lundi 17 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2008700 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ROUSSEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 août 2020, M. B A, représenté par Me Rousseau, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 32 000 euros en réparation des préjudices qu'il a subis, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'économie de l'intégrer dans un cycle de formation afin de lui permettre de se présenter à nouveau au concours interne d'inspecteur des finances publiques ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation ;
- l'administration a commis une faute à son égard dès lors que le refus de l'admettre au concours d'inspecteur des finances publiques révèle une discrimination en raison de son état de santé ;
- elle a commis une faute en ne recrutant pas 24 personnes inscrites sur la liste complémentaire ;
- ces fautes lui ont causé une perte financière de 30 00 euros ainsi qu'un préjudice moral qui peut être évalué à la somme de 2 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'elle est partiellement irrecevable et que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Cozic, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, contrôleur des finances publiques, inscrit au concours interne d'inspecteur des finances publiques au titre de l'année 2015, a été déclaré admissible le 18 décembre 2014 et s'est présenté à un oral d'admission le 27 janvier 2015. A l'issue de cette épreuve, il a été inscrit sur la liste complémentaire en 8ème position. Par un courrier du 30 décembre 2019, M. A a demandé à l'administration de l'indemniser des préjudices qu'il estime avoir été causés par la discrimination subie lors de l'épreuve orale de ce concours et en raison de l'absence d'appel des candidats inscrits sur la liste complémentaire. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration. Dans le cadre de la présente instance, M. A demande l'indemnisation de ses préjudices pour un montant total de 32 000 euros.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. En premier lieu, en matière de recours de plein contentieux, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision implicite rejetant la demande indemnitaire préalable de M. A ne peut qu'être écarté comme étant inopérant.
3. En deuxième lieu, il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée par le jury d'un concours sur la prestation d'un candidat. Par suite, M. A ne peut utilement se prévaloir de ses mérites pour contester la note obtenue à l'oral d'admission du concours interne d'inspecteur des finances publiques.
4. En troisième lieu, le juge, lors de la contestation d'une décision dont il est soutenu qu'elle serait empreinte de discrimination, doit attendre du requérant qui s'estime lésé par une telle mesure qu'il soumette au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte au principe de l'égalité de traitement des personnes. Il incombe alors au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. En l'espèce, si M. A soutient que l'épreuve orale d'admission en litige s'est déroulée dans des conditions discriminantes en raison de l'affection dont il souffre, il ne verse au dossier aucun élément susceptible de faire présumer une atteinte au principe d'égalité de traitement des personnes.
6. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, désormais repris à l'article L. 325-36 du code général de la fonction publique : " Chaque concours donne lieu à l'établissement d'une liste classant par ordre de mérite les candidats déclarés aptes par le jury. / Ce jury établit, dans le même ordre, une liste complémentaire afin de permettre le remplacement des candidats inscrits sur la liste principale qui ne peuvent pas être nommés et, éventuellement, de pourvoir des vacances d'emplois survenant dans l'intervalle de deux concours. / Pour chaque concours, le nombre des postes qui peuvent être pourvus par la nomination de candidats inscrits sur la liste complémentaire ne peut excéder un pourcentage du nombre des postes offerts au concours. / La validité de la liste complémentaire cesse automatiquement à la date du début des épreuves du concours suivant et, au plus tard, deux ans après la date d'établissement de la liste complémentaire (.) ".
7. Il résulte de ces dispositions que l'inscription de M. A au huitième rang sur la liste complémentaire du concours d'inspecteur général des finances publiques au titre de l'année 2015 ne lui donnait aucun droit à une nomination dans ce corps. En outre, à supposer, comme il le soutient, que des postes auraient été disponibles ou susceptibles de l'être, l'administration n'est jamais tenue de pourvoir un poste vacant. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en n'appelant pas les candidats inscrits sur la liste complémentaire, l'administration aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
8. Il résulte de toute ce qui précède que l'administration n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité. Par conséquent, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions indemnitaires de M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ".
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions indemnitaires de M. A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par ce dernier ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
11. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme de 2 000 euros demandée par M. A au titre des frais exposés par lui. De telles conclusions doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Lunshof, première conseillère,
Mme Courneil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
L. C
La présidente,
Signé
N. Ribeiro-Mengoli
La greffière,
Signé
P. Demol
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026