vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2002809 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MINIER-MAUGENDRE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mars 2020, le syndicat Snuter93 (syndicat national unitaire territorial du département de la Seine-Saint-Denis), représenté par Me Lacroix, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions en date des 9 et 16 octobre 2019 par lesquelles le président du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a refusé d'inscrire à l'ordre du jour des séances de ce comité un point portant sur le " fichage des agents de la DRH " (direction des ressources humaines) ;
2°) d'annuler le courrier en date du 20 décembre 2019, par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a refusé d'inscrire à l'ordre du jour des séances du CHSCT ce même point ;
3°) d'enjoindre à ces autorités, à titre principal, d'inscrire à l'ordre du jour des séances du CHSCT un point portant sur le " fichage des agents de la DRH ", à titre secondaire de prendre une nouvelle décision dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du département de la Seine-Saint-Denis une somme de
1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le syndicat Snuter93 soutient que :
En ce qui concerne la légalité des décisions des 9 et 16 octobre 2019 :
- elles sont insuffisamment motivées en droit et en fait, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article
7-1 du règlement intérieur du CHSCT, dès lors que le président du CHSCT était tenu d'inscrire à l'ordre du jour le point en cause, cette demande ayant été faite par un tiers au moins des représentants du personnel titulaires ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 59 du décret du 10 juin 1985 ainsi que de celles de l'article 7-1 du règlement intérieur du CHSCT dès lors, d'une part que le point dont l'inscription à l'ordre du jour était demandé relevait de la compétence du CHSCT et, d'autre part, que le président du CHSCT était tenu d'inscrire à l'ordre du jour le point en cause, cette demande ayant été faite par un tiers au moins des représentants du personnel titulaires ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste au regard des dispositions de l'article 59 du décret du 10 juin 1985 ainsi que des dispositions du II de l'article 8 bis de la loi du
13 juillet 1983 dès lors, d'une part que le point dont l'inscription à l'ordre du jour était demandée relevait de la compétence du CHSCT et, d'autre part, que les représentants syndicaux se sont vu entraver dans l'exercice de leur mandat au sein du CHSCT.
En ce qui concerne la légalité du courrier du 20 décembre 2019 :
- il est entaché d'incompétence, dès lors qu'il a été pris par l'avocat du conseil départemental ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 59 du décret n° 85-603 du 10 juin 1985 ainsi que de celles de l'article 7-1 du règlement intérieur du CHSCT dès lors, d'une part que le point dont l'inscription à l'ordre du jour était demandé relevait de la compétence du CHSCT et, d'autre part, que le président du CHSCT était tenu d'inscrire à l'ordre du jour le point en cause, cette demande ayant été faite par un tiers au moins des représentants du personnel titulaires ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 59 du décret du 10 juin 1985 ainsi que des dispositions du II de l'article 8 bis de la loi du 13 juillet 1983 dès lors, d'une part que le point dont l'inscription à l'ordre du jour était demandée relevait de la compétence du CHSCT et, d'autre part, que les représentants syndicaux se sont vu entraver dans l'exercice de leur mandat au sein du CHSCT.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2020, le département de la Seine-Saint-Denis, représenté par Me Carrère, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du syndicat Snuter93 la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le département de la Seine-Saint-Denis fait valoir que la requête est irrecevable en ce qui concerne les conclusions dirigées contre le courrier du 20 décembre 2019 qui ne constitue pas une décision administrative et qu'aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret ° 85-603 du 10 juin 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- les observations de Me Amzallag, substituant Me Lacroix, représentant le syndicat Snuter93 et celles de Me Caroux, substituant Me Carrère, représentant le département de la Seine-Saint-Denis.
Considérant ce qui suit :
1. Le département de la Seine-Saint-Denis a décidé en février 2019 d'engager une réorganisation de différents services chargés de la gestion des ressources humaines afin de les fusionner dans une direction unique des ressources humaines et sa mise en œuvre a débuté à compter du mois de septembre 2019. Dans le cadre des réflexions menées au titre de cette réorganisation, des documents de travail confidentiels portant notamment sur les fonctions et vœux des agents ou encore les postes à conserver ou à modifier, ont été élaborés sous la forme de deux tableaux numériques et ont été mis dans un dossier partagé sur le serveur informatique du département. A la suite d'une défaillance informatique, l'accès à ces fichiers informatiques de travail contenant des informations individuelles sur des agents de la direction de ressources humaines du département de la Seine-Saint-Denis a été ouvert par erreur à d'autres agents de la direction sur le réseau informatique de cette direction, du 6 août 2019 au 3 septembre 2019.
2. Par courrier du 27 septembre 2019, des représentants syndicaux appartenant au CHSCT du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, estimant que ces fichiers contenaient des informations personnelles et discriminatoires, ont demandé au président de ce comité d'inscrire un point sur le " fichage des agents de la DRH " à l'ordre du jour du prochain comité et une demande analogue a été faite par les représentants titulaires du CHSCT par courrier du 16 octobre 2019. Le président du CHSCT, par courrier du 9 octobre 2019, a rejeté cette demande. Il a confirmé ce rejet par courrier du 16 octobre 2019. Par un courrier du 26 novembre 2019, le syndicat Snuter93 a réitéré cette demande d'inscription à l'ordre du jour. Par une lettre du 20 décembre 2019, l'avocat du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a indiqué au syndicat Snuter93 que son client rejetait à nouveau cette demande. Le syndicat Snuter93 demande l'annulation des décisions des 9 et 16 octobre 2019 du président du CHSCT du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis ainsi que celle du courrier du 20 décembre 2019.
I- Sur la fin de non-recevoir opposée aux conclusions en annulation du courrier du 20 décembre 2019 :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".
4. Il résulte des dispositions des articles 4 et 6 de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques que, sous réserve des dispositions législatives et réglementaires excluant l'application d'un tel principe dans les cas particuliers qu'elles déterminent, les avocats ont qualité pour représenter leurs clients devant les administrations publiques sans avoir à justifier du mandat qu'ils sont réputés avoir reçu de ces derniers dès lors qu'ils déclarent agir pour leur compte. Si ces dispositions autorisent également les personnes publiques à se faire représenter par des avocats dans leurs relations avec les autres personnes publiques ou avec les personnes privées, aucune décision administrative ne saurait toutefois résulter des seules correspondances de ces derniers, en l'absence de transmission, à l'appui de ces correspondances, de la décision prise par la personne publique qu'ils représentent.
5. Ainsi qu'il a été dit, le Snuter93 demande l'annulation du courrier en date du
20 décembre 2019 par lequel l'avocat du département de la Seine-Saint-Denis l'a informé du refus de son client d'inscrire à l'ordre du jour des séances du CHSCT un point portant sur le " fichage des agents de la DRH ". Si cette lettre comporte la mention " lettre officielle ", elle ne saurait être regardée pour autant comme une décision administrative susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir en l'absence de transmission, à l'appui de cette correspondance, de la décision prise par le département. Par suite, la fin de non-recevoir doit être accueillie et les conclusions tendant à l'annulation de ce courrier doivent être rejetées comme irrecevables.
II- Sur les conclusions en annulation des décisions des 9 et 16 octobre 2019:
6. Aux termes de l'article 33-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " () II.- Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail a pour mission : /1° De contribuer à la protection de la santé physique et mentale et de la sécurité des agents dans leur travail et à l'amélioration des conditions de travail ; /2° De veiller à l'observation des prescriptions légales prises en ces matières". Par ailleurs, aux termes de l'article 59 du décret du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale : " L'acte portant convocation du comité fixe l'ordre du jour de la séance. Le secrétaire du comité est consulté préalablement à la définition de l'ordre du jour et peut proposer l'inscription de points à l'ordre du jour. / Les questions entrant dans le champ de compétence du comité dont l'examen a été demandé par les représentants titulaires du personnel () sont inscrites à l'ordre du jour. ". Enfin, aux termes de l'article 7-1 du règlement intérieur du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis : " () Les représentants du personnel indiquent par écrit lors de la réunion du secrétariat permanent les questions qu'ils souhaitent soumettre à l'avis du comité, relevant du champ de compétence du comité, en application du chapitre V du décret n° 85-603 du 10 juin 1985 ()/() En outre, le président inscrira à l'ordre du jour du CHSCT un point qui serait demandé par un tiers au moins des représentants du personnel titulaires ".
7. Il ressort des pièces du dossier que l'un des deux fichiers élaborés dans le cadre de la réorganisation de la direction des ressources humaines du département, intitulé " projection des postes-Réorganisation DGP " et dont l'accès a été accidentellement ouvert à d'autres agents que ceux travaillant sur cette réorganisation, comportaient des informations sur les décharges syndicales de certains agents (" décharge syndicale 100 % "). Toutefois, le nom et le prénom des agents concernés ne figuraient pas dans ce fichier. S'agissant de l'autre fichier intitulé " suivi de situations individuelles DRH ", également diffusé accidentellement, celui-ci comportait des informations sur la santé ou la situation personnelle (" Poste doux à trouver. Mi-temps thérapeutique " ; " Situation individuelle complexe " ; " Absence longue ") ou encore la valeur professionnelle (" Parvient à ne remplir qu'une partie des exigences et des missions ") d'autres agents, cette fois désignés par leur nom et leur prénom. Ces informations, nécessaires dans le cadre de la gestion et surtout de la réorganisation d'un service, ne présentent pas, contrairement à ce que soutient le syndicat Snuter93, un caractère discriminatoire. Le président du CHSCT était donc fondé à refuser l'inscription à l'ordre du jour d'un point sur le " fichage des agents de la DRH ", entendu comme une collecte de données illégales sur ces agents, qui n'existe pas en l'espèce.
8. En revanche, les informations contenues dans le second fichier présentent un caractère personnel et confidentiel dont la diffusion est susceptible d'avoir causé un préjudice moral aux agents concernés et d'avoir dégradé les relations de travail dans la direction concernée. Or, le rôle du CHSCT est notamment de protéger la santé mentale des agents dans leur travail et de contribuer à l'amélioration des conditions de travail. Dans ces conditions, l'inscription à l'ordre du jour d'un point sur la diffusion accidentelle de ces fichiers, ses conséquences et les mesures prises pour y remédier était justifiée dès lors qu'il entrait dans son champ de compétence. Est à cet égard sans incidence et n'est pas de nature à dispenser le président du CHSCT de cette inscription à l'ordre du jour, la circonstance que le département de la Seine-Saint-Denis a pris un ensemble de mesures (déclaration à la Commission nationale de l'Informatique et des libertés, réception des agents concernés par la direction des ressources humaines, rencontre avec les organisations syndicales) destinées à pallier cette diffusion accidentelle et ses conséquences. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l'inscription à l'ordre du jour de ce point, entrant dans le champ de compétence du CHSCT, a été demandée par quatre représentants du personnel sur les dix (sans compter les suppléants) prévus par l'article 5.1 du règlement intérieur, soit plus d'un tiers. Dans ces conditions, le refus de procéder à cette inscription opposé par le président du CHSCT du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis est entaché d'erreur de qualification juridique des faits au regard des dispositions de l'article 33-1 de la loi du 26 janvier 1984, de celles de l'article 59 du décret du 10 juin 1985 ainsi que de celles de l'article 7-1 du règlement intérieur du CHSCT, en tant que ce refus constitue un refus d'inscrire à l'ordre du jour du CHSCT un point sur la diffusion accidentelle du 6 août 2019 au 3 septembre 2019 de fichiers informatiques comportant des informations confidentielles sur certains agents, ses conséquences et les mesures prises pour y remédier.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés à leur encontre, que le syndicat Snuter93 est fondé à demander l'annulation des décisions des 9 et 16 octobre 2019 par lesquelles le président du CHSCT du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a refusé d'inscrire à l'ordre du jour des séances de ce comité un point portant sur le " fichage des agents de la DRH ", en tant seulement que ces décisions constituent des refus d'inscrire à l'ordre du jour du CHSCT un point sur la diffusion accidentelle du 6 août 2019 au 3 septembre 2019 de fichiers informatiques comportant des informations confidentielles sur certains agents, ses conséquences et les mesures prises pour y remédier.
III- Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Aux termes de son article L. 911-2 : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision intervienne dans un délai déterminé. ". Enfin, aux termes de son article L. 911-3 : " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. ".
11. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que le CHSCT du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis inscrive à son ordre du jour un point sur la diffusion accidentelle du 6 août 2019 au 3 septembre 2019 de fichiers informatiques comportant des informations confidentielles sur certains agents, ses conséquences et les mesures prises pour y remédier. Il ressort en outre des pièces du dossier qu'aucun élément n'est de nature à faire obstacle au prononcé d'une injonction en ce sens. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au CHSCT du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis d'inscrire à l'ordre du jour de la première réunion qui interviendra après la notification du présent jugement, un point sur la diffusion accidentelle du 6 août 2019 au 3 septembre 2019 de fichiers informatiques comportant des informations confidentielles sur certains agents, ses conséquences et les mesures prises pour y remédier.
IV- Sur les frais liés au litige :
12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du syndicat Snuter93, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le département de la Seine-Saint-Denis réclame au titre des frais liés à l'instance. Il y a lieu, en revanche et dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du département de la Seine-Saint-Denis le versement d'une somme de 1 500 euros au syndicat Snuter93, au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions en date du 9 et 16 octobre 2019, par lesquelles le président du CHSCT du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a refusé d'inscrire à l'ordre du jour des séances de ce comité un point portant sur le " fichage des agents de la DRH " sont annulées, en tant seulement que ces décisions constituent des refus d'inscrire à l'ordre du jour du CHSCT un point sur la diffusion accidentelle du 6 août 2019 au 3 septembre 2019 de fichiers informatiques comportant des informations confidentielles sur certains agents, ses conséquences et les mesures prises pour y remédier.
Article 2 : Il est enjoint au président du CHSCT du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis d'inscrire à l'ordre du jour de la première réunion qui interviendra après la notification du présent jugement, un point sur la diffusion accidentelle du 6 août 2019 au 3 septembre 2019 de fichiers informatiques comportant des informations confidentielles sur certains agents, ses conséquences et les mesures prises pour y remédier.
Article 3 : Le département de la Seine-Saint-Denis versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au syndicat Snuter93, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions du département de la Seine-Saint-Denis, présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié au syndicat national unitaire territorial du département de la Seine-Saint-Denis, au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis et au département de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Salzmann, présidente,
- Mme de Bouttemont, première conseillère,
- M. L'hôte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
Le rapporteur,La présidente,SignéSigné F. L'hôteM. BLa greffière,SignéA. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026