classe depuis le
. Le 2 février 2018, le centre hospitalier de Saint-Denis a arrêté le tableau d'avancement pour l'année 2017 au grade d'adjoint administratif hospitalier de 1ère classe et n'a pas retenu Mme G. Par un jugement en date du , devenu définitif faute d'appel, le tribunal administratif de Montreuil a annulé cet arrêté ainsi que les nominations de Mesdames H et C au grade d'adjoint administratif de 1ère classe et enjoint au centre hospitalier de Saint-Denis de réexaminer les candidatures de Mesdames G, H et C dans un délai de trois mois. Le centre hospitalier de Saint-Denis a procédé à ce réexamen et par une décision en date du 11 décembre 2019 a arrêté le même tableau d'avancement en retenant Mesdames Deschauer et C et en excluant Mme G, ce dont cette dernière a été informée par un courrier en date du 20 décembre 2019. Elle demande l'annulation de cet arrêté du 11 décembre 2019, du courrier du 20 décembre 2019 ainsi que celle des décisions par lesquelles Mmes H et C ont été nommées au grade d'adjointes administratives hospitalière de 1ère classe.
I- Sur l'irrecevabilité partielle de la requête :
2. En premier lieu, le courrier du 20 décembre 2019, par lequel la requérante a été informée de ce que sa situation a fait l'objet d'un réexamen suite à l'annulation par le tribunal administratif de Montreuil du précédent tableau d'avancement et du maintien de ce précédent tableau d'avancement, ne constitue pas, en dépit de la mention des voies et délais de recours, une décision faisant grief. Les conclusions dirigées à son encontre doivent par conséquent être écartées.
3. En second et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le centre hospitalier de Saint-Denis, lequel postérieurement au tableau d'avancement en date du
11 décembre 2019 attaqué dans le cadre de la présente instance, a pris, le 16 décembre 2019, deux décisions maintenant Mmes H et C au grade d'adjoint administratif à compter du 31 décembre 2017, aurait nommé ces dernières au grade d'adjointe administrative de 1ère classe, lequel en tout état de cause n'existait plus. Les conclusions dirigées à l'encontre de telles décisions, qui sont inexistantes, doivent par conséquent être écartées.
II- Sur les conclusions aux fins d'annulation du tableau d'avancement :
4. Aux termes de l'article 2 du décret du 12 décembre 2016 portant statut particulier des corps des personnels administratifs de la catégorie C de la fonction publique hospitalière : " I. - Le corps des adjoints administratifs hospitaliers comprend trois grades :1° Le grade d'adjoint administratif relevant de l'échelle C1 prévue par le décret du 19 mai 2016 susvisé ;/2° Le grade d'adjoint administratif principal de 2e classe relevant de l'échelle C2 prévue par le même décret ;/ 3° Le grade d'adjoint administratif principal de 1re classe relevant de l'échelle C3 prévue par le même décret () ". Et aux termes de son article 9 : " Le présent décret entre en vigueur le 1er janvier 2017 ".
5. La décision du 11 décembre 2019 arrêtant le tableau d'avancement pour l'année 2017 au grade d'adjoint administratif hospitalier de 1ère classe est illégale en ce qu'elle procède à un avancement à un grade qui n'existe plus depuis le 1er janvier 2017.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés à son encontre, que Mme G est fondée à demander l'annulation de la décision du directeur du centre hospitalier de Saint-Denis en date du 11 décembre 2019, arrêtant le tableau d'avancement pour l'année 2017 au grade d'adjoint administratif hospitalier de 1ère classe.
III- Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Aux termes de son article L. 911-2 : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision intervienne dans un délai déterminé. ". Enfin, aux termes de son article L. 911-3 : " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce.
8. Ainsi qu'il a été dit au point 3, le centre hospitalier n'a pas procédé à la nomination au grade d'adjointe administrative de 1ère classe de Mmes H et C, seuls agents inscrits à ce grade sur le tableau d'avancement du 11 décembre 2019 annulé. Au surplus, ce grade n'existe plus depuis le 1er janvier 2017. Dès lors, il n'y a pas lieu d'enjoindre au centre hospitalier d'annuler les nominations de Mmes H et C, d'établir un nouveau tableau d'avancement au grade d'adjoint administratif hospitalier de 1ère classe pour 2017 et d'y inscrire Mme G. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
IV- Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme G, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier de Saint-Denis, lequel n'a au demeurant pas eu recours au ministère d'un avocat, réclame au titre des frais liés à l'instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint-Denis le versement à Mme G de la somme de 600 euros au titre de ces mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 11 décembre 2019 du directeur du centre hospitalier de Saint-Denis est annulé en tant qu'il porte inscription au tableau d'avancement au grade d'adjoint administratif de 1ère classe au titre de l'année 2017.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Saint-Denis, présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le centre hospitalier de Saint-Denis versera à Mme G la somme de 600 (six cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B G, à Mme D H, à Mme F C et au centre hospitalier de Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Salzmann, présidente,
Mme de Bouttemont, première conseillère,
M. L'hôte, premier conseiller.
Lu en audience publique le 14 avril 2023.
Le rapporteur,La présidente,SignéSigné F. L'hôteM. ELa greffière,SignéA. Capelle
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026