mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2009276 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | BOUTTIER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 3 septembre 2020, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis le dossier de la requête de la société Checkport Sûreté au tribunal administratif de Montreuil.
Par cette requête, enregistrée le 23 juillet 2020, la société Checkport Sûreté, représentée par Me Bouttier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 mai 2020 par laquelle la ministre du travail a dit qu'il n'y avait lieu de statuer sur sa demande d'autorisation de licenciement ;
2°) d'autoriser le licenciement de Mme B E.
La société Checkport Sûreté soutient que:
- elle a adressé à l'inspecteur du travail une demande d'autorisation de licenciement qui a été implicitement rejetée ; elle a formé un recours hiérarchique contre cette décision implicite ; ainsi, la ministre ne pouvait légalement s'estimer non saisie d'un recours hiérarchique, motif tiré de l'inexistence d'une décision de l'inspecteur du travail ;
- la décision de la ministre est entachée d'incompétence de son signataire ;
- les fautes commises par la salariée sont suffisamment graves pour justifier un licenciement.
Par un mémoire enregistré le 19 septembre 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une lettre en date du 22 septembre 2022, le président de la formation de jugement a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour autoriser le licenciement de Mme B.
Par un mémoire enregistré le 19 septembre 2023, le ministre du travail conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Marias,
- les conclusions de Mme Parent, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Checkport Sûreté a formé, par lettre du 4 octobre 2019 reçue le 10 octobre 2019, un recours hiérarchique contre une décision implicite de rejet qui serait née à la suite d'une demande formée le 4 juin 2019 par cette société de licencier pour motif disciplinaire Mme B E, directrice des ressources humaines et exerçant le mandat de conseiller prud'homme. Le ministre a implicitement rejeté ce recours par décision née le 11 février 2020, puis, par une décision expresse du 27 mai 2020 se substituant à cette décision implicite, a déclaré le recours hiérarchique irrecevable et dit en conséquence qu'il n'y avait lieu de statuer sur ce recours. La société Checkport Sûreté demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Etat et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité 1° Les secrétaires généraux des ministères, les directeurs d'administration centrale, les chefs des services à compétence nationale mentionnés au premier alinéa de l'article 2 du décret du 9 mai 1997 susvisé et les chefs des services que le décret d'organisation du ministère rattache directement au ministre ou au secrétaire d'Etat . Le changement de ministre ou de secrétaire d'Etat ne met pas fin à cette délégation, ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été signée par Mme C D, directrice adjointe du travail, adjointe au chef du bureau du statut protecteur, qui a reçu du directeur général du travail, par décision du 3 janvier 2020 publiée au Journal officiel de la République française le 5 janvier 2020, délégation à l'effet de signer, dans la limite des attributions de ce bureau et au nom de la ministre chargée du travail tous actes, décisions ou conventions à l'exclusion des décrets, le directeur général du travail étant lui-même compétent pour signer au nom du ministre en vertu du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait. Enfin, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur sa légalité.
4. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi. Et aux termes de l'article R. 2422-1 de ce code : " Le ministre chargé du travail peut annuler ou réformer la décision de l'inspecteur du travail sur le recours de l'employeur, du salarié ou du syndicat que ce salarié représente ou auquel il a donné mandat à cet effet. / Ce recours est introduit dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de l'inspecteur. / Le silence gardé pendant plus de quatre mois sur ce recours vaut décision de rejet ".
5. La société requérante soutient qu'elle a, par lettre du 10 juin 2019, adressé à l'inspecteur du travail une demande d'autorisation de licencier Mme B, de sorte qu'une décision implicite de rejet de sa demande aurait été acquise lorsqu'elle a saisi le ministre du travail d'un recours hiérarchique contre cette décision. Toutefois, elle ne justifie pas de l'envoi et de la réception de cette demande d'autorisation du 10 juin 2019, qu'elle n'a d'ailleurs pas jointe à sa requête. Il suit de là que le ministre du travail a pu légalement s'estimer non régulièrement saisi d'un recours hiérarchique à l'encontre d'une décision inexistante.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la société Checkport Sûreté ne sont pas fondées. Par suite, sa requête doit, en tout état de cause, être rejetée en toutes ses conclusions.
DÉCIDE:
Article 1er : La requête de la société Checkport Sûreté est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Checkport Sûreté et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à Mme A B E.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Baffray, président,
M. Marias, premier conseiller,
M. Bernabeu, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.
Le rapporteur,
H. Marias
Le président,
J.-F. Baffray
La greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026