vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2004378 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 9ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | NUNES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2019, M. A E C, représenté par Me Nunes, demande au tribunal de prononcer une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, en vue de faire exécuter par le directeur général de l'agence régionale de santé d'Ile-de-France, dans un délai de quinze jours, le jugement n° 1710669 du 6 décembre 2018 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a, d'une part, annulé la décision par laquelle cette autorité a implicitement rejeté sa demande tendant à l'établissement du rapport motivé prévu à l'article L. 1331-26 du code de la santé publique concernant le logement qu'il occupe en qualité de locataire avec ses deux enfants, d'autre part, enjoint au directeur général de l'agence d'établir le rapport motivé prévu à l'article L. 1331-26 du code de la santé publique précité concernant son logement dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Il soutient qu'un délai de plus de trois mois s'étant écoulé depuis la notification du jugement n° 1710669, l'exécution du jugement du tribunal administratif de Montreuil peut être recherchée sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.
Par une ordonnance en date du 27 mars 2020, le premier vice-président du tribunal administratif de Montreuil a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n° 1710669 du 6 décembre 2018.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 9 juin 2020 et le 28 novembre 2022, l'agence régionale de santé d'Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'une visite a été effectuée dans le logement du requérant le 29 mars 2019, à la suite de laquelle la commission départementale en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques s'est prononcée le 5 septembre 2019 sur la réalité et les moyens de remédier à l'insalubrité du logement.
Elle fait aussi valoir qu'un arrêté préfectoral portant déclaration d'insalubrité a été adopté le 21 octobre 2019 et que la réalisation des travaux de mise en conformité de ce logement par les propriétaires a été débutée.
Par une ordonnance du 21 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 6 octobre 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le jugement n° 1710669 du 6 décembre 2018.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public,
- et les observations de M. D, représentant l'agence régionale de santé d'Ile-de-France.
M. C n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a, par une correspondance du 2 juillet 2017, réceptionnée le 19 juillet 2017, demandé au directeur général de l'agence régionale de santé d'Île-de-France d'établir le rapport motivé prévu par l'article L. 1331-26 du code de la santé publique, concernant le logement dont il est le locataire, situé 3 rue Claude Bernard dans la commune de La Courneuve, et d'inviter la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques à émettre, pour ce même logement, un avis dans les conditions prévues par ce même texte. Cette demande a été implicitement rejetée. Par un jugement n° 1710669 du 6 décembre 2018, le tribunal administratif de Montreuil a annulé cette décision implicite de rejet et enjoint à l'agence régionale de santé d'Île-de-France d'établir le rapport motivé prévu à l'article L. 1331-26 du code de la santé publique précité concernant le logement mentionné ci-dessus dans le délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de prononcer une astreinte en vue d'assurer l'exécution de ce jugement.
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. () ".
3. Il résulte de l'instruction qu'une technicienne sanitaire exerçant la fonction d'inspectrice de salubrité du département santé environnement de la délégation départementale de Seine-Saint-Denis de l'Agence régionale de santé d'Île-de-France s'est rendue les 21 janvier et 29 mars 2019, soit antérieurement à l'enregistrement de la requête, dans le logement occupé par le requérant, et a consigné ses constatations tendant à la présentation par ce logement de plusieurs désordres constitutifs d'une situation d'insalubrité, dans un rapport d'enquête du 29 mars 2019. Ce rapport motivé préconisait l'adoption d'un arrêté préfectoral de traitement de l'insalubrité sur le fondement de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique. Il résulte en outre de l'instruction qu'un arrêté préfectoral n° 19-0168 HI REM MM portant déclaration d'insalubrité avec possibilité d'y remédier, a été édicté par le préfet de la Seine-Saint-Denis le 21 octobre 2019, et régulièrement notifié au requérant le 25 octobre 2019.
4. Dans ces conditions, le jugement n° 1710669 rendu par le tribunal administratif de Montreuil le 6 décembre 2018 doit être regardé comme étant entièrement exécuté. La circonstance selon laquelle les travaux de mise en conformité du logement dont le requérant est locataire n'auraient pas été achevés relève d'un litige distinct.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E C et à l'agence régionale de santé d'Île-de-France.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
La magistrate désignée,
J. B
Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026