vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2009417 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 septembre 2020, M. A C, représenté par Me Dinga Atipo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 26 février 2020 par lequel le directeur général de l'Office public de l'habitat (OPH) " E " a prononcé à son encontre la sanction de révocation à compter du 2 mars 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'OPH de le réintégrer à son grade dans les effectifs de l'OPH ;
3°) de mettre à la charge de l'OPH la somme de 2 000 euros à verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une inexactitude matérielle des faits reprochés ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré 19 février 2021, l'Office public de l'habitat " E ", représenté par la SCP Seban et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est tardive, dès lors qu'elle n'a été enregistrée que le
9 novembre 2020, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 16 décembre 2022 à 12h par une ordonnance du 1er décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Bouttemont,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- et les observations de Me Abbal, représentant l'OPH " E ".
Considérant ce qui suit :
1. M. C, titulaire du grade d', a été recruté en par l'Office public de l'habitat (OPH) " E " en qualité . Il a occupé les fonctions de au sein de la . Il a été ensuite muté dans l'intérêt du service en qualité d'employé . Il demande l'annulation de l'arrêté en date du 26 février 2020 par lequel le directeur général de l'OPH a prononcé à son encontre la sanction de révocation à compter du 2 mars 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 2° Infligent une sanction ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " () L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés ".
3. La décision de révocation contestée qui vise les textes applicables, énonce de manière précise et circonstanciée les motifs de faits sur lesquels elle se fonde. Les griefs sont suffisamment circonstanciés pour mettre à même l'intéressé de déterminer les faits que l'autorité disciplinaire entend lui reprocher. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () / Quatrième groupe : / () ; / la révocation. "
5. La sanction de révocation prononcée par le directeur général de l'OPH est fondée sur les motifs tirés de ce que M. C " a fait preuve d'une mauvaise volonté à toute épreuve ; qu'il a constamment opposé de la réticence dans l'exécution de missions relevant de ses fonctions et ce malgré les ordres et recadrage de sa hiérarchie " ; " que du fait de sa passivité quotidienne, le site dont il a la charge se dégrade à vue d'œil ", qu'il a adopté " un comportement inapproprié envers sa hiérarchie, à laquelle il n'accorde aucun crédit et ne reconnaît aucune autorité " et " une attitude inadmissible à l'égard de certains locataires, se montrant menaçant physiquement et verbalement ".
6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment des différents rapports établis par l'OPH qu'à compter de 2018, M. C n'a plus donné satisfaction dans ses fonctions malgré les multiples rappels à l'ordre de sa hiérarchie. Il n'exécute pas les missions qui lui sont confiées entraînant le mécontentement des locataires faisant état du manque d'entretien et de la saleté des lieux. Ces manquements ont nécessité de faire appel à ses collègues voire de recourir aux services d'une entreprise de nettoyage afin d'effectuer les tâches incombant à l'intéressé. Il a adopté un comportement irrespectueux envers sa hiérarchie, en ne se présentant pas à ses entretiens de son supérieur hiérarchique et en ne prévenant pas de ses absences, portant ainsi atteinte au bon fonctionnement du service. Enfin, il est fait état d'une attitude menaçante et de paroles inappropriées envers des locataires. Dans ces conditions et alors même que
M. C ferait état de conditions de travail difficiles, des nuisances et de l'agressivité des locataires ayant justifié le dépôt de mains courantes, la matérialité des faits qui lui sont reprochés doit être regardée comme établie.
7. En deuxième lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
8. Les faits reprochés à M. C constituent des manquements graves à ses obligations professionnelles d'obéissance hiérarchique, d'intégrité dans la manière de servir, et à son devoir de réserve, de nature à justifier une sanction. Eu égard aux faits reprochés qui ont gravement porté atteinte au bon fonctionnement et à l'image de l'OPH ainsi qu'à la circonstance que le requérant a fait l'objet d'une précédente sanction disciplinaire , le directeur général de l'OPH n'a pas, en l'espèce, pris une sanction disproportionnée en décidant de prononcer à l'encontre du requérant la sanction de révocation.
9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'OPH, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté contesté. Ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par suite, qu'être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espère, de faire droit aux conclusions présentées par l'OPH au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Office public de l'habitat " E " au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à l'Office public de l'habitat " E ".
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Salzmann, présidente,
Mme de Bouttemont, première conseillère,
M. L'hôte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
La rapporteure,
Mme de Bouttemont
La présidente,
Mme D
Le greffier,
T. Népost
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026