vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2005106 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SAMIRA CHELLAL-GHANEM AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juin 2020, M. F C, représenté par
Me Chellal, demande au tribunal :
1°) d'annuler " la décision implicite de refus d'attribution d'un emplacement fixe et d'un abonnement au sein du marché communal () prise par () le maire de B " ;
2°) d'enjoindre à cette même autorité de lui attribuer un emplacement fixe au titre d'un abonnement sur le marché communal, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune le versement à son avocat d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle méconnaît le principe de la liberté du commerce et de l'industrie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2020, la commune de B, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de B fait valoir que la requête est irrecevable en raison de son incompétence et de la forclusion du délai de recours, enfin qu'aucun des moyens que contient cette requête n'est fondé.
Par une lettre du 15 février 2023, les parties ont été informée, qu'en application des dispositions de l'article R 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur un moyen relevé d'office et tiré de l'inopérance des moyens soulevés, dès lors que la demande d'attribution d'une place dans le marché municipal en date du 23 mars 2019 a été adressée à une autorité incompétente pour en connaître et qui était de ce fait tenue de la rejeter, étant en situation de compétence liée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- et les observations de M. D, pour la commune de B.
Considérant ce qui suit :
I. Sur l'étendue du litige :
1. Si M. C demande l'annulation de " la décision implicite de refus d'attribution d'un emplacement fixe et d'un abonnement au sein du marché communal () prise par () le maire de B ", il a joint à sa requête une demande d'attribution d'une place dans ce marché en date du 23 mars 2019. Il doit donc être regardé comme demandant l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur cette demande d'attribution de place.
II. Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 100-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Au sens du présent code et sauf disposition contraire de celui-ci, on entend par :/1° Administration : les administrations de l'Etat, les collectivités territoriales, leurs établissements publics administratifs et les organismes et personnes de droit public et de droit privé chargés d'une mission de service public administratif, y compris les organismes de sécurité sociale () ".Et aux termes de son article L. 114-2 : " Lorsqu'une demande est adressée à une administration incompétente, cette dernière la transmet à l'administration compétente et en avise l'intéressé ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 9 du règlement du marché de la ville de B adopté par arrêté municipal du 13 novembre 2017 et applicable à l'espèce : " () Les abonnements sont principalement et prioritairement attribués aux commerçants proposant des denrées alimentaires/ Toutes les demandes d'attribution d'emplacement fixe, selon le principe de l'abonnement, doivent être formulées par écrit à Monsieur le Maire /()/ Les emplacements non abonnés ou volants sont principalement attribués aux commerçant proposant des produits manufacturés. / Les demandes d'emplacements des commerçants volants sont traitées directement par le régisseur placier qui procède au placement des commerçants en début de séance sous le contrôle de la ville () " Et aux termes de son article 10 : "Abonnés : / L'autorisation de s'installer sur le marché est nominative et accordée par monsieur le maire ou son représentant après consultation de la commission paritaire des marchés du gestionnaire : () / Non abonnés : / L'attribution des place sur les marchés pour les commerçants non abonnés s'effectue sous le contrôle de la ville en fonction du commerce exercé, de l'ordre d'arrivée, des emplacements disponibles, etc. ". Par ailleurs, aux termes du point II.2 du contrat de délégation de service public pour la gestion du marché d'approvisionnement de la ville conclu avec la société SOMAREP (société des marchés de la région parisienne) le 15 novembre 2016 et applicable à l'espèce : " La ville confie au gestionnaire à ses risques et périls, l'exploitation telle qu'elle est définie dans le présent contrat/ Les missions du gestionnaire sont : / L'organisation du recrutement et du placement des commerçants () ". Et au titre de son point III. 2.1 : " Les modalités d'attribution des emplacements sont précisées dans le règlement des marchés () / Les demandes d'emplacements soumises à l'abonnement sont examinées en commission des marchés. Le gestionnaire est chargé du placement des commerçants suite à la commission () / () Les demandes d'emplacements des commerçants non abonnés sont directement traitées par le gestionnaire (placements en début de séance selon la typologie d'activité, l'ordre d'arrivée et les emplacements disponibles) () ".
4. Il ressort des dispositions précitées du règlement intérieur du marché de la ville de B et des stipulations précitées du contrat de délégation de service public passé par cette commune avec la société SOMAREP que seule cette société est compétente pour attribuer une place sur le marché municipal. La société SOMAREP étant une société par actions simplifiées chargée d'un service public industriel et commercial, pour laquelle l'obligation de transmission d'une demande mal adressée prévue par l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration n'est, conformément aux dispositions de l'article L. 100-3-1° de ce même code, pas applicable, le maire de la commune de B doit être regardé comme ayant entendu implicitement, mais à bon droit, décliner sa compétence pour se prononcer sur la demande du requérant d'attribution d'une place dans le marché communal en date du 23 mars 2019. Par suite, les moyens soulevés par le requérant à l'encontre de cette décision, tirés du défaut de motivation et de la méconnaissance du principe de la liberté du commerce et de l'industrie, doivent être écartés comme inopérants.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. C doit être rejetée.
III. Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Aux termes de son article L. 911-2 : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision intervienne dans un délai déterminé. ". Enfin, aux termes de son article L. 911-3 : " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. ".
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
IV. Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Aux termes du second alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " L'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner, dans les conditions prévues à l'article 75, la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à une somme au titre des frais que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Il peut, en cas de condamnation, renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre le recouvrement à son profit de la somme allouée par le juge ".
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 s'opposent à ce que soit mis à la charge de la commune de B, qui n'est pas l'auteur de la décision attaquée, la somme que le conseil de M. C, qui est en outre la partie perdante, réclame au titre des frais liés à l'instance. De plus, il résulte de ces dispositions qu'une collectivité publique, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat, ne saurait présenter une demande au titre de ces dispositions sans se prévaloir de frais spécifiques exposés par elle, en sus des travaux normalement effectués par ses services. Dans ces conditions, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761 du code de justice administrative par la commune de B, qui ne fait pas état de tels frais, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de B, présentées sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F C et à la commune de B.
Délibéré après l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Salzmann, présidente,
- Mme de Bouttemont, première conseillère,
- M. L'hôte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
Le rapporteur,La présidente,SignéSigné F. L'hôteM. ELa greffière,SignéA. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026