mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2004149 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CARBONNIER LAMAZE RASLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et quatre mémoires enregistrés les 12 avril 2020, 27 octobre 2020, 15 janvier 2021, 4 novembre 2021 et 19 novembre 2021, M. B C demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 7 février 2020 de la maire de la commune de Noisy-le-Grand en tant qu'elle refuse de faire droit à sa demande d'annulation des règlements intérieurs des gardiens 2010 et 2016 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Noisy-le-Grand d'abroger ces dispositions dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et d'ordonner la levée de la prescription quadriennale ;
3°) de condamner la commune de Noisy-le-Grand à lui verser une somme de 60 000 euros correspondant aux heures supplémentaires effectuées et non rémunérées depuis 2010, ainsi que d'assortir cette somme des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 14 novembre 2019 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Noisy-le-Grand une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus d'abroger les règlements intérieurs des gardiens est entaché d'incompétence ;
- le refus d'abroger les règlements intérieurs des gardiens aurait dû être soumis pour avis à l'organe délibérant ;
- le refus d'abroger les règlements intérieurs des gardiens est insuffisamment motivé ;
- les règlements intérieurs des gardiens 2010 et 2016 sont entachés d'incompétence dès lors qu'ils auraient dû être soumis à l'avis préalable du conseil municipal ;
- les règlements intérieurs des gardiens 2010 et 2016 ne mentionnent aucune référence à un quelconque décret ou aux délibérations du conseil municipal de Noisy-le-Grand ;
- le principe, prévu par le règlement intérieur des gardiens de 2016, permettant que les heures d'astreintes du gardien ne soient pas rémunérées en compensation de la gratuité du logement pour nécessité absolue de service, " ne s'appuie sur aucun texte légal " ;
- le règlement intérieur des gardiens de 2016 ne détermine pas précisément les plages horaires qui sont liées à la compensation de logement consenti par nécessité absolue de service ;
- il a subi, du fait de ces illégalités, un préjudice financier d'un montant de 60 000 euros résultant de l'absence de rémunération de ses heures de travail correspondant à son temps d'astreinte qui aurait dû être rémunérées et comptabilisées en tant qu'heures supplémentaires.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 3 février 2021 et 15 novembre 2021, la commune de Noisy-le-Grand, représentée par Me Grand D'Esnon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande indemnitaire préalable permettant de lier le contentieux ;
- la demande indemnitaire présentée par le requérant se heurte à la prescription quadriennale ;
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables dès lors que le requérant n'a pas formulé de demande d'abrogation des règlements intérieurs des gardien dans son courrier du 14 novembre 2019 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Un mémoire, enregistré le 25 septembre 2023, a été présenté par la commune de Noisy-le-Grand et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;
- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ;
- le décret n° 2002-60 du 14 janvier 2002 ;
- le décret n° 2005-542 du 19 mai 2005 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- et les observations de Me Charroux, substituant Me Grand D'Esnon, représentant la commune de Noisy-le-Grand.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, adjoint technique de deuxième classe titulaire depuis 2008, occupe depuis le 23 août 2010 le poste de régisseur à la Villa Cathala, Maison des arts et des associations, située à Noisy-le-Grand, lieu culturel appartenant à la commune. À ce titre, il bénéficie, à titre gratuit, d'une concession de logement pour nécessité absolue de service en application de l'arrêté municipal n° 2010-3606 du 7 septembre 2010. Par un courrier du 12 novembre 2019, reçu le 14 novembre 2019, M. C a demandé à la maire de la commune Noisy-le-Grand, d'une part, l'annulation de " l'application " des règlements intérieurs des gardiens 2010 et 2016, d'autre part, le paiement de heures supplémentaires effectuées de 2014 à 2016, le versement d'une somme forfaitaire de 35 000 euros correspondant au paiement d'heures supplémentaires effectuées qui n'ont pas pu être prises en compte à cause du système de pointage " INCOVAR " et le paiement des avantages en nature au titre de la concession de logement qui ont été attribués mais selon lui de manière erronée depuis 2010. Par un courrier du 7 février 2020, la maire de la commune a rejeté les demandes du requérant relatives à l'annulation des règlements intérieurs et au paiement des heures supplémentaires, mais a décidé de lui verser la somme de 295,70 euros correspondant au trop-perçu des avantages en nature prélevé sur sa rémunération. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 7 février 2020 de la maire de la commune de Noisy-le-Grand en tant qu'elle refuse de faire droit à sa demande d'annulation des règlements intérieurs des gardiens 2010 et 2016, d'enjoindre à la commune de Noisy-le-Grand d'abroger ces dispositions dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, d'ordonner la levée de la prescription quadriennale et de condamner la commune de Noisy-le-Grand à lui verser une somme de 60 000 euros correspondant aux heures supplémentaires effectuées et non rémunérées depuis 2010, ainsi que d'assortir cette somme des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 14 novembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par la commune de Noisy-le-Grand :
2. Contrairement à ce que soutient la commune de Noisy-le-Grand, par son courrier du 12 novembre 2019, adressé à la maire de la commune et reçu le 14 novembre 2019, M. C a demandé l'annulation de " l'application " des règlements intérieurs des gardiens de 2010 et 2016. Ainsi, il doit être regardé comme ayant demandé à l'autorité administrative l'abrogation de ces règlements, demande qui a été implicitement rejetée par la maire de la commune de Noisy-le-Grand par sa décision du 7 février 2020. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Noisy-le-Grand à ce titre doit être écartée.
En ce qui concerne la légalité externe du refus d'abrogation des règlements intérieurs des gardiens 2010 et 2016 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. () ". Aux termes de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail des agents des collectivités territoriales et des établissements publics mentionnés au premier alinéa de l'article 2 sont fixées par la collectivité ou l'établissement, dans les limites applicables aux agents de l'Etat, en tenant compte de la spécificité des missions exercées par ces collectivités ou établissements ". Aux termes de l'article 4 du décret du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale, dans sa version applicable : " L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement détermine, après avis du comité technique compétent, les conditions de mise en place des cycles de travail prévus par l'article 4 du décret du 25 août 2000 susvisé ". Aux termes de l'article 4 du décret du 25 août 2000, dans sa version alors applicable : " Le travail est organisé selon des périodes de référence dénommées cycles de travail. Les horaires de travail sont définis à l'intérieur du cycle qui peut varier entre le cycle hebdomadaire et le cycle annuel de manière que la durée de travail soit conforme sur l'année au décompte prévu à l'article 1er () Les conditions de mise en œuvre de ces cycles et les horaires de travail en résultant sont définis pour chaque service ou établissement, après consultation du comité technique paritaire () ".
4. Si, en application des dispositions précitées des articles 4 du décret du 12 juillet 2001 et du décret du 25 août 2000, il n'appartient qu'au conseil municipal, après avis du comité technique paritaire, de modifier le cycle de travail ou la durée de travail des agents municipaux, il entre dans les attributions du maire, chargé de l'administration de la commune, de définir les modalités d'exécution de son service par un agent municipal et, notamment, de fixer son emploi du temps dans le respect des règles déterminées par le conseil municipal.
5. Il ressort de ces dispositions que si la maire de la commune de Noisy-le-Grand n'est pas compétente pour définir le cycle et la durée de travail des gardiens municipaux, elle est compétente pour fixer leur emploi du temps tant qu'elle respecte les règles déterminées par le conseil municipal. Ainsi, en refusant implicitement, par la décision du 7 février 2020, de faire droit à la demande de M. C formulée dans son courrier du 12 novembre 2020 tendant à ce qu'elle ne fasse pas application des règlements intérieurs des gardien 2010 et 2016 en tant qu'ils définissent son emploi du temps et les modalités de calculs de ses heures supplémentaires, la maire de la commune de Noisy-le-Grand n'a pas entachée sa décision d'incompétence. Le moyen soulevé à ce titre pourra être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la décision de refus d'abroger les règlements intérieurs des gardiens aurait dû être soumise à l'avis préalable de l'organe délibérant doit être écarté.
6. En second lieu, la décision par laquelle une autorité administrative refuse d'abroger des dispositions réglementaires n'a pas le caractère d'une décision individuelle et ne saurait, dès lors, entrer dans le champ d'application des dispositions prévues aux articles L. 211-1 à L. 211-8 du code des relations entre le public et l'administration relative à la motivation des actes administratifs. Par suite, M. C ne saurait utilement soutenir que la décision attaquée serait illégale dès lors qu'elle n'est pas motivée.
En ce qui concerne la légalité interne du refus d'abrogation des règlements intérieurs des gardiens 2010 et 2016 :
7. Le contrôle exercé par le juge administratif sur un acte qui présente un caractère réglementaire porte sur la compétence de son auteur, les conditions de forme et de procédure dans lesquelles il a été édicté, l'existence d'un détournement de pouvoir et la légalité des règles générales et impersonnelles qu'il énonce, lesquelles ont vocation à s'appliquer de façon permanente à toutes les situations entrant dans son champ d'application tant qu'il n'a pas été décidé de les modifier ou de les abroger.
8. Le juge administratif exerce un tel contrôle lorsqu'il est saisi, par la voie de l'action, dans le délai de recours contentieux. En outre, en raison de la permanence de l'acte réglementaire, la légalité des règles qu'il fixe, comme la compétence de son auteur et l'existence d'un détournement de pouvoir, doivent pouvoir être mises en cause à tout moment, de telle sorte que puissent toujours être sanctionnées les atteintes illégales que cet acte est susceptible de porter à l'ordre juridique.
9. Après l'expiration du délai de recours contentieux, une telle contestation peut être formée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure prise pour l'application de l'acte réglementaire ou dont ce dernier constitue la base légale. Elle peut aussi prendre la forme d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision refusant d'abroger l'acte réglementaire, comme l'exprime l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration aux termes duquel : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait cessé () ". Si, dans le cadre de ces deux contestations, la légalité des règles fixées par l'acte réglementaire, la compétence de son auteur et l'existence d'un détournement de pouvoir peuvent être utilement critiquées, il n'en va pas de même des conditions d'édiction de cet acte, les vices de forme et de procédure dont il serait entaché ne pouvant être utilement invoqués que dans le cadre du recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'acte réglementaire lui-même et introduit avant l'expiration du délai de recours contentieux.
10. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit aux points 4 et 5 du présent jugement, en application de l'article 4 du décret du 12 juillet 2001 et de l'article 4 du décret du 25 août 2000, l'organe délibérant de la collectivité est seulement compétent pour déterminer, après avis du comité technique compétent, les conditions de mise en place des cycles de travail des agents municipaux. Par ailleurs, le maire est compétent pour définir l'emploi du temps et les modalités de calculs des heures supplémentaires des agents municipaux. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le règlement intérieur des gardiens de 2016 a été adopté après avis du comité technique du 22 juin 2016. Ainsi, M. C n'est pas fondé à soutenir que les règlements intérieurs des gardien 2010 et 2016 ont été adoptés par une autorité incompétente.
11. En deuxième lieu, le requérant, qui soutient que les règlements intérieurs des gardiens 2010 et 2016 ne mentionnent aucune référence à un quelconque décret ou aux délibérations du conseil municipal de Noisy-le-Grand, doit être regardé comme invoquant une insuffisance de motivation en droit. Toutefois, il résulte de ce qui a été exposé au point 9 qu'un tel moyen ne peut être utilement invoqué que dans le cadre d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'acte réglementaire lui-même, introduit avant l'expiration du délai de recours contentieux. Dès lors, ce moyen doit être écarté comme étant inopérant.
12. En troisième lieu, d'une part, selon l'article 1er du décret du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature, applicable aux agents de la fonction publique territoriale en vertu de l'article 1er du décret du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale, dans sa version applicable : " La durée du travail effectif est fixée à trente-cinq heures par semaine dans les services et établissements publics administratifs de l'Etat ainsi que dans les établissements publics locaux d'enseignement. / Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées () ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " La durée du travail effectif s'entend comme le temps pendant lequel les agents sont à la disposition de leur employeur et doivent se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles ". Aux termes de l'article 3 du même décret, dans sa version applicable : " I.- L'organisation du travail doit respecter les garanties minimales ci-après définies. / La durée hebdomadaire du travail effectif, heures supplémentaires comprises, ne peut excéder ni quarante-huit heures au cours d'une même semaine, ni quarante-quatre heures en moyenne sur une période quelconque de douze semaines consécutives et le repos hebdomadaire, comprenant en principe le dimanche, ne peut être inférieur à trente-cinq heures. () ". L'article 4 dudit décret, dans sa version applicable, dispose que : " Le travail est organisé selon des périodes de référence dénommées cycles de travail. () / Pour les agents relevant d'un régime de décompte horaire des heures supplémentaires, celles-ci sont prises en compte dès qu'il y a dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail. Elles font l'objet d'une compensation horaire (). A défaut, elles sont indemnisées ". Aux termes de l'article 5 du même décret, dans sa version applicable : " Une période d'astreinte s'entend comme une période pendant laquelle l'agent, sans être à la disposition permanente et immédiate de son employeur, a l'obligation de demeurer à son domicile ou à proximité afin d'être en mesure d'intervenir pour effectuer un travail au service de l'administration, la durée de cette intervention étant considérée comme un temps de travail effectif () ". Les périodes durant lesquelles un agent est astreint à résider dans le logement de fonction mis à sa disposition, sans obligation particulière de service, ne font pas partie de son temps de travail effectif. La période d'astreinte est exclusive d'une période pendant laquelle l'agent est à la disposition permanente et immédiate de son employeur.
13. D'autre part, aux termes de l'article 4 du décret du 14 janvier 2002 relatif aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires : " () sont considérées comme heures supplémentaires les heures effectuées à la demande du chef de service dès qu'il y a dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail. / Le travail supplémentaire, tel que défini ci-dessus, accompli entre 22 heures et 7 heures est considéré comme travail supplémentaire de nuit ". Aux termes de l'article 7 du même décret : " A défaut de compensation sous la forme d'un repos compensateur, les heures supplémentaires accomplies sont indemnisées () ". L'article 9 du même décret énonce que : " () Une période d'astreinte telle que définie à l'article 5 du décret du 25 août 2000 susvisé ne peut être rémunérée au titre des heures supplémentaires. Cependant lorsque des interventions sont effectuées au cours d'une période d'astreinte, ne sont pas compensées et donnent lieu à la réalisation d'heures supplémentaires, elles peuvent être rémunérées à ce titre () ". Selon l'article 1er du décret du 19 mai 2005 relatif aux modalités de la rémunération ou de la compensation des astreintes et des permanences dans la fonction publique territoriale : " () bénéficient d'une indemnité non soumise à retenue pour pension ou, à défaut, d'un repos compensateur certains agents des collectivités territoriales et des établissements publics en relevant : / 1° Lorsqu'ils sont appelés à participer à une période d'astreinte () ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " La rémunération et la compensation des obligations décrites à l'article 1er () ne peuvent être accordées aux agents qui bénéficient d'une concession de logement par nécessité absolue de service () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, si un agent territorial bénéficiant d'une concession de logement à titre gratuit pour nécessité absolue de service ne peut pas prétendre au paiement ou à la compensation de ses périodes d'astreinte et de permanence, y compris lorsque ces périodes ne lui permettent pas de quitter son logement, il peut toutefois prétendre au paiement ou à la compensation d'heures supplémentaires, à la double condition que ces heures correspondent à des interventions effectives, à la demande de l'autorité hiérarchique, réalisées pendant le temps d'astreinte, et qu'elles aient pour effet de faire dépasser à cet agent les bornes horaires définies par le cycle de travail. En revanche, il ne peut prétendre à être rémunéré pour les heures d'astreinte n'ayant pas donné lieu à du travail effectif.
14. D'abord, M. C, qui soutient que le principe, prévu par le règlement intérieur des gardiens de 2016, permettant que les heures d'astreintes du gardien ne soient pas rémunérées en compensation de la gratuité du logement pour nécessité absolue de service, ne " s'appuie sur aucun texte légal ", doit être regardé comme soulevant le moyen tiré du défaut de base légale. Toutefois, il résulte de ce qui précède, à savoir la combinaison de ces dispositions citées aux points 12 et 13 du présent jugement, qu'un agent territorial bénéficiant d'une concession de logement à titre gratuit pour nécessité absolue de service ne peut pas prétendre au paiement ou à la compensation de ses périodes d'astreinte et de permanence lorsque ces heures ne correspondent pas à des interventions effectives. Par suite, le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.
15. Ensuite, M. C fait grief au règlement intérieur des gardiens de 2016 de ne pas déterminer précisément les plages horaires qui sont liées à la compensation de logement consenti par nécessité absolue de service. Toutefois, contrairement à ce qu'il soutient, il ressort de ce règlement intérieur que le temps de travail effectif du gardien de la Villa Cathala est de 35 heures et que ce gardien, bénéficiant d'un logement à titre gratuit pour nécessité absolue de service, est également astreint à résider dans son logement de fonction ou à rester facilement joignable par son employeur pendant des tranches horaires ainsi définies : " le matin de 9h30 à 10h00 du mardi au samedi, et en fin de journée de 18h00 à 18h30 les mardi et mercredi, de 18h00 à 22h30 le jeudi et de 18h00 à 19h00 les vendredi et samedi ". Par suite, le moyen soulevé à ce titre pourra être écarté.
16. Enfin, M. C soutient que le règlement intérieur des gardiens de 2016 est illégal dès lors qu'il prévoit des périodes de gardiennage durant lesquelles il doit être astreint à résider dans son logement de fonction, alors qu'il s'agit en réalité de temps de travail effectif durant lequel il est à la disposition de l'autorité hiérarchique pour participer à l'activité du service. À ce titre, il soutient que son temps de travail effectif s'élève en réalité à 45 heures et que son temps d'astreinte devrait être requalifié en heures supplémentaires. Il ressort du règlement intérieur des gardiens 2016, en particulier de sa partie IV intitulée " Dispositions spécifiques au gardien de La Villa Cathala - Maison des Arts et des Associations " qu'en contrepartie de la concession à titre gratuit du logement pour nécessité absolue de service, le gardien doit effectuer, premièrement, des missions de sureté et sécurité du bâtiment telles que la fermeture des locaux, une ronde ou la mise sous alarme, deuxièmement, des missions liées à la sécurité technique du bâtiment à savoir la vérification du bon fonctionnement des équipements techniques de base, troisièmement, des missions liées à la sécurité des accès, telles que veiller à l'accessibilité des portes, et, quatrièmement des missions de signalement, à savoir signaler immédiatement au responsable de la Villa Cathala tous incidents et accidents susceptibles de porter atteinte à la sécurité des biens et des personnes. Ainsi qu'il a été exposé au point précédent, ces missions ont lieu le matin de
9 heures 30 à 10 heures du mardi au samedi, et en fin de journée de 18 heures à 18 heures 30 les mardi et mercredi, de 18 heures à 22 heures 30 le jeudi et de 18 heures à 19 heures les vendredi et samedi. Par ailleurs, le règlement intérieur des gardiens de 2016 prévoit que " Dans le cadre de cette concession, certaines missions réalisées par les agents bénéficiaires de la concession de logement pour nécessité absolue de service seront effectuées en contrepartie de l'attribution du logement de fonction consenti par nécessité absolue de service et, à ce titre, elles ne feront l'objet ni de récupération, ni d'indemnisation, et ne donneront pas lieu à un repos compensateur. / L'exercice de ces missions n'est pas considéré comme une intervention et n'est donc pas pris en compte dans le calcul du temps de travail effectif ". Ainsi, le règlement intérieur des gardiens de 2016 ne fait pas obstacle à ce que les interventions effectives, à la demande de l'autorité hiérarchique, réalisées pendant le temps d'astreinte, soient qualifiées et rémunérées en tant qu'heures supplémentaires. Par suite, le moyen du requérant, qui vise en réalité à faire reconnaître la totalité du temps d'astreinte comme du temps de travail effectif, ne peut qu'être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 7 février 2020 de la maire de la commune de Noisy-le-Grand doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
18. Il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la décision du 7 février 2020 de la maire de la commune de Noisy-le-Grand par laquelle elle refuse de faire droit à la demande de M. C d'annulation des règlements intérieurs des gardiens 2010 et 2016 n'est pas illégale. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à demander à la commune de Noisy-le-Grand de réparer les préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'illégalité fautive de cette décision.
19. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir ou sur l'exception de prescription quadriennale opposées par la commune de Noisy-le-Grand, que les conclusions indemnitaires présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
20. Le présent jugement, qui rejette les conclusions d'annulation de la requête de M. C, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Noisy-le-Grand, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. C de la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Au demeurant, le requérant, qui n'a pas constitué ministère d'avocat, ne justifie pas avoir engagé des frais dans le cadre de la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du la commune de Noisy-le-Grand présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Noisy-le-Grand sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Noisy-le-Grand.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. L'hôte, premier conseiller,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,Le président,Mme BazinM. TruilhéLa greffière,Mme A
La République mande et au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026