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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2009166

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2009166

mardi 7 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2009166
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantD'ANGELA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2020, Mme B C, représentée par Me D'angela, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de police sur sa demande formulée le 4 juin 2020 tendant à la régularisation de sa situation administrative par la production de divers documents et la suppression de son dossier administratif de la mention d'une " absence illégale " ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui communiquer ses fiches de paie pour 2020, sa fiche de notation pour 2019, un récépissé de sa demande du 7 avril 2019 de délivrance d'une attestation professionnelle, un récépissé pour le dépôt, le 14 septembre 2019, de son rapport de déclaration d'accident de travail et de supprimer de son dossier administratif la mention d'une absence illégale pour la période du 15 avril au 26 mai 2019, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- en refusant de lui délivrer ses fiches de paie depuis janvier 2020 malgré plusieurs demandes pour les obtenir, l'administration a méconnu l'article 1er du décret n° 2016-1073 du 3 août 2016 ;

- en refusant de lui communiquer sa notation pour l'année 2019, l'administration a méconnu les dispositions de l'article 17 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- en refusant de lui communiquer les récépissés de dépôt des deux demandes d'imputabilité au service de sa maladie et de l'accident de trajet subi, l'administration a méconnu l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- en refusant de retirer de son dossier administratif la mention d'une " absence illégale " pour la période du 15 avril au 26 mai 2019 alors qu'elle était en arrêt maladie, l'administration a méconnu les dispositions de l'article 18 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983.

Par un mémoire, enregistré le 15 décembre 2020, le ministre de l'intérieur conclut à ce qu'il soit mis hors de cause en faisant valoir que le préfet de police, auteur de la décision attaquée, est seul habilité à représenter l'Etat en application de l'article R. 431-10 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2021, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée sont irrecevables, faute d'avoir été précédées d'une saisine de la commission d'accès aux documents administratifs ;

- les conclusions à fin d'injonction doivent par suite être rejetées également.

Par une ordonnance du 6 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les conclusions de M. Cozic, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, brigadier de police, a été affectée du 1er septembre 2013 au 8 novembre 2019 au centre d'information et de commandement (CIC) de l'Etat-major de la direction territoriale de la sécurité de proximité de Seine-Saint-Denis (DTSP 93), rattachée à la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération Parisienne (DSPAP) de la préfecture de police. Par un courrier du 4 juin 2020, reçu le 11 juin, Mme C a sollicité auprès du préfet de police la régularisation de sa situation administrative par la production de divers documents, la suppression de son dossier administratif de la mention d'une " absence illégale ", et l'information de l'état de l'instruction de ses demandes relatives à l'imputabilité au service d'un accident de trajet et d'une maladie. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par le préfet de police sur cette demande. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de police sur sa demande formulée le 4 juin 2020 tendant à la régularisation de sa situation administrative.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle refuse de lui communiquer divers documents :

2. Aux termes de l'article L. 342-1 du code des relations entre le public et l'administration, dans sa version applicable au litige : " La Commission d'accès aux documents administratifs émet des avis lorsqu'elle est saisie par une personne à qui est opposé un refus de communication ou un refus de publication d'un document administratif en application du titre Ier, un refus de consultation ou de communication des documents d'archives publiques, à l'exception des documents mentionnés au c de l'article L. 211-4 du code du patrimoine et des actes et documents produits ou reçus par les assemblées parlementaires, ou une décision défavorable en matière de réutilisation d'informations publiques. / La saisine pour avis de la commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux. "

3. Si Mme C demande l'annulation de la décision refusant la communication de ses fiches de paie pour 2020, sa fiche de notation pour 2019, un récépissé de sa demande du 7 avril 2019 de délivrance d'une attestation professionnelle, et un récépissé pour le dépôt, le 14 septembre 2019, de son rapport de déclaration d'accident de travail, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait, préalablement à la présente instance, saisi la commission d'accès aux documents administratifs d'un refus de communication de son dossier. Par suite, ses conclusions tendant à l'annulation du refus de lui communiquer ces documents sont irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de lui communiquer les documents litigieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle refuse de supprimer de son dossier administratif la mention d'une absence illégale pour la période du 15 avril au 26 mai 2019 :

4. La requérante soutient que son dossier administratif mentionne une absence illégale pour la période du 15 avril au 26 mai 2019 alors qu'elle se trouvait à ces dates en arrêt de travail. D'une part, la requérante n'établit pas qu'une telle mention figurerait dans son dossier administratif. D'autre part, à supposer même qu'une telle mention existe, la requérante se borne à produire l'arrêt de travail litigieux, et ne fournit aucune preuve de la réception de ce dernier par l'administration. La requérante n'établissant dès lors ni qu'une telle mention figure dans son dossier ni que cette dernière serait erronée, elle n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision refusant de supprimer de son dossier administratif la mention d'une absence illégale pour la période du 15 avril au 26 mai 2019. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Le présent jugement qui rejette les conclusions d'excès de pouvoir n'appelle aucune mesure particulière d'exécution.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre par Mme C ne peuvent dès lors être accueillies.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au préfet de police.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,

Mme Lunshof, première conseillère,

Mme Courneil, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.

La rapporteure,

M. A

La présidente,

N. Ribeiro-Mengoli La greffière,

P. Demol

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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