mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2007028 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | PITTI-FERRANDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2020, M. A D, représenté par
Me Pitti-Ferrandi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Montreuil l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Montreuil de le rétablir dans ses fonctions, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de reconstituer sa carrière ;
3°) de condamner la commune de Montreuil à lui verser la somme de 1 671,12 euros au titre du rappel sur sa prime de fonction pour la durée de sa suspension et la somme de 1 500 euros en réparation de son préjudice moral ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Montreuil la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de l'arrêté attaqué ;
- l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière méconnaissant le principe du contradictoire et les droits de la défense dès lors qu'il n'a pas été en mesure de présenter ses observations ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article 30 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 dès lors que les faits reprochés ne sont pas matériellement établis et qu'ils ne présentent pas un degré de gravité et de vraisemblance tel qu'il est de nature à justifier sa suspension de fonctions ;
- il a subi un préjudice financier d'un montant de 1 671,12 euros dès lors que la suspension a eu pour effet de le priver pendant quatre mois de sa prime de fonction d'un montant mensuel brut de 417,78 euros ;
- il a subi un préjudice moral qu'il évalue à un montant de 1 500 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 décembre 2021, la commune de Montreuil, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 25 mars 2021, M. D, représenté par Me Pitti-Ferrandi, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Montreuil l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire et de mettre à la charge de la commune de Montreuil la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, il déclare se désister de toutes ses autres conclusions présentées dans sa requête introductive d'instance, notamment ses conclusions indemnitaires.
Par une ordonnance du 1er décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634-du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- et les observations de Mme B, représentant la commune de Montreuil.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, agent territorial, occupe les fonctions de chargé d'acquisitions foncières au sein du service de l'urbanisme de la commune de Montreuil. Il a été recruté par la commune en 1995 d'abord en tant qu'agent contractuel, puis a été titularisé en 2006. Depuis le 1er juillet 2016, il est titulaire du grade de " rédacteur principal de 2ème classe ". Par un arrêté du 25 mai 2020, dont M. D demande l'annulation, le maire l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire.
Sur l'étendue du litige :
2. Dans son mémoire enregistré le 25 mars 2021, intitulé " mémoire ampliatif et récapitulatif ", le requérant demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Montreuil l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire et de mettre à la charge de la commune de Montreuil la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il déclare par ailleurs se désister de toutes ses autres conclusions présentées dans sa requête introductive d'instance, notamment ses conclusions indemnitaires. M. D doit dès lors être regardé comme voulant se désister, d'une part, de ses conclusions tenant à ce qu'il soit enjoint au maire de la commune de Montreuil de le rétablir dans ses fonctions, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de reconstituer sa carrière, d'autre part, de ses conclusions tenant à ce que la commune de Montreuil soit condamnée à lui verser la somme de 1 671,12 euros au titre du rappel sur sa prime de fonction pour la durée de sa suspension et la somme de 1 500 euros en réparation de son préjudice moral, ainsi que de ses conclusions relatives à la mise à la charge de la commune de Montreuil des entiers dépens.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version applicable au présent litige : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. / Si, à l'expiration d'un délai de quatre mois, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites pénales est rétabli dans ses fonctions. () ".
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué du 25 mai 2020 a été signé par Mme I J, directrice générale adjointe des services, ayant reçu, par arrêté du 22 mai 2019, affiché le 24 mai 2019, délégation de signature pour " tous les actes et correspondances concernant la commune, dans le cadre de ses fonctions notamment dans les secteurs : () ressources humaines ", en particulier " tous les actes relatifs au personnel communal (arrêtés, courriers et tout autre document) en cas d'absence ou d'empêchement de Mme H F, adjointe au maire déléguée au personnel communal ". Il n'est ni allégué, ni établi que Mme H F n'aurait pas été absente ou empêchée. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ne peut, dès lors, qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, M. D soutient que la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière méconnaissant le principe du contradictoire et les droits de la défense dès lors qu'il n'a pas été en mesure de présenter préalablement ses observations. Toutefois, une mesure de suspension est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service et ne constitue pas une sanction disciplinaire. Une telle mesure, eu égard à sa nature même, n'est pas au nombre des décisions nécessitant que le fonctionnaire soit mis à même de présenter au préalable sa défense, dans le respect du principe du contradictoire, des droits de la défense et de la présomption d'innocence. Par suite, le moyen est inopérant et doit être écarté.
6. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, la mesure provisoire de suspension prévue par les dispositions législatives citées au point 3 du présent jugement ne présente pas, par elle-même, un caractère disciplinaire. Elle est uniquement destinée à écarter temporairement un agent du service, en attendant qu'il soit statué disciplinairement ou pénalement sur sa situation. Elle peut être légalement prise dès lors que l'administration est en mesure d'articuler à l'encontre de l'intéressé des griefs qui ont un caractère de vraisemblance suffisant et qui permettent de présumer que celui-ci a commis une faute grave.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'il est reproché à M. D d'avoir loué sans bail à une famille de quatre personnes, qualifiée de vulnérable, à savoir sans papier, sans ressources et dont l'un des enfants est en situation de handicap moteur, un studio de 23 m2 qui fait l'objet de manquements importants au règlement sanitaire départemental, ainsi que d'avoir menacé et intimidé M. G, son locataire qui a porté plainte à son encontre.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. D est propriétaire, avec son épouse, d'un pavillon situé sur le territoire de la commune de Montreuil dont ils occupent le premier étage et louent le studio de 23 m2, situé au rez-de-chaussée, aux consorts G. Il ressort des pièces du dossier qu'en avril 2020, Mme Sylvia Gaymard, présidente de l'association " handicap ensemble " a été alertée par M. G du conflit qui l'oppose à son propriétaire. Ce dernier lui a communiqué des messages téléphoniques faisant état d'une intrusion violente de Mme D qui aurait insulté Mme G, pris les clés du studio et emporté le téléviseur. Le locataire a également signalé que M. D avait coupé l'eau dans l'appartement, qui fut rétablie le lendemain, et qu'il jette des sceaux d'eau sur sa fenêtre. Mme E s'est alors rendue au logement et a constaté son état délabré et la présence de punaises de lit. Le 12 mai 2020, la ville de Montreuil a alors été alertée par l'association " handicap ensemble " que M. D aurait eu un comportement menaçant envers ses locataires, les consorts G, dont la fille est atteinte d'un handicap moteur, ainsi que du caractère insalubre du logement qui leur donne à bail. Le
20 mai 2020, la commune a eu connaissance de la plainte déposée le 16 mai 2020 par M. G à l'encontre M. D et qui a déclaré que ce dernier s'était rendu à son domicile en menaçant de le frapper, avait jeté son téléphone portable, avait enfoncé la porte d'entrée le 18 avril 2020 pour prendre son téléviseur, avait pris les clés de son domicile et une clé USB contenant le dossier médical de sa fille handicapée, qu'il jette régulièrement des seaux d'eau sur sa fenêtre, coupe l'eau et baisse le débit de son électricité, qu'il se tient fréquemment devant son domicile et que son épouse frappe violemment à la porte de leur domicile. Le 24 mai 2020, M. D a porté plainte contre M. G pour dénonciation calomnieuse.
9. Il résulte de ce qui précède que, compte tenu des fonctions de chargé d'acquisitions foncières au sein du service de l'urbanisme de la commune, les faits reprochés à M. D présentaient, à la date de la décision attaquée, à savoir le 25 mai 2020, un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité pour justifier la mesure de suspension, dès lors qu'ils étaient susceptibles de porter atteinte à la réputation de la commune. Ainsi, nonobstant la plainte déposée par M. D le 24 mai 2020 et la circonstance selon laquelle ce dernier s'est attaché à démontrer que ses locataires ne payaient pas leur loyer et étaient responsables de l'état d'insalubrité du logement, et alors même qu'aucune mesure de sanction n'a finalement été prise à l'encontre de M. D, le maire de la commune de Montreuil a pu légalement prononcer la mesure de suspension contestée.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. D aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que de ses conclusions indemnitaires et celles relatives à la mise à la charge de la commune de Montreuil des entiers dépens.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la commune de Montreuil.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. L'hôte, premier conseiller,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,Le président,SignéSignéMme BazinM. TruilhéLa greffière,SignéMme C
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2007028
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026